Jean-Pierre Bernheim : "Il faut être dans le temps de l'entreprise"

[DOSSIER] Economie angevine : "Ça s'aggrave Docteur ?" (3/5)


Rédigé par Yves BOITEAU et Sébastien ROCHARD - Angers, le 15/10/2014 - 08:51 / modifié le 16/10/2014 - 21:46


Ancien patron de Bucher-Vaslin, Jean-Pierre Bernheim est depuis six mois le Monsieur Economie de l’agglo d’Angers. S’il ne déguise rien des difficultés que traverse le bassin angevin, il veut à tout prix rester optimiste.



Jean-Pierre Bernheim est le 1er vice président d'Angers Loire Métropole, en charge de l'économie.
Jean-Pierre Bernheim est le 1er vice président d'Angers Loire Métropole, en charge de l'économie.
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Jean-Pierre Bernheim, que vous inspirent l’actualité récente et l’annonce de la suppression de 258 postes chez Thyssen ?

« Ce qui nous préoccupe, ce n’est pas tant l’adaptation de l’entreprise à son environnement et à son marché que l’arrêt d’une production à Angers. Le contexte du bâtiment est mauvais et les travaux de rénovation se font beaucoup moins : il n’y a rien de surprenant, finalement, à ce qu’une entreprise comme Thyssen s’adapte. Les suppressions de postes, c’est douloureux pour les salariés du jour, mais pour le bassin d’emploi, les perspectives d’un redéploiement existent une fois que le contexte sera plus favorable. Seulement, s’il n’y a plus de production, le bassin d’emploi perd cette activité et ce savoir faire, point. Pour nous collectivité, au-delà de l’accompagnement humain, la question est là : y’a-t-il un moyen, dans un dialogue avec l’entreprise, pour que la production et la conception ne soient pas définitivement abandonné sur le site angevin ? »

Y a-t-il un lien entre la situation de Thyssen et celle de nombreuses autres entreprises industrielles ces dernières années ?

« Si vous regardez toutes les grandes catastrophes industrielles de ces 15 dernières années, le fait déclencheur se trouve à chaque fois dans la recherche et développement, les bureaux d’études. La vraie disparition de Technicolor, c’est la décision de Thomson de déménager son bureau d’études en Allemagne, pas autre chose. Si la R&D interne à l’entreprise s’en va, tôt ou tard, l’unité de production perd sa spécificité, son savoir faire et tout n’est plus qu’une question de prix : le risque de mortalité est alors beaucoup plus fort. »

Comment définiriez-vous le climat économique actuel, sur le bassin angevin ?

« Il est pour le moins contrasté, mais il ne faut pas le résumer à Thyssen. Vous avez de superbes boîtes –avec un point commun à toutes : l’innovation et l’adaptation aux clients- et d’autres qui ont des difficultés. Le souci, c’est que la plupart des entreprises qui se portent bien sont en développement, et ne compensent donc pas les pertes d’emplois des grosses entreprises. Pour cela, il faut implanter des entreprises exogènes, travailler sur la vocation internationale et créer des entreprises… »

Du temps pour gommer les mauvaises pratiques

Tout cela dans un contexte de récession en terme d’emplois ?

« Plutôt que de taux de chômage, je préfère parler de taux d’activité, pour mettre tout le monde dans un climat positif. Sur le bassin angevin, le taux d’activité est historiquement supérieur au national. Les courbes se sont pourtant croisées en octobre 2013 et depuis, le taux d’activité du bassin angevin est inférieur et se dégrade plus vite que le national. Il y a aujourd’hui 17 000 travailleurs sans emploi sur le bassin. Ça, c’est un constat. Au regard de cela, et ce n’est pas seulement un problème d’image, il y a une obligation de moyens, et de résultats. »

Vous estimez que les moyens mis en place précédemment n’étaient pas suffisants ?

« Ce qui est sûr, c’est qu’il y avait un manque de dialogue entre les acteurs économiques du territoire, notamment à cause d’un cloisonnement des actions. La synthèse n’existait qu’à très haut niveau dans la hiérarchie des salariés et des élus. De ce point de vue, il y a une très forte attente, mais en même temps, il s’est passé tellement d’années avec un dialogue insuffisant qu’il y a eu contagion… et il faut du temps pour gommer les mauvaises pratiques. »

C’est la raison de la création d’une grande agence économique sur le territoire, au 1er janvier 2015 ?

« Oui. Car les différents secteurs s’impactent les uns les autres. L’insertion va avec l’économie ; l’aéroport, rattaché jusqu’alors au tourisme, est aujourd’hui rattaché à l’économie, comme le directeur d’Angers Technopole sera détaché du pôle économique. Les gens ne se parlaient pas : il faut arrêter avec cela ! Au 1er janvier 2015, la nouvelle agence de développement économique sera en ordre de marche et nous amplifierons le travail avec les acteurs du territoire, les chambres consulaires ou le comité d’expansion. »

Après 6 mois de mandat, pensez-vous toujours que l’on gère le pôle économique d’une collectivité comme une entreprise ?

« Le vocabulaire est différent, mais les techniques sont les mêmes. Il faut se faire connaître de ses clients potentiels, être dans le temps de celui qui frappe à votre porte, toujours dans l’action. Et communiquer positivement sur son territoire, raconter les histoires de gens qui vont bien. Rien que ça, ça génère de l’activité. »









1.Posté par gilardeau le 15/10/2014 20:38 | Alerter
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