Ils nous livrent leur monde du travail... (1)

Les jeunes Angevins face au mur de l'emploi # 1


Rédigé par Tiphaine CRÉZÉ et Sébastien ROCHARD - Angers, le 21/03/2016 - 08:00 / modifié le 24/03/2016 - 08:13


Comment faire quand on est jeune, angevin, et que l’on s’apprête à entrer dans le monde du travail ? Broyer du noir ? Ce serait oublier que le chômage des jeunes de moins de 25 ans a baissé de 7,5 % sur le bassin d’Angers, entre janvier 2015 et janvier 2016. Plus loin que des chiffres, nous sommes allés à la rencontre d’une génération, diplômés ou non, pour savoir comme elle appréhendait le marché de l’emploi, et identifier les solutions que chacun met en place pour tirer son épingle du jeu. Premiers éléments avec l'échange entre trois jeunes de moins de 25 ans, autour de leur insertion sur le marché du travail.



Ils nous livrent leur monde du travail... (1)
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Alors que l’âge moyen du premier CDI est fixé autour de 27 ans, que la courbe du chômage tarde plus que jamais à s’inverser et que le débat fait rage sur la réforme du Code du Travail, plusieurs jeunes Angevins se sont arrêtés un instant sur leur vision du marché de l’emploi. Le redoutent-t-ils ? Sont-ils révoltés par la situation comme le laisse entendre le succès du #onvautmieuxqueca ou celui de la pétition « Non, merci » ? 
Autant ne pas ménager le suspens plus longtemps : il paraît aussi complexe de prendre le pouls du jeune Angevin moyen que d’obtenir un CDI à la sortie de ses études…

Sophie, Pierre et Marion ont 23, 24 et 21 ans. Ils ne se connaissent pas, ni n’ont suivi le même cursus. Tout roule pour l’un -Pierre, en CDI dans la boîte de comm qui l’a stagiairisé puis pris en alternance- ; ça se passe pas mal pour Marion, qui a entamé à Dinard (Côtes d’Armor) sont premier CDD de 5 mois en qualité, sur un poste qui correspond à sa formation ; c’est plus galère pour Sophie, qui multiplie les contrats en intérim, après une très longue période de chômage. Tous trois ont accepté d’échanger sur leurs expériences, et la réalité de « leur » monde du travail…
« On nous renvoie systématiquement à notre manque d’expérience ! Moi, je n’ai pas forcément eu de souci pour trouver du travail. Mais je me suis vite aperçue que j’en aurais plus pour trouver un poste stable, et bien rémunéré »

Pierre, Marion et Sophie ont des parcours et une insertion dans le monde du travail bien différents les uns des autres. Photo Yannick Sourisseau.
Pierre, Marion et Sophie ont des parcours et une insertion dans le monde du travail bien différents les uns des autres. Photo Yannick Sourisseau.
« Aujourd’hui, lorsque j’entre dans la pièce pour un entretien de recrutement, j’ai les mains plus sèches »… Sophie en sourit, mais ce ne fut pas toujours le cas. Quelques mois en arrière, la jeune femme, titulaire d’un BTS Assistant Manager, avait perdu « toute confiance en elle, après 9 mois à passer des entretiens sans rien derrière. Je n’étais vraiment pas bien et ce sont les dispositifs de partage d’expérience de Pôle Emploi, avec des ateliers CV ou lettres de motivation, qui m’ont permis de reprendre cette confiance. Avec le recul, je me dis que ce qu’il faut faire, c’est des études en alternance, car moi, à la fin de l’école, je n’avais rien. »

Pierre et Marion ne diront pas le contraire, qui sont entrés par ce biais dans le monde du travail. « Ça rassure, et ça met vraiment sur les rails », avance Marion, qui pointe elle une autre difficulté, à l’heure de rentrer sur le marché de l’emploi. « On nous renvoie systématiquement à notre manque d’expérience ! Moi, je n’ai pas forcément eu de souci pour trouver du travail. Mais je me suis vite aperçue que j’en aurais plus pour trouver un poste stable, et bien rémunéré. »
La conséquence directe, selon Pierre, c’est que les jeunes travailleurs sont « plus malléables et moins exigeants qu’il ne devrait l’être. » « C’est vrai que quand on peut se contenter d’un petit contrat, on y va », acquiesce Marion, qui insiste aussi sur la notion « d’opportunité. C’est plus compliqué qu’avant d’accéder au marché du travail, il faut parfois être au bon endroit, au bon moment ».

Une situation qu’ils vivent comme une injustice ? Pas vraiment. Tous les trois, malgré la diversité de leur situation, estiment encore « avoir (leur) destin entre (leurs) mains ». D’où une « grande motivation », plutôt que de l’optimisme. « Je sais que c’est rude, mais tout le monde peut bosser. L’objectif pour nous tous, c’est d’avoir une situation stable ». « De ce point de vue, je me vois plutôt en CDI dans 10 ans que dans 5 ! », coupe Sophie. « C’est une question de sacrifices et de choix », enchaîne Marion. Il est toujours temps de s’interroger ensuite « si ces sacrifices sont justes », conclut Pierre.

Quelques chiffres
4 064. C'est le nombre de demandeurs d'emploi (catégorie A) de moins de 25 ans, sur le bassin d'Angers ; soit 17,4 % des demandeurs d'emploi au global.
-7,5 %. Soit la baisse du nombre de demandeurs d'emploi de catégorie A de moins de 25 ans sur la bassin d'Angers, entre 2015 et 2016.
A caractéristiques égales, un demandeur d'emploi de 18 à 25 ans à 1,2 fois plus de chances de retrouver un emploi qu'un demandeur âgé de 26 à 39 ans.












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