Jeux Olympiques : pourquoi traiter le handisport à la marge


Rédigé par - Le 13/08/2012 - 16:58 / modifié le 22/08/2012 - 08:12


Pendant deux semaines plusieurs millions de téléspectateurs dans le monde ont vibré devant les exploits des athlètes des Jeux olympiques. Hier soir, lors de la clôture, ces sportifs ont démontré que le sport ne connaissait pas de frontières, sauf peut-être une, celle du handisport. Quand le sport est capable de s’affranchir des races et des cultures, pourquoi ne serait-il pas capable de mieux considérer ceux qui ont perdu leur intégrité physique.



course handisport sur piste, les mêmes valeurs sportives et humaines qu'une course classique. (Photo Comité Handisport de Bourgogne)
course handisport sur piste, les mêmes valeurs sportives et humaines qu'une course classique. (Photo Comité Handisport de Bourgogne)
Depuis la fin juillet, personne n’a échappé au grand matraquage médiatique des Jeux olympiques de Londres, cet instant privilégié de la célébration des valeurs universelles du sport et de la paix entre les peuples qui défend depuis plus d’un siècle les valeurs chères au baron Pierre de Coubertin. Initiateur des Jeux olympiques modernes ce dernier avait choisi comme devise, « plus vite, plus haut, plus fort » pour traduire l’aspiration au dépassement de soi-même de l’idéal olympique.

Fort de cette devise, le Comité International Olympique (CIO) qui supervise désormais l’organisation du plus grand événement sportif de la planète déclare dans toutes ses publications : « les Jeux olympiques et paralympiques sont guidés par 3 valeurs fondamentales que sont l’excellence, l’amitié et le respect ».

Soit, mais en séparant les deux compétitions, dont on sait d’avance que la seconde sera moins médiatisée que la première, le CIO applique une forme de discrimination aux sportifs handisports lesquels devraient pouvoir bénéficier, selon l’esprit olympique, de la même mise en valeur que les autres sportifs.

Le fait d’avoir perdu un membre, voire plusieurs, ne fait pas pour autant des sportifs de seconde zone qui ne méritent pas l’attention de la terre entière. Le Sud-Africain Oscar Pistorius, en participant aux Jeux olympiques de Londres, a démontré que la différence n’existe pas, tant sur le plan sportif qu’humain. Alors, pourquoi continuer à séparer les deux compétitions ou à diminuer la couverture médiatique de la seconde ? Le monde évolue et les JO ont démontré une fois de plus que le sport rapproche les peuples, quel que soit leur couleur de peau, leur religion, leur culture, pourquoi, ce rapprochement ne serait-il pas aussi physique ?

De leur coté, les télévisions qui investissent beaucoup dans la première compétition, plus de 16 heures de programme par jour rien que pour France Télévision, ne souhaitent pas reconduire les moyens pour le handisport, les muscles saillants des sportifs que nous avons vus pendant ces deux semaines étant certainement, pour les responsables de chaine, plus télégéniques que les moignons ou les prothèses.

Ce qui est regrettable c’est que même pendant les jeux, on préfère continuer à cultiver « le beau et le paraître », en laissant pour compte ceux que la vie n’a déjà pas épargnés. Il en va de même pour les cérémonies d’ouverture et de clôture, dont l’ampleur et les coûts ne seront pas reconduits pour les athlètes paralympiques. Et, quand bien même il y aurait deux compétitions, pourquoi celles-ci n’auraient pas le même traitement médiatique ?

« Je suis escrimeur et je travaille avec mon club à aider les athlètes handisport à se faire connaître, notamment via des sponsors. Je suis choqué par le manque de médiatisation du handisport, car en plus d'être porteuses d'espoir, les compétitions sportives handisport sont d'un niveau télévisuel extraordinaire », s’offusque Benoit Coulon, escrimeur et supporter du handisport, dans une pétition à l’attention de la télévision publique

« Nous sommes des sportifs à part entière, on fait des performances et pourtant on se retrouve avec seulement quelques diffusions tard le soir et aucun direct, alors que le public est demandeur, c'est regrettable », déclare Assia El'Hannouni, porte-drapeau de la délégation paralympique française et athlète non voyante.

« Ce manque de retransmission télévisée nous attriste beaucoup. C'est un peu comme si on nous disait qu'on ne le méritait pas », déplore Orianne Lopez, athlète unijambiste.

« Pour tous ces sportifs, les Jeux paralympiques sont une occasion idéale pour changer le regard sur les handicapés et les chaînes publiques doivent y contribuer. J’appelle donc France Télévisions à programmer la diffusion d’épreuves paralympiques à heure de grande écoute », poursuit Benoit Coulon qui ajoute : « au Royaume-Uni, la grande chaîne Channel 4 prévoit de réaliser du direct et fait activement la promotion des jeux paralympiques ».

Selon un document publié par France Télévisions France 3 diffusera tous les jours un magazine de 52 minutes retraçant les grands moments de la journée des Jeux paralympiques et France 2 proposera quotidiennement « L’image du Jour » à 20h30 du 29 août au 9 septembre. On est bien loin des quelques 16 heures par jour des Jeux Olympiques. D'ailleurs ce document consacre une seule page aux Jeux Paralympiques contre 29 pour les Jeux Olympiques. Édifiant !....

En rédigeant ce sujet, nous voulons apporter, à notre manière, un contribution à la démarche de Benoit Coulon et notre soutien à tous les athlètes handisport.

Signer la pétition à l’attention de France Télévision




Yannick Sourisseau
Directeur publication Angers Mag et Angers Mag Info Journaliste web suivant plus particulièrement... En savoir plus sur cet auteur

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