Keolis détricote les clichés sexistes


Rédigé par Quentin DAVEAU - Angers, le 09/03/2017 - 07:30 / modifié le 08/03/2017 - 23:14


A l'occasion de la journée internationale des droits des femmes, la société en charge des transports sur l'agglomération angevine entamme une campagne de sensibilisation sur le métier de conductrice de bus ou de tramway. Un propos qui se veut loin des stéréotypes.



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"Avoir des équipes mixtes, c'est plus agréable pour le travail !" Véronique Raimbault est enchantée par son métier. Cela fait 8 ans et demi qu'elle travaille chez Keolis. "Je suis conductrice de bus. Et pourtant, je n'ai pas la taille, ni le gabarit d'un camionneur", s'amuse-t-elle. Elle défend un quotidien de conductrice loin des clichés : pas besoin d'épaules carrés ou de gros bras. Au contraire, c'est une profession qui demande du tact. "Des fois, on fait même dans le social", intervient Leonor Ducarme, l'une de ses collègues.

La relation avec les usagers est effectivement primordiale. C'est même ce contact humain qui empêche la monotonie. Quant à la vision qu'ont les usagers sur les conductrices, "ils sont souvent plus respectueux avec nous qu'avec les hommes", assurent les deux femmes. Puis de rajouter qu'elles peuvent amener une autre manière de faire dans ce métier, plus à l'écoute des gens, plus aimable peut-être.

C'est qu'elles retiennent l'attention, ces femmes qui conduisent les bus et tramway d'Angers. Leonor Ducarme l'assume, c'est même en voyant une conductrice de bus qu'elle s'est dit qu'elle pouvait tenter sa chance. Avant d'entrer chez Keolis il y a 8 mois, elle faisait de l'artisanat d'art. Mais elle avait envie de rencontrer des gens. En pleine reconversion, elle doutait de correspondre aux critères d'embauche. D'origine étrangère, sans permis, femme dans un univers réputé masculin... elle ne pensait pas pouvoir être engagée. Son permis en poche, elle fait maintenant partie des 450 chauffeurs de l'entreprise, fière de son nouveau métier.
"Je suis conductrice de bus. Et pourtant, je n'ai pas la taille, ni le gabarit d'un camionneur"

450 chauffeurs... dont 380 hommes. Soit 17% de femmes. Elles sont 70, et c'est une situation qui ne convient pas à la direction. Mais le but n'est pas non plus d'instaurer des quotas. Eviter la discrimination positive, c'est ce que veut l'entreprise. D'où cette campagne d'incitation aux candidatures féminines. "On voudrait simplement rééquilibrer un peu la balance", explique Matthieu Lecoq, responsable communication de Keolis.

L'objectif est clairement d'augmenter le nombre de candidatures féminines (au nombre de 50 l'an dernier, face à 250 candidatures masculines). Une situation qui ne permet pas la parité au sein de l'entreprise. Et c'est une situation qui se remarque vite, en salle de repos par exemple. Véronique Raimbault se retrouve souvent être la seule femme dans la pièce. Ce n'est pas pour autant qu'elle se sent mal à l'aise. Elle raconte : "Je n'ai jamais eue à me faire ma propre place. Ici, quand on arrive, on est soutenues par tout le monde." 

L'entreprise se veut impartiale : elle souhaite sélectionner ses salariés en fonction de compétences bien précises et objectives. Leur conduite, leur contact humain ou leur motivation. "C'est une grosse machine à faire tourner, mais on ne veut pas de discriminations, notamment sur le salaire", continue Matthieu Lecoq. Il est vrai que les grilles salariales sont les mêmes pour tout le monde, quel que soit le sexe ou l'âge. Seule l'ancienneté au sein de l'entreprise compte. Mais le principal problème auquel Keolis tente de remédier est l'auto-censure des femmes, qui n'osent pas penser que ce métier est fait pour elles. D'où cette nécessité de lutter contre les clichés dont souffre la profession.
Quant aux possibles dangers auxquels peuvent faire face les chauffeurs, ils ne sont pas plus présents que dans les autres métiers relationnels. Le mari de Leonor Ducarme se pose d'ailleurs beaucoup plus de questions qu'elle. Mais au final, ce que ces femmes retiennent de leur métier, c'est la bonne ambiance qui y règne, l'absence de monotonie et la passion qui les anime. "Au final, c'est un métier beaucoup plus intéressant et varié qu'il n'y paraît !" conclut Véronique Raimbault.












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