Jonathan Lambert, un mec normal !

Festival d'Anjou 2013


Rédigé par Cédric Soulié - Angers, le 03/07/2013 - 07:28 / modifié le 04/07/2013 - 10:08


La télévision, la radio, la scène, le cinéma... Jonathan Lambert touche à tout. Dans son nouveau spectacle « Perruques », il sera seul en scène, le samedi 6 juillet, lors du festival d’Anjou. Entretien…



Jonathan Lambert présente "Perruques", son nouveau one man show, le 6 juillet en clôture du festival d'Anjou (© Sven Etcheverry)
Jonathan Lambert présente "Perruques", son nouveau one man show, le 6 juillet en clôture du festival d'Anjou (© Sven Etcheverry)
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On se dit « tu »?
« Bien sûr, je t’en prie ».

On te dit timide, réservé, on a du mal à y croire…
« D’une manière générale, lorsque je rencontre une personne que je ne connais pas, je suis plutôt sur la réserve. Et il est vrai qu’avec notre métier, il existe un réel décalage entre notre fonction d’artiste et ce que l’on est dans la vraie vie. Ce décalage est souvent étonnant et parfois mal perçu ».

As-tu toujours voulu faire ce métier ?
« Oui, mais ça a longtemps été de l’ordre du rêve. Je n’osais pas à me l’avouer. C’était selon moi presque honteux d’avouer : “J’ai envie de devenir comédien, de monter sur scène…”. Un peu comme si un petit garçon disait : ”Je veux devenir cowboy ou roi du monde”. Un métier totalement inaccessible.»

Toutefois avec ton parcours en télé, à la radio, au cinéma et au théâtre…, tous tes rêves se sont finalement réalisés ?
« Oui, j’ai eu beaucoup de chance et j’en suis très heureux. D’autant qu’aujourd’hui, il est très difficile de naviguer dans ces différentes disciplines. à tort d’ailleurs, puisque j’ai toujours fait la même chose. Que ce soit en télé, à la radio, dans les films ou au théâtre avec une certaine cohérence. Et j’espère poursuivre dans cette voie comique ».

Donc Jonathan Lambert dans un rôle dramatique au cinéma ou au théâtre, ça n’est pas envisageable ?
« Pourquoi pas. Mais je ne cours pas après ça pour le moment car j’ai encore beaucoup à faire en comédie, un genre qui me touche plus particulièrement. On cite d’ailleurs souvent le phénomène ”Tchao Pantin” comme un réel basculement vers la tragédie. Mais avant ça, il (Ndlr : Coluche) avait tourné “Inspecteur La Bavure” et j’aimerais bien d’abord en arriver à ce niveau-là. »

Tu as débuté sur France 2 en 1994 dans l’émission « C’est tout Coffe » animée par Jean-Pierre Coffe, aucun regret ?
« Ah non vraiment aucun ! De très bons souvenirs au contraire. Quand on a 20 ans, qu’on entre à la télé, qu’on apporte des choses à l’émission et qu’on est bien payé, on n’a aucun regret à avoir. De plus, Jean-Pierre Coffe est un type vraiment génial. On est resté en contact. On s’appelle ou on déjeune parfois ensemble ».

"Je suis un mec tout à fait normal qui fait bien la part des choses entre le travail et sa vie privée. Je ne sors pas jusqu’à 4 heures du mat tous les soirs…"

(© Sven Etcheverry)
(© Sven Etcheverry)
Que dois-tu à la chaîne Comédie ?
« Beaucoup et tout particulièrement à Dominique Farrugia (Ndlr : ex-Nuls et patron de la chaîne à l’époque). Car, c’était la toute première fois que la porte s’ouvrait pour aller vers ce que j’avais toujours voulu faire : une caméra, des sketches, des parodies…, le tout en étant payé. Totalement surréaliste pour moi à l’époque. Et je me souviendrai toujours de mes premiers essais pour les pré-génériques de la Grosse émission : des heures d’écriture pour une petite minute de sketch à chaque début d’émission. Avec cette peur au ventre de ne pas être pris et de rentrer chez moi en me disant : “T’as loupé l’occasion de ta vie !” Mais aussi cette crainte de ne pouvoir fournir chaque soir s’il me gardait. Au final, ce sont des années formidables en compagnie de Kad et Olivier, Stéphane Guillon, Cyril Hanouna, les Robins des Bois…, chaperonnées par Farrugia, un demi-dieu au regard artistique aiguisé. Ce n’est d’ailleurs pas étonnant que la chaîne n’ait pas survécu après son départ ».

Chez Laurent Ruquier dans « On n’est pas couché », tes parodies égratignent souvent les invités, comment choisis-tu tes « victimes » ?
« Je n’égratine pas les invités. Cette année, je suis revenu quatre-cinq fois dans l’émission car Laurent m’a laissé le choix d’y participer quand je voulais. Mais en incarnant le copain d’avant, ce loser qui a tout raté, je ne pense pas mettre à mal l’invité. Qu’ils soient sportif, acteur, chanteur…, je pense qu’ils ressortent plutôt grandis de ces séquences. Et du reste, il n’y a jamais eu de représailles. Au pire, ce n’était pas drôle mais jamais méchant. Rien à voir avec un portrait au vitriol !»

