Ils créent du lien entre passé et présent

[Dossier] 14-18 : Mémoire en marche (5/5)


Rédigé par Yves BOITEAU - Angers, le 22/09/2014 - 07:34 / modifié le 22/09/2014 - 20:08


« La mémoire est l’avenir du passé » écrivit Paul Valéry dans ses « Cahiers ». Une citation antérieure à la Première guerre mondiale, mais qui prend maintenant tout son sens, 100 ans après le début d’un conflit qui aura profondément marqué l’intellectuel, comme le reste du monde.
100 ans après, donc, les combattants d’alors se sont éteints, et avec eux les derniers mots et visages d’un conflit total. Que reste-t-il, dès lors, de cette Grande Guerre ? Des objets, des textes et une tradition orale qui font vivre la mémoire d’un autre siècle. Car en Anjou comme ailleurs, la mémoire n’est pas passive, elle est en marche, sous les traits d’un artiste, dans le travail d’un historien, sous le vernis d’une exposition.
C’est cette force vive, qui donne de « l’avenir au passé », qu’Angers Mag vous propose de découvrir dans les pages qui suivent. Une « entrée en guerre » salutaire contre l’oubli.



Le photographe Xavier Bénony a travaillé sur le thème de la réconciliation entre les époques.
Le photographe Xavier Bénony a travaillé sur le thème de la réconciliation entre les époques.
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Photographe et dramaturge, Xavier Bénony et Nicolas Berthoux se sont saisi du centenaire de la Première guerre mondiale pour participer, à leur manière, au devoir de mémoire. Deux réappropriations qui créent un lien naturel entre passé et présent.

Xavier Bénony, la réconciliation par l'image

Son initiative est un succès. En choisissant de présenter en vis à vis des portraits d’époque de soldats de 14-18 et ses propres portraits de jeunes d’aujourd’hui, posant avec un objet ou un accessoire de la guerre, le photographe Xavier Benony a réussi son objectif : créer un pont, un lien entre une génération sacrifiée, exposée au risque de l’oubli, et tous ceux qui ont aujourd’hui l’âge de ces soldats, enlevés à la vie au nom d’une guerre qu’il juge « inutile » et « obscène ». « Souvent dans l'imaginaire collectif de la jeunesse, les "poilus" sont des anciens. La confrontation rappelle que ce sont des jeunes comme eux qui sont partis sur le front », explique l’artiste. Un choix esthétique « percutant » qui a touché le public de la bibliothèque Toussaint au printemps. Depuis, l’exposition de Xavier Benony tourne. Après l’ESSCA il y a quelques jours, elle sera prochainement à La Chapelle-sur-Erdre près de Nantes (Galerie du Temps Présent du 18 oct au 11 nov), avant de revenir à Angers, à la MPT Monplaisir (17 au 23 nov).

www.xavier-benony.com/centenaire.htm

"RPG14 ou le jeune homme et la machine à tuer", la pièce de théâtre de la Cie Mêtis.
"RPG14 ou le jeune homme et la machine à tuer", la pièce de théâtre de la Cie Mêtis.
« Que dit cette guerre à un jeune d’aujourd’hui ? »

Avec « RPG14 ou le jeune homme et la machine à tuer », la Compagnie Mêtis tisse, de nouveau, un lien artistique entre Histoire, mémoire collective et présent. Le Centre Georges Brassens d’Avrillé accueillera la première du spectacle le 14 novembre.
« Le souvenir des morts ne doit pas nous empêcher de vivre, et la dette que nous avons envers eux ne doit pas nous priver de notre lucidité, à leur égard comme envers nous-mêmes. » Ces propos de l’historien Henri Rousso habitent depuis quelques années les travaux de Nicolas Berthoux, metteur en scène et directeur artistique de la compagnie Mêtis. Plus encore depuis que son chemin a croisé celui de Marc Beziau, l’auteur dont les dernières créations de la compagnie angevine portent la signature.
Dans Bab’el Porte (2009), Abdesslem l’Oublié (2012), 36 Poses (2013), l’oubli et la mémoire avaient guidé déjà l’écriture de Beziau, comme hantée par la question du poids du passé sur nos vies. « L’intérêt artistique de ce travail, c’est bien de voir comment ce qui nous vient d’avant, nous a fabriqués », explique l’auteur, petit-fils de poilu, que la commémoration du centenaire du déclenchement de la Première Guerre Mondiale, ne pouvait pas laissé indifférent : « Cette guerre, qu’on le veuille ou non, a fondé le monde dans lequel on est. L’idée, c’était de se demander ce que 14-18 dit à un jeune d’aujourd’hui. »

Pour tisser ce lien, Nicolas Berthoux et Marc Beziau ont travaillé autour du dialogue d’un personnage principal, amateur de jeux vidéos de guerre, avec des avatars, figures de la jeunesse de 14-18 : soldats français, allemandes, ouvrières d’usine... Une manière, en cassant l’échelle du temps, de montrer que la Grande Guerre, « et bien non, ce n’est pas loin ! ». Et d’inviter le spectateur à réfléchir « sur les notions de consentement et de soumission », autant que sur son rapport à la technologie : « Parce que comme le soldat de 14-18 ne pesait rien dans une guerre industrielle, l’homme d’aujourd’hui n’est souvent qu’un jouet au milieu de la technique. »

Vendredi 14 novembre – 20h30 – Centre Georges Brassens d’Avrillé. www.compagniemetis.fr












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