Jardin botanique de la Faculté de Pharmacie : une officine à ciel ouvert

Se promener dans des jardins méconnus (1/3)


Rédigé par Tiphaine CREZE - Angers le Samedi 14 Mai 2016 à 08:00


Avant d’aller prendre d’assaut les boutiques de jardinage, Angers Mag vous invite, chaque samedi du mois de mai, à puiser votre inspiration dans des jardins méconnus des Angevins. Aujourd'hui, visite du Jardin botanique de la Faculté de Pharmacie.



"Le jardin est de moins en moins utilisé lors des cours, sauf pour certains enseignants qui aiment y professer", selon Laurent Daburon, le jardinier responsable.
"Le jardin est de moins en moins utilisé lors des cours, sauf pour certains enseignants qui aiment y professer", selon Laurent Daburon, le jardinier responsable.
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En attendant de tripoter, en blouse blanche, les colonnes de tiroirs et les plaquettes de médicaments, les étudiants en pharmacie disposent à Angers de l’outil idéal pour jouer les apothicaires. Transféré du jardin des plantes au boulevard Daviers à la fin du 19e siècle, le Jardin botanique de la Faculté de Pharmacie (aujourd’hui UFR Santé) s’étend sur 8000 m2 de terrain où s’épanouissent 2000 espèces à majorité médicinales. Laurent Daburon en est le jardinier responsable depuis plus de 10 ans. Lui et son collègue «  prélev[ent] parfois des plantes pour les travaux pratiques des étudiants. Mais le jardin est de moins en moins utilisé lors des cours, sauf pour certains enseignants, qui aiment y professer ».

Il faut dire que le lieu est inspirant. Nous entamons la visite par la parcelle la plus récente, initiée par le professeur Hélène Guinaudeau, responsable du jardin dans les années 1990. Les plantes y sont regroupées par action thérapeutique, chaque massif correspond à une partie du corps – on repèrera facilement celui destiné au système digestif, par sa forme. Dans le carré attribué au système pulmonaire, Laurent Daburon raconte que les chanteurs utilisent l’herbe au chantre en tisane, pour apaiser les voies respiratoires ; dans celui dévolu au système nerveux, que le houblon est un anaphrodisiaque que les moines glissaient dans leur taie d’oreiller ou que la racine rouge de la garance servait naguère à teindre les pantalons des soldats de l’infanterie.
Le Ginkgo bilboa (ou arbre aux quarante écus) est « une espèce qui existait déjà au temps des dinosaures ».

Laurent Daburon est responsable du jardin depuis plus de 10 ans.
Laurent Daburon est responsable du jardin depuis plus de 10 ans.
Autour du bassin central, qui voit pousser les plantes depuis 1890, 32 plates-bandes accueillent plantes médicinales, tropicales, aquatiques ou fleurs des champs selon une classification de Bentham et Hooker – connue des botanistes depuis le 19e siècle : les grandes étiquettes indiquent les familles ; les petites, les espèces ; le tout se lisant de gauche à droite. « Avec cette classification, certaines plantes d’ombre se retrouvent au soleil et inversement. Mais nous sommes obligés de les laisser dans leur famille ».

Dans les allées, nous continuons de nous abreuver de curiosités végétales : saviez-vous que c’est à son latex orange que l’arbre à verrue doit son nom ? Que la belladone était autrefois utilisée par les italiennes coquettes pour dilater leurs pupilles ? Que la pâquerette n’est pas une fleur mais plein de petites sur une seule tige ? Que la saponaire est un ersatz de savon qui mousse lorsqu’elle est frottée sous l’eau ?

Dans l’arboretum, une  rivière artificielle attend sagement d’être rafistolée sous un Séquoïa gigantea - « aussi appelé « arbre au boxeur » à cause de son écorce molle » - haut de 42 mètres. Nous croisons un if, dont on utilise certaines molécules pour soigner des cancers, et un Ginkgo bilboa (ou arbre aux quarante écus) : « une espèce qui existait déjà au temps des dinosaures ».
 


Sous la serre, rejeton d’un aïeul né en 1902, l’odorat ne sait plus où donner du nez. Caféier, vanillier, poivrier, patchouli, cannelier… Jusqu’à ce qu’il fasse (encore) une découverte : le quatre-épices, un arbre dont chaque feuille réunit à elle seule – et mieux qu’un mélange Ducros © – des arômes de muscade, de poivre, de girofle et de gingembre.


La visite se termine avec un passage par la graineterie, dans laquelle les bocaux s’alignent sagement sur les rayonnages. 1200 espèces y sont entreposées. « Chaque année, nous coupons les plantes, les mettons à sécher, faisons ressortir les graines et tamisons pour enlever la poussière ». Un travail de fourmi qui permet de conserver une collection impressionnante depuis plus d’un demi-siècle, comme en témoignent les dates inscrites à la main sur des sachets de papier jaunis. Récoltées, les graines sont ensuite répertoriées dans un catalogue afin de permettre les échanges avec les jardins botaniques du monde entier. En France, moins de 30 d’entre eux ont reçu l’agrément de l’association des Jardins botaniques : celui d’Angers en fait partie depuis 2009.
 
Ouverture toute l'année, du lundi au vendredi, de 9 heures à 17 heures ; du 3 au 5 juin pour « Les rendez-vous au jardin » ; et le dimanche des Journées du Patrimoine. Site web

Remerciements à Laurent Daburon pour la visite et les photographies.

Se promener dans des jardins méconnus

Chaque samedi du mois de mai, Angers Mag vous invite à découvrir des jardins méconnus. Le 21, rendez-vous en haut du roc de Chanzé, sur les terrasses de l'ancien couvent de la Baumette, un caprice du Roi René creusé dans le schiste au 15e siècle. Le 28, rendez-vous à Sainte-Gemmes-sur-Loire, avec les visites du jardin en terrasse du presbytère et du jardin méditerranéen, au bord du fleuve.





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