Ton nouveau One man show « Perruques » est une série de portraits décapants ? D’où tires-tu ton inspiration ?
« Il n’y a pas vraiment de règles. Ça part d’un peu tout et n’importe quoi ! Un gimmick, un mot, une voix, une profession : je joue d’ailleurs sur scène le rôle d’un mannequin de main, quelque chose qui m’a toujours fasciné. Bref, mon inspiration est souvent issue d’un personnage ou d’une situation qui me fait rire. Tout simplement ».

Et les chauves dans tout ça ?
« Et bien je crois que j’ai écrit ce spectacle pour eux. J’en parle sur scène car je suis un chauve en devenir. C’est peut-être une façon de conjurer le sort à travers “Perruques”. Une réelle thérapie pour moi (rires) ».

As-tu le trac avant de monter sur scène ?
« Oui toujours, car la sanction est immédiate. On sait quand ça marche ou pas. Le rire valide ou rejette la vanne. On le sent tout de suite d’où le trac ».

Le festival d’Anjou affiche une programmation très théâtrale, son public est réputé pas facile, « Perruques » risque donc de surprendre, appréhendes-tu ?
« Je me méfie toujours de ces idées reçues. Plusieurs fois, on m’a prévenu que dans telle ville, le public allait être coincé ou trop bourgeois…. Et, au final, c’était formidable. Bref, ces pseudo-réputations, je n’y crois pas. En revanche, le festival d’Anjou est effectivement très axé théâtre et je suis très fier que Nicolas Briançon (Ndlr : le directeur artistique) ait eu l’ouverture d’esprit de programmer mon one man show, un genre que l’on ne considère pas aussi noble que le théâtre. C’est aussi pour moi une véritable reconnaissance de mon travail ».

As-tu un message à adresser au public angevin avant ton passage au Plessis-Macé, le 6 juillet ?
« (Silence). Et bien je leur dis comme peut le faire Ronald Mc Donald : “Venez comme vous êtes” ».

La dérision, le côté trash, le délire total, qui se cache derrière Jonathan Lambert ?
« Un mec tout à fait normal qui fait bien la part des choses entre son travail et sa vie privée. Je ne sors pas jusqu’à 4 heures du mat tous les soirs. Je suis d’ailleurs assez déçu par ces gens qui sont identiques à la scène et à la ville. Quand je les vois, je me dis que ce ne sont pas des comédiens ».

Enfin, quels sont tes projets ?
« Je participe en juin à plusieurs festivals dont un à Marakech et un à Singapour. à la rentrée, « Perruques » s’installe à l’Olympia avant d’entamer une grosse tournée. Ensuite, l’année prochaine, il y aura la sortie du film « Réalité » de Quentin Dupieux dans lequel je joue en compagnie d’Alain Chabat et d’Elodie Bouchez. Mais avant cela, “Perruques” reste ma priorité ».

L’interview décalée !

Jonathan Lambert, un mec normal !
En dehors du théâtre, du cinéma, tu fais quoi dans la vie ?
« Je dépose mes enfants chaque matin à l’école ».

Qu’est-ce qui t’énerve le plus dans la vie ? Et dans ton métier ?
« Le regret dans ma vie, c’est mes petites mains. Et dans mon métier, la bise à tout-va ».

Que sais-tu faire que peu de gens peuvent faire ?
« Je me masturbe beaucoup mieux que les autres. D’ailleurs, tant mieux, car on n’est jamais mieux servi que par soi-même ! ».

Dieu créa la femme. T’aurais créé quoi toi ?
« Euh… Peut-être la bière… Bien fraîche ».

Quel est le rêve que tu fais souvent et que tu aimerais réaliser ?
« Voler comme un oiseau ».

Comment aimerais-tu mourir ?
« Le plus tard possible ».

Quelle est ta devise ?
« Mieux vaut faire caca chez soi qu’au bar-tabac ! »

Et si tu étais…
Quelqu’un d’autre ?

« Ma femme pour savoir si je suis un bon coup ».

Une boisson ?
« Une bière… Toujours bien fraîche ».

Une ville ?
« Paris, Paris, Paris… ».

Un sportif ?
« J’hésite entre Emil Zatopek et Carl Lewis ».

Un homme ou une femme politique ?
« Churchill, car pas de sport et des cigares ».

Une chanteuse ?
« Euh… David Bowie ».

Un animal ?
« Nadine Morano (rires) ».

Un gros mot ?
« Marine Le Pen. Non, ça fait un peu doublon avec Nadine Morano. Euh… (silence), je ne trouve pas. Je crois que je suis trop poli en fait ».

Jonathan Lambert dans ses œuvres chez Ruquier…




















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