Kokolektif et Cies, la résistance théâtrale angevine s'étoffe


Rédigé par - Angers, le Mercredi 11 Novembre 2015 à 09:00


Initié par une douzaine de jeunes compagnies angevines, ce nouveau festival de théâtre va investir la Maison Pour Tous de Monplaisir du 13 au 21 novembre. Avec une ambition qui sonne comme un manifeste en ces temps de restriction budgétaire : défendre leur liberté d'expression.



Kokolektif et Cies, la résistance théâtrale angevine s'étoffe
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"Je sais où répéter mais je ne sais pas où jouer". Plus de 20 ans après, les artistes de la Cie Gaïa et de la douzaine de compagnies théâtrales associées au festival Kokolektif pourraient presque reprendre à leur compte ce slogan chèrement défendu en son temps par l'ADRAMA, l'Association pour le développement du rock et des autres musiques à Angers. A l'époque, dépourvus de salle de diffusion, les groupes de rocks angevins avaient compris l'intérêt de se fédérer pour en défendre le projet auprès des collectivités locales. Un combat qui allait déboucher sur la création du Chabada en 1994. 

Pour les jeunes compagnies de théâtre professionnelles angevines, la problématique est légèrement différente aujourd'hui. Mais au final, la frustration semble bien là même. A l'échelle de l'agglomération angevine, ce ne sont plus les salles de spectacles qui manquent, mais les budgets qui font défaut pour y faire vivre des programmations culturelles laissant place aux productions locales. A l'instar du SAAS qui vient de contractualiser avec le Théâtre de l'Avant-Scène à Trélazé (lire notre article "LabelPool picore à l'Avant-Scène") et s'associer au Théâtre des Dames aux Ponts-de-Cé, les compagnies du Kokolektif (1) ont choisi de se fédérer pour défendre leurs intérêts.

"Nous sommes tous confrontés aux mêmes difficultés pour diffuser nos spectacles" justifie Benjamin Tudoux, membre de la Cie Nom d'un Bouc citant l'exemple de la dernière création de sa compagnie - "L'Ambigu" d'après Roland Topor-, dont l'accueil public "très bon lors de sa présentation au théâtre du Champ de Bataille" il y un an, n'a été suivi... d'aucune commande. Aussi, fin mai, ces compagnies ont-elles pris l'initiative d'organiser leur propre festival en choisissant de s'associer avec la Maison Pour Tous de Monplaisir, laquelle a pris l'habitude ces dernières années d'accueillir certaines d'entre elles en résidence.
"Ce n'est peut-être pas anodin que ce soit un lieu social qui prend ce risque là"
"Etre un soutien professionnel et structurant pour les artistes locaux en prenant en compte certaines de leurs difficultés tout en favorisant l’accès à la culture des populations les plus éloignées de l’offre culturelle fait partie des orientations du projet culturel de la Maison pour Tous Monplaisir" rappellent, avec conviction, les équipes de la MPT dans l'avant-propos du programme du festival. Tout sauf du blabla : "La MPT nous met à disposition la salle, trois techniciens, elles prend en charge aussi la communication et s'investit pour la nourriture et la boisson. Ce n'est peut-être pas anodin que ce soit un lieu social qui prend ce risque là" soulignent Benjamin Tudoux et Elodie Biardeau de la Cie Omi Sissi.

Prolongement de ce partenariat, une création de l'atelier d'expression artistique de la Maison Pour Tous Monplaisir, dirigé par Loïc Méjean, sera présentée en ouverture du festival ce vendredi 13 novembre à 20h30. Son titre justifie à lui seul sa place au sein du projet : "C'est pas parce qu'on a rien à faire qu'on doit rester les bras croisés."

Quant aux compagnies, elles se sont engagées à partager les risques ensemble et donc les recettes. Les tarifs ont été alignés sur ceux de la MPT Monplaisir et les élus comme les journalistes sont invités à contribuer à l'1€ symbolique à l'effort de guerre pour chaque spectacle auquel ils assisteront.

Retrouvez la programmation en détails du festival Kokolektif sur le site kokolektif.wix.com 

(1) Les douze compagnies et (ou) artistes sont : Les Ongles Noirs, L'Apprenti, Rosilux, Gaïa, L'Oeil du Paon, du Cri, Nom d'un Bouc !, Omississi, Poison d'Avril, DJ N.C. GOYEAH, Le Souffle du Larsen et Apes O’Clock
 




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