Inside David Lemaitre... ou presque


Rédigé par Cyrille GUERIN - Angers, le Samedi 1 Février 2014 à 21:42


Soirée "Total Découverte" jeudi dernier au Chabada. Mais également un peu trop pénarde. David Lemaitre, folkeux berlinois d'adoption, est venu présenter "Latitude", son premier album. A l'arrivée, une prestation dépouillée et sans scories, où l'on pouvait entendre une mouche voler. Ne manquaient que les bougies et caméras de MTV Unplugged...



Inside David Lemaitre... ou presque
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Jeudi soir, en rentrant du Chabada, et avant de faire un tour sur CNN - rigueur journalistique oblige coco, on a maté un peu La Nouvelle Star, histoire de vérifier si Manoukian avait réussi son Dédéfi hebdomadaire. Quand tout à coup, suite à une reprise de Mathieu le farfadet, le nouveau Chevalier des Arts et des Lettres eut cette phrase furieuse à l'encontre de ses trois collègues jurés: "Hey, mais les gars, vous vous plantez là !". Et d'argumenter: "Mathieu a fait de l'anti folk". Et nous, intérieurement, de nous dire que l'ex de Liane Foly n'avait pas complètement dessaoulé d'une nuit arrosant sa suprême récompense. Ou bien que l'anti folk, visiblement, il ne connaît pas.

S'il était muni du don d'ubiquité, quelle couleur aurait attribuée Evil Dédé à David Lemaitre suite au concert de celui-ci ce jeudi au Chabada ? Du Rouge ? Non. Il eût à n'en pas douter appuyé sur le bouton Bleu. Justifiant assurément son choix par cette même explication : "David Lemaitre nous a fait de l'anti folk". Au bar, nous aurions alors fait remarquer à la figure tutélaire du Pop Idol frenchy que, si on suit son raisonnement, AC DC donne alors dans la country, le jazz ou le slow.

Soyons honnête : comparaison n'est pas raison. Il est évident que ledit candidat de la promo 2014 du télé crochet de D8 n'est pas à ranger dans la même catégorie qu'un David Lemaitre. Seulement voilà : là où l'aspirant chanteur propose à l'écran une fantaisie, certes discutable car un chouïa itérative, son aîné tout auréolé du succès du récent "Latitude" et de son hit entêtant "Mégalomania" ne parvient pas, sur scène, à reproduire l'aspect inventif et loufoque de l'enregistrement studio.

"Un spectacle rôdé, sans heurts ni cicatrices"

Il serait de même absurde et inapproprié, ou sous l'emprise d'une drogue, d'affirmer que Lemaitre et ses deux musiciens appartiennent à la mouvance anti-folk dont, pour info, les figures de proue sont le frappé Daniel Joneston et, depuis 2004, le déjanté Jeffrey Lewis. Ce courant bien barré déstructure le folk, le taillade, lui injecte du sang par hectolitres. Or, sur disque et surtout sur scène, l’interprète berlinois est d'obédience indéniablement plus cool. Donnant parfois l'impression d'être parfois sous Atarax.

On l'imagine plus tailler le bout de gras avec un Angus Stone, un Joseph Arthur, une Mélodie Gardot, un Anthony Fogerty pour la voix haut perchée, un Kurt Wagner pour les mélodies ciselées ou un Bert Jansch pour étoffer ses connaissances en matière de folk.

Pour l'heure, il semble avoir choisi Agnès Obel dont il a fait quelques premières parties. A l'occasion desquelles le jeune homme a composé un titre inédit, septième morceau de son sage récital. Un morceau pas booty à la Beyoncé mais plus rythmé, plus clubbing (on pense alors à Asaf Avidan). Mais dans l'ensemble, c'est un spectacle rôdé, sans heurts ni cicatrices qu'offre David Lemaitre.

Dommage quand on sait son parcours. Né en Bolivie, vivant en Allemagne, parlant impeccablement l'anglais et affublé d'un patronyme français. Lui-même, tout en sourire, reconnaît ne plus trop s'y retrouver. De toutes ces pérégrinations, de ce métissage, de ces croisements, le sympathique baladin aurait pu en faire un destin à la Llewyn Davis du nom du héros cabossé du dernier film des Coen brothers. On aurait aimé voir au Chabada un type et un band plus investis, moins dans la retenue. Avec plus de failles. Des instruments mal accordés. Qui dérapent. Une certaine forme de maladresse.

Mais c'est vite oublier que nous sommes en 2014. Et qu'à notre époque, The Kooples ou autres Uniqlo ont envahi les garde robes. Et mis nos existences en partition. Les ont assouplies et rendues bien lisses. On aimerait tellement revoir des mecs ou des nanas hurler sincèrement et sans plan marketing: "I m not there". Que ce monde-là, décidément, n'est pas pour eux. Ni pour nous.

Merci à Fred Lombard pour la photo. Son propre regard sur le concert de David Lemaitre sur www.indiemusic.fr












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