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Mercredi 26 Novembre 2014





Jupiter and the Okwess : le son congolais sur la scène de Tempo Rives


Rédigé par - Le Vendredi 3 Août 2012 à 11:29


Originaire de Kinshasa, capitale de la République Démocratique du Congo, le grand échalas de Jupiter Bokondji a déversé hier soir sur les bords de la Maine, à Angers, la musique d’une ville qui ne se voit pas mais qui s’écoute, comme aime à le dire ce chanteur charismatique. Une musique à écouter plutôt à la tombée de la nuit, à condition de ne pas être trop près des enceintes car les Okwess envoient.



Jupiter and the Okwess hier soir sur la scène de Tempo Rives
Jupiter and the Okwess hier soir sur la scène de Tempo Rives
C’est de la bonne musique, mais un peu répétitive, de la musique d’ambiance que l’on entend dans les rues de Kinshasa », commentait hier soir un spectateur, visiblement connaisseur de l’Afrique centrale. Une musique qui tombe à point nommé, les concerts du festival Tempo Rives étant organisés en soirée pour des spectateurs qui profitent du cadre pour venir entre amis passer une soirée conviviale sur les bords de la Maine, dans un somptueux décor. Quoi demander de plus.

Avec sa grande taille et son visage émacié, Jupiter Bokondji, le leader du groupe les Okwess, pourrait presque se confondre avec le pied de son micro, tellement il est effilé. Continuellement plié en quatre pour se mettre au niveau de ses spectateurs, Jupiter raconte au fil des ses chansons, la vie quotidienne du Congo-Kinshasa, son pays.

Outre ses fidèles Okwess, Jupiter est accompagné d’une danseuse en tenue traditionnelle qui use d’accessoires musicaux pour le moins inhabituels, à l’exemple de cette boite de conserve traversée par une ficelle qu’elle tire par saccades, à proximité d’un micro, pour produire un son particulier.

Jean Pierre Bokondji pour l’état-civil a mis des années à percer dans ce pays francophone, ancien Congo Belge, puis Zaïre avant de devenir RDC (République Démocratique du Congo). Vite rebaptisé Jupiter, ce fils d’un diplomate en poste à Berlin-Est a dû faire son trou et affirmer sa différence dans un pays composé de 450 ethnies et autant sous-ethnies, dominé par les puissants orchestres de rumba et du dialecte Ndombolo.

Surnommé le « général rebelle » pour sa façon de voir, de réfléchir et de se comporter dans une société congolaise en pleine expansion il se dit inspiré par les musiques de James Brown, Deep Purple ou encore des Rolling Stones qu’il écoutait en Allemagne lorsqu’il franchissait le mur de Berlin pour aller à l’école. Il y mélange les percussions de l’ethnie Mongo, la sienne, et les guitares bien saturées des Okwess.

Frappé par la musique traditionnelle, « celle qui soignait avant l’arrivée de la médecine » lors de son retour au pays, Jupiter, a entrainé les spectateurs angevins dans un voyage culturel, dans les tréfonds de Kinshasa, pour leur faire découvrir ce qu’il appelle le « bofenia rock », une musique expérimentale dans laquelle il tente de confronter son expérience de vie à l’étranger et la diversité sonore de son pays.

Ce que transmet surtout ce chanteur et percussionniste, aux quatre coins de la planète, comme hier soir à Angers, ces sont surtout ces mélodies que les musiciens de Kinshasa chantent dans les quartiers populaires de la ville, en tapant sur des bidons ou des bouteilles de récupération, un savant mélange de reggae, de hip hop et de rumba passé à la moulinette. Une musique simple, un son propre, une interprétation de bon niveau, mais qui n’accroche pas forcement les oreilles, si ce n’est par son volume sonore. Une musique qui s’écoute sans s’écouter, en discutant avec ses amis, en avalant quelques lampées de bière.




Yannick Sourisseau
Directeur publication Angers Mag et Angers Mag Info Journaliste web suivant plus particulièrement... En savoir plus sur cet auteur







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