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Festival Nature
Jacques Testart : le pessimiste enthousiasteFestival du Film Nature et Environnement 2011Rédigé par Yannick SOURISSEAU - le 21 Octobre 2011 à 08:12
Être enthousiaste alors qu’on est plutôt pessimiste sur l’avenir, ça peut paraitre antinomique. Pas pour Jacques Testart qui, malgré une brillante carrière scientifique, cultive la décroissance. Pour lui c’est la meilleure solution pour permettre à notre société de retrouver une certaine sérénité. Il était de passage hier soir au festival du film nature et de l’environnement pour une conférence sur la citoyenneté.
Jacques Testat pendant son intervention
Biologiste de formation, docteur en sciences, chercheur à l'INRA (Reproduction des mammifères domestiques), directeur de recherche honoraire à l'INSERM (Institut national de la santé et de la recherche médicale), Jacques TESTART s'est consacré aux problèmes de procréation naturelle et artificielle chez l’animal et l'homme. C’est à lui que l’on doit, en 1982, la naissance du premier bébé éprouvette en France.
Très préoccupé par ce qu'il estime être des dérives de nos sociétés, Jacques TESTART, aujourd’hui à la retraite se révèle comme le défenseur « d'une science contenue dans les limites de la dignité humaine et de la véritable démocratie ». Il est également chroniqueur des journaux La Décroissance et Le Sarkophage. Avec un palmarès scientifique exceptionnel et une « retraite confortable » comme il aime à le dire, Jacques TESTART est aussi le président de l'association Fondation Sciences Citoyennes3, et membre du Conseil scientifique d’Attac. Il est désormais très critique envers la science et plus particulièrement de la recherche sur les organismes génétiquement modifiés (OGM), se posant en véritable ennemi du libéralisme économique. De passage hier soir, à Murs Erigné, Jacques TESTART a rappelé aux quelques deux cent personnes présentes dans la salle que, selon lui, la science se devait d’être au service des citoyens et pas contre eux. « Nous devons refondre notre système de recherche autour d’un nouveau contrat entre science et société. Confier de nouvelles missions aux chercheurs en rapprochant la recherche publique et la société civile, dans le cadre d’une recherche dont l’enjeu économique n’est par la priorité ». Se définissant désormais comme un critique de sciences, Jacques TESTART, s’insurge contre l’État qui organise des débats publics et prend des décisions avant même les conclusions. « Lorsque l’on fait de la recherche, poussé par les lobbies industriels on prend ce qui est censé rapporter de l’argent sans savoir si c’est bon pour l’homme », déclarait-il hier soir devant un parterre acquis à sa cause. « Avant de prendre une décision il faut définir les besoins des populations, car ce sont les citoyens qui bénéficieront des avantages présumés et subiront les retombées imprévisibles. Bien sûr nos dirigeants, qui ne connaissent rien, sont entourés d’experts, mais il ne faut pas les laisser décider seuls. Nous devons mettre l’humain au cœur du débat ». Obliger les politiques à tenir compte de l’avis des citoyens
Ce conférencier qui sait captiver son auditoire, surtout quand celui-ci est en véritable manque de démocratie, les politiques pensant à sa place, est venu faire la promotion des conventions de citoyens. Ces dernières regroupent des femmes et des hommes neutres, non concernés par le sujet, qui peuvent ainsi se réunir, après avoir reçu un éclairage, pour débattre d’un sujet scientifique avec des experts ayant des positions contraires.
Fustigeant le Grenelle de l’Environnement pour lequel selon lui, « rien n’est sorti ou ce qui sort n’a rien à voir avec ce qui était prévu au début », Jacques TESTART propose d’associer le tiers scientifique, ceux qui font de la recherche sans le savoir et peuvent aider les experts. « Nous devons mettre le citoyen à l’intérieur du système scientifique », propose-t-il, « et ne pas lui faire croire qu’on l’associe au débat alors que les décisions sont déjà prises. Il faut obliger les politiques à tenir compte de l’avis des citoyens ». Pour cela les politiques ont une arme infaillible : le référendum. « Mais à quoi sert-il si les citoyens n’ont pas un avis éclairé avant de faire leur choix », poursuit le chercheur qui milite pour un vrai débat démocratique. D’ailleurs il propose de remplacer le Sénat par des citoyens volontaires et bénévoles. « La consultation citoyenne c’est l’information et la concertation », martèle-t-il, très applaudi par ceux qui sont venus l’écouter et se rassurer sur l’avenir, même si pour l’instant celui-ci est encore incertain. Sans être un véritable rebelle, Jacques TESTART appelle au soulèvement contre le monde économique, rappelant que le mouvement des indignés est intéressant, mais à la condition qu’il conduise à des solutions concrètes et pas de simples critiques sur ce qui ne fonctionne plus aujourd’hui. Pour en savoir plus, voir Fondation des Sciences Citoyennes ou le site web de Jacques Testart Dans la même rubrique :
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