Kev Adams, ex-ado déjà lassant


Rédigé par Cyrille GUERIN - Angers, le Jeudi 22 Mai 2014 à 20:31


Mardi soir, au Centre des Congrès, c'était salle comble et top à la déconne version djeunz. Kev Adams, 22 piges aux shows interdits aux plus de 18 ans, était en ville. Et en vrille pour présenter "Voilà, voilà". Pendant une heure et demie, l'ex-ado s'est échiné comme un ouf à montrer qu'il avait enfin grandi. Tour de force anabolisé mais blagues tombant souvent à l'eau (précieuse). Pas vraiment swag, ni top LOL.



Ceci est une photo de promo, pas du spectacle donné au Centre des Congrès d'Angers.
Ceci est une photo de promo, pas du spectacle donné au Centre des Congrès d'Angers.
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Il y a un rituel que les fans de "Glee" connaissent bien. Il consiste à bizuter chaque nouvel arrivant de la chorale à l'aide de gobelets de soda XXL. Histoire de marquer les territoires : les footeux sexy d'un côté, les freaks chanteurs de l'autre. La série est diffusée sur W9. C'est également sur cette chaîne à fort réservoir médiamétrico-juvénile que, depuis trois saisons, sévit Kev Adams avec... "Soda". En verlan, ça signifie "ados". Loin d'être indigne, le concept s'articule autour de courts sketchs narrant les mésaventures d'Adam et ses potes. C'est bien fichu, correctement écrit. Et ça peut même vous sauver d'une dépression tant on peut se taper des barres de rire devant son écran (je sais de quoi je parle...).

Mardi dernier, Kev était cette fois-ci seul en scène. Vers 22h, à la fin de son spectacle, le public, acquis à sa cause, et probablement privé d'argent de poche pendant des plombes - 35 euros la place la moins chère... - ne lui a pas balancé du soda en pleine face. Trop heureux qu'il était d'avoir vu LA star, le petit Mozart de l'humour Biactol en plein virage adulte. Et pourtant, il y avait matière à, soyons mesuré, lâcher quelques sifflets de mécontentements. Car la métamorphose du jeune loup de 17 ans en ieuv de 22 ans fut assez laborieuse. Syndrome peut-être du deuxième album. Vous savez, cette fichue malédiction qui veut qu'une po-idol foire invariablement son deuxième disque. Ben là, c'est pareil. "Voilà, voilà" est un pur exercice de style vite éprouvant. On imagine certes le jeune homme totalement lessivé après chaque prestation tant, objectivement, il se donne à donf', enchaîne les pas de danse, les jokes et l'interactivité. Mais cette débauche peut rejaillir sur l'auditoire, le fatiguer rapido et le saouler prompto. Mais peut-être ai-je passé l'âge de ces conneries. Autre hypothèse : peut-être Kev Adams est-il déjà... vieux.

Humiliation, répétitions

Oui, we need to talk about Kev(in). Un peu out le loustique. Que lui est-il donc arrivé depuis son premier one man ? "J'ai grandi". Il ne cesse de le répéter. Il a vécu. Sorte de parcours initiatique plus Coelio que (Zadig et) Voltaire, ceci dit. Il s'est le succès aidant offert des restos "où on m'a proposé de l'eau, du vin et du... soda". Auto-dérision, on approuve. Il est, rêve de gosse, allé aux States. Y a croisé une MILF de 84 berges : "c'était plus une cougar mais un lama". Élégant. Bref, ça se gâte mais PTDR dans la salle.

Seulement voilà, oups, blocage quand même lorsque demandant des prénoms originaux, un gamin de six ans lui répond : "Aristide". Monumentale erreur, Adams se servant de ce blaze "de caillera" pour moquer le jeune garçon pendant deux longues minutes. Idem lorsqu'il toise Jade, qu'il exhorte à se lever pour bien la ridiculiser. Son crime ? Avoir pouffé avant la chute d'un sketch, la pauvre l'ayant déjà vu à la télé -à quasiment 40 boules la place, on peut exiger un minimum de nouveauté. Et de classe.

Des exemples ? Le cours de zumba donné avec un accent forcément hispanique; la leçon d'Allemand SVT (sciences de la vie et de la torture) professée genre nadzi (on a échappé à des poncifs sur d'éventuels feujs vendeurs de sapes dans le Sentier), ou bien cette astuce pour protéger un SDF du froid : "pas la peine de lui donner votre blouson, il a des cils" suffisamment épais. Douteux, gênant mais pas classe pour un rond.

Pendant une heure et demie, on a l'impression que le jeune comique se laisse dépasser. Qu'il ne se contrôle pas et, patatra, dérape. Ses vannes reposent en sus souvent sur la différenciation type mecs-meufs. Procédé éculé. Qui montre que Kev Adams a effectivement vieilli. Un peu mal, serait-on tenté de supputer. Excédé, j'ai eu, je le confesse, envie de me la jouer Maître Gimms et d'me tirer. C'eût été dommage. Car c'est à quelques minutes de la conclusion que la star des teenagers décoche enfin quelques bonnes piques. Celle-ci, entre autres : "Quand j'ai posé la question de ma conception à mes parents, ils m'ont répondu que plusieurs facteurs étaient entrés dans celle-ci, je suis donc allé à la Poste pour me renseigner". Là, franchement, on achète. Même adhésion lorsqu'il raconte le divorce de ses parents. Le verbe se fait alors plus juste, la logorrhée décélère. On est comme touché et transporté.

Sur scène, Adams s'envole alors dans les airs façon Michael Jackson qu'il doit forcément kiffer -l'ouverture de "Voilà, voilà" est pompée sur celle de la tournée "History" avec guetta en bémol musical allusif. C'est à ce moment précis du spectacle que l'ex-élève de Ruquier nous donne l'impression qu'il a vraiment grandi. Illusion d'optique ou transition ? Don't stop believing Kev...









1.Posté par Lily le 23/05/2014 10:57 | Alerter
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Je ne suis ni une ado, ni une inconditionnelle de Kev Adams. Mais pour avoir vu ce spectacle, je vous trouve dur avec ce jeune humoriste. Vos écrits ne sont pas, mais alors pas du tout représentatifs de ce qu'à pu voir le public angevin (pas seulement composé d'adolescents d'ailleurs). C'est vrai, on apprécie ou pas (il en faut pour tous les goûts!), mais c'est indéniable, Kev a conquis son public ce mardi soir!

2.Posté par Tymar le 23/05/2014 19:09 | Alerter
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Je suis une maman de 48 ans, j'étais présente au spectacle de kev' Adams mardi soir avec ma fille de 11 ans.
Nous avons passé une superbe soirée! Je trouve qu'il possède une réelle complicité avec son public, des échanges... et au moment où le public est sollicité pour une zumba, tout le public a participé sans hésitation!!!

3.Posté par Lauraaa le 31/05/2014 10:42 | Alerter
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Cet article est révoltant!! Je suis choquée, vraiment, par les propos employés. Ayant moi-même vu le spectacle de Kev, je peux vous dire que les passages cites ne sont pas du tout les même! Je trouve honteux de rabaisser Kev de cette manière! Si toutes les salles sont combles c'est qu'il a du succès et que ce qu'il fait plaît. Quand il se "moque" des prénoms c'est jamais méchamment !! Personnellement,quand j'y suis allée, en plein milieu du spectacle une maman a amené sa fille aux toilettes. ...








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