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Vendredi 28 Novembre 2014





Justin Adams et Juldeh Camara : un métissage musical réussi


Rédigé par - Le Mercredi 8 Août 2012 à 16:07


Justin Adams est anglais avec des origines punk rock bien ancrées et Juldeh Camara est un griot de Gambie porteur des musiques ancestrales de l’Afrique. Rien ne pouvait laisser penser que ces deux là pourraient travailler ensemble. Hier, soir, sur les bords de la Maine, dans le cadre du Festival Tempo Rives, ils ont démontré que la musique quelque soit ses origine peut aisément fusionner pour peu que l’on trouve des complémentarités.



Justin Adams et Juldeh Camara ont hypnotisé le public du festival Tempo Rives
Justin Adams et Juldeh Camara ont hypnotisé le public du festival Tempo Rives
En voici deux que tout semblait opposer sur le plan musical? Si Justin Adams a été élevé, musicalement parlant dans la pure tradition du rock’ roll, l’autre, Juldeh Camara, est griot reconnu en Gambie, c’est dire dépositaire de la tradition orale de son pays.

C’était sans compter sur le fait que Justin Adams, considéré comme un véritable docteur es-guitare (Gibson s’il vous plait) dont le père était diplomate au Moyen- Orient, n’a jamais oublié le chant du muezzin à la tombée de la nuit, ni les rythmes transe de l’Égypte. C’est cette double éducation qui lui a permis de s’intéresser aux sonorités africaines.

Et pourtant, celui qui est aujourd’hui producteur du groupe malien Tinariwen et des angevins de Lo’Jo Triban, mais aussi le guitariste de Robert Plant, la voix du groupe Led Zeppelin, et de Natacha Atlas a fait ses début dans le punk rock, comme bon nombre de musiciens britanniques.

Ce n’est que dans les années 2000 qu’il croise le chemin de Juldeh Camara, lequel exporte la tradition orale des griots d’Afrique en s’accompagnant d’un « riti », sorte de violon a une corde capable de déployer une multitude de sonorités, au point de le confondre lorsqu’il est amplifié, avec une vieille guitare électrique.

De là à mélanger ces sonorités avec celles produites par une guitariste expert comme Justin Adams, il n’y avait qu’un pas que le gambien, très impressionné par l’album « Desert Road » de Justin, était prêt à faire. Forts de leurs expériences musicales respectives et sur le fond pas si éloignées, ils ont associé leurs prénom pour faire naitre le duo « JuJu ».

Et de cette alchimie, mélange de musique punk rock, de jazz et de sonorités africaines primitives sont nés de nouveaux sons qui se renouvellent au gré des itinérances et de l’ambiance du moment, le duo réussissant à communiquer, comme en Afrique, avec son auditoire.

Et c’est ce que fit Justin Adams hier soir en invitant le public à le rejoindre devant la scène et en lui expliquant que l’interprétation musicale sera fonction de ses réactions. Et celui-ci ne se fit pas prier pour venir danser et permettre à Justin Adams et Juldeh Camara , ainsi qu’au bassiste et au percussionniste qui les accompagnaient, tous deux excellents, d’enflammer la scène angevine avec des riffs de guitare électrique dans lequel le « riti » venait se fondre, sans que l’un ne surpasse l’autre. Du grand art, à peine perturbé par les chants.

Et la sauce prit rapidement, le public étant comme hypnotisé, embarqué dans un univers incantatoire chargé de décibels où le groove, avec ses moments magiques de grâce et ses accélérations rythmiques, restait le maitre mot de cette écriture musicale à quatre mains.

Hier soir, les festivaliers ont certainement vécu un moment magique comme il aime à le trouver dans ce genre de concert, sous la nuit étoilée des bords de Maine, quand les effets des lumières de scène se confondent avec les reflets du château du Roi René et que la musique fait entrer en transe.




Yannick Sourisseau
Directeur publication Angers Mag et Angers Mag Info Journaliste web suivant plus particulièrement... En savoir plus sur cet auteur







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