« Incarnations » : rencontre avec une Chine engagée


Rédigé par - Angers, le Vendredi 4 Octobre 2013 à 07:02


Elle ouvre la saison chinoise en Pays de la Loire. « Incarnations », l’exposition des photographes performers chinois présentée par l’Institut Confucius, au Grand Théâtre d’Angers, montre une Chine, que nous n’avons pas l’habitude de voir, moderne, rebelle, critique, libre de s’exprimer. La Chine s’ouvre vers le monde et comme dans bien des pays ce sont les artistes qui montrent l’exemple.



« Incarnations » : rencontre avec une Chine engagée
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Deux ans après, l’exposition « Suan Tian Ku La », laquelle avait connu un grand succès, l’Institut Confucius des Pays de la Loire à Angers, récidive en investissant de nouveau le Grand Théâtre d’Angers en plein cœur de la ville, du 3 octobre au 27 novembre, en collaboration avec la galerie Paris-Beijing, une structure dédiée à la scène artistique asiatique.

11 photographes issues d’une scène chinoise « fascinante et engagée », exposent une cinquantaine d’œuvres qui explorent les possibilités insoupçonnées de la performance artistique et de la photographie, un art à la glorification de l’idéal maoïste, pratiquée pendant plusieurs années dans la clandestinité.

« Cette exposition permet de montrer la Chine telle qu’elle est, dans un esprit de dialogue et de tolérance. C’est l’esprit même de l’institut », explique Olivia Tambou, adjointe aux Relations extérieures et au rayonnement de la ville, mais aussi Présidente de l’institut Confucius d’Angers. « Si ces artistes sont inconnus des Angevins, certains sont très connus en Chine ».

Très pratiquée dans les années 1980, la performance artistique se voit interdite des structures culturelles en 1989, année tristement célèbre où l’armée chinoise réprime dans le sang la révolte étudiante sur la place Tien An Men. Il aura fallu attendre les années 2000 avec notamment l’arrivée du président Hu Jintao pour que la performance soit relativement bien tolérée dans les espaces d’exposition.

Une nouvelle génération d’artiste voit alors le jour. « Ils vivent au quotidien les mutations violentes de leur pays tant sur le plan économique que social, et sont témoins d’une urbanisation galopante avec ses conséquences architecturales, humaines et environnementales », explique avec conviction Charlotte Le Sourd, la directrice française de l’Institut Confucius d’Angers en présentant l’exposition.

Les performances de Hei Yue, un artiste qui dénonce avec impertinence et provocation les symboles de l’autorité chinoise, illustrent parfaitement cette prise de conscience et cette envie de rébellion. Les camouflages de Liu Bolin, dans lequel il se fond dans le paysage, démontrant à sa manière comment l’urbanisation et l’industrialisation démesurées de son pays engloutissent soudainement son identité. Deux exemples parmi les onze exposés à Angers, mais qui rappellent combien la Chine évolue, vite, trop vite, au risque de perdre sa mémoire collective.

« Placer la culture au cœur des échanges »

Charlotte Le Sourd, en compagnie d'Olivia Tambou et Monique  Ramognino, adjointe à la culture
Charlotte Le Sourd, en compagnie d'Olivia Tambou et Monique Ramognino, adjointe à la culture
« Incarnations » inaugure la saison culturelle franco-chinoise en Pays de la Loire, avec une programmation qui se veut riche d’événements, à Angers, mais aussi à l’abbaye de Fontevraud, à Nantes, le Mans, Laval .... « Cette saison s’ouvre alors même que vient de s’achever la tournée de l’Orchestre des Pays de la Loire en Chine, une tournée couronnée de succès », commentait Alain Gralepois, président de la commission culture à la Région des Pays de la Loire. « Très ambitieuse » selon les organisateurs, cette saison sera le préambule à ce qui se déroulera à Paris, en 2014, pour la commémoration du 50e anniversaire de l’établissement des relations entre la France et la Chine.

Liée avec la région du Shandong, troisième province de Chine, depuis 2007, la région des Pays de la Loire a tissé des liens étroits et originaux avec « l'empire du milieu ». Pareil pour Angers, jumelée avec Yantai, une ville de la même province, depuis 2006. Outre l'institut Conficius, Angers qui compte plus de 800 ressortissants chinois, résidents et étudiants, est également liée avec la Chine, depuis trois ans, dans le cadre du festival de cinéma Premiers Plans. Des échanges de films et de réalisateurs ont lieu entre le festival angevin et le Beijing First Festival à Pékin.

« Cette saison est une manière pour la Région de valoriser des projets qui constitueront le fil rouge d’une année culturelle riche et éclectique, permettant de célébrer l’amitié entre nos deux peuples, en plaçant la culture au cœur de nos échanges », précisait Jacques Auxiette, le président de la Région des Pays de la Loire.

A noter que dans le cadre de cette exposition d’artistes performers chinois, une conférence animée par He Quian, doctorant en sciences politiques à l’Institut d’Études politiques à Paris, est prévue le jeudi 17 octobre 2013 à 18h30 à l’Institut Municipal d’Angers, sur le thème « Artiste, contexte et pouvoir en Chine contemporaine ». Entrée gratuite.




Yannick Sourisseau
Web Journaliste suivant plus particulièrement les technologies digitales Formateur technologies de... En savoir plus sur cet auteur








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