Jeter le gaspillage alimentaire à la poubelle


Rédigé par Tiphaine CREZE - Angers, le 16/03/2016 - 07:00 / modifié le 17/03/2016 - 07:57


Des acteurs régionaux de l'aide alimentaire se sont réunis ce mardi pour évoquer, entre autres enjeux, celui du gaspillage alimentaire. Une problématique qu'ont également choisi de questionner sept étudiantes de l'UCO : elles ont fondé l'association "Save the food" et montent leur premier événement ce mercredi au J, place Imbach.



Visuel extrait de la campagne de communication du Ministère de l'agriculture contre le gaspillage alimentaire.
Visuel extrait de la campagne de communication du Ministère de l'agriculture contre le gaspillage alimentaire.
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Plus de 10 millions de tonnes de déchets alimentaires sont produits chaque année, dont 1,2 millions de tonnes de nourriture encore consommable. Soit 20 kg par an et par Français (données en cours de réévaluation - source : Ministère de l’agriculture). Voilà le genre de chiffres qui fait réfléchir.

Réunis en colloque à la Cité des associations angevines, les acteurs régionaux de l’aide alimentaire ont donc, entre autres enjeux, abordé mardi celui du gaspillage.

Didier Girard n’a pas attendu cette date pour agir au niveau local. C’est la loi sur les bio déchets de 2010 qui a donné le déclic à cet ingénieur, chargé de la fonction de restauration du centre hospitalier du Mans. « Les surplus de repas ne pouvaient plus être incinérés mais devaient être retriés, retraités. Nous pouvions donc redonner une nouvelle vie à nos surplus pour nourrir des gens en grande précarité. »

Didier Girard entre alors en contact avec deux associations mancelles. « A l’hôpital, nous avons l’outil de production où l’on fabrique les repas et centralisons les surplus. Les containers sont remis à l’association Ordre de Malte qui se charge du transport logistique, avec un véhicule isotherme, jusqu’au restaurant solidaire de l’association Tarmac dans lequel sont logés des gens en grande précarité. Le soir, on peut nourrir jusqu’à 30 à 40 personnes. » Depuis 2010, l’initiative a fait tâche d’huile et une vingtaine de centres hospitaliers s’en sont inspirés.

Source : Ministère de l'agriculture
Source : Ministère de l'agriculture
Des démarches de ce type, il en naît désormais un peu partout en France (voir encadré ci-dessous). La lutte contre le gaspillage alimentaire serait-elle devenue un sujet à la mode ? « Ce n’est pas un sujet plus à la mode qu’avant », réfute Jean-Noël de Casanove, chef du service régional de l’alimentation à la Direction régionale de l’alimentation, de l’agriculture et de la forêt des Pays de la Loire (DRAF). « C’est un sujet qui a fini par s’imposer à tout le monde. En constatant les situations de précarité, il y a eu une prise de conscience : on ne pouvait plus jeter des denrées alimentaires potentiellement consommables alors que tant de personnes pourraient en profiter ».

Il faut dire que la problématique est revenue à la Une de l’actualité avec la proclamation, mi-février, de la loi sur le gaspillage alimentaire, qui interdit entre autres aux grandes surfaces de javelliser ou de jeter des denrées encore consommables. Une loi qui fait partie du pacte national signé en juin 2013 sur le même thème, alors que Guillaume Garot était encore Ministre délégué à l’agroalimentaire. Avec un objectif chiffré : réduire de moitié le gaspillage alimentaire d’ici à 2025.
 
"Il arrivera un moment où vous aurez moins de possibilités de mettre en place des actions de lutte contre le gaspillage dans l'industrie agroalimentaire que chez le consommateur"

Source : Ministère de l'agriculture
Source : Ministère de l'agriculture
Au niveau régional, « la DRAF mène de front une politique de récupération des invendus et une politique d’incitation vis-à-vis des producteurs ou des entreprises de transformation de denrées alimentaires que nous appuyons par des subventions annuelles », détaille Jean-Noël de Casanove.

Mais, pour David Brouque, chargé de mission « aide alimentaire - gaspillage alimentaire » au Ministère de l’agriculture, de l’agroalimentaire et de la forêt, « il faut aussi voir la problématique en matière d'efficacité des leviers d’actions. Il arrivera un moment où vous aurez moins de possibilités de mettre en place des actions de lutte contre le gaspillage dans une industrie agroalimentaire, qui a déjà un processus très bien rodé, que chez le consommateur, chez qui il y a tout un travail d’éducation à faire. »

Le Ministère s’est déjà d’ailleurs sérieusement penché sur la question et a lancé, en octobre dernier, à l’occasion de la journée nationale de lutte contre le gaspillage alimentaire, une campagne de communication (voir ci-contre) résumant les astuces qui permettent d’éviter de jeter ses courses à la poubelle. « Faire ses achats de manière raisonnée, bien conserver ses aliments dans le frigo et les placards, savoir gérer les dates de péremption », résume David Brouque.

D’ici à l’été, le Ministère de l’agriculture publiera les chiffres du gaspillage alimentaire, actuellement en cours de réévaluation par l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'Energie, afin de « savoir d’où l’on part exactement ».

Ce mercredi, n'en perdons plus une miette !

Voilà quatre mois que l'idée d'un événement consacré au gaspillage alimentaire a germé dans la tête de Mathilde Mat. "J'étais en Erasmus à Milan. Là-bas, les restaurants organisent des "aperitivos" pour lesquels on paie une boisson et on peut manger à volonté. Seulement, comme les restaurateurs ne savent pas à l'avance combien ils peuvent avoir de clients, ils jettent tous leurs restes". Ecoeurée, l'étudiante créé, avec six autres collègues de la Licence 3 en Communication à l'UCO, l'association "Save the food" qui connaitra son premier événement ce mercredi, au J (12 place Imbach) : "N'en perdons plus une miette".

Depuis le week-end dernier, "Save the food" récolte les invendus à la fin des marchés angevins, essentiellement des fruits et légumes moches. "Les gens gardent cette idée qu'une bonne pomme est une pomme belle !", s'agace Mathilde Mat. Résultat : entre 50 et 100 kg de denrées qui vont filer dans les cuisines de Pascal Favre d'Anne. "Nous voulions un chef étoilé", explique Estelle Cousseau, la présidente de l'association. "Pascal Favre d'Anne avait envie de relever un challenge". Il aura en effet 24 heures pour transformer ces invendus en plats réinventés.

Egalement au menu de la journée : des ateliers pour les enfants, des conférences, une expositions de photos et une Discosoupe (le principe ? un dance-floor et des bols de soupe !) En attendant l'événement, Mathilde Mat et Estelle Cousseau avouent d'ores et déjà "acheter moins et mieux". Et "ne plus regarder les grandes surfaces comme avant".

N'en perdons plus une miette, mercredi 16 mars, de 15 heures à 20h30 au J (12, place Imbach). Entrée gratuite












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