Kyudo, l’arc martial


Rédigé par - Angers le Samedi 29 Avril 2017 à 08:00


Issu des traditions cérémoniale et guerrière du Japon, le kyudo –littéralement « voie de l’arc »- est un art martial émergent en France. A Angers et aux Ponts-de-Cé, quelques pratiquants se sont engagés sur ce chemin aussi spirituel que physique.



Anne-Sophie et Loïc pratiquent le kyudo, littéralement "la voie de l'arc".
Anne-Sophie et Loïc pratiquent le kyudo, littéralement "la voie de l'arc".
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Le froid d’un gymnase, au cœur du complexe sportif de La Chesnaie, aux Ponts-de-Cé. Les panneaux de basket sont relevés ; derrière une grille, les tapis et agrès de gymnastique s’empilent. Ce samedi matin, c’est relâche pour les sports « classiques », au sens occidental du terme.

Mais l’œil ne tarde pas à être attiré par une curieuse installation. Là, des plaques de linoléum recouvrent une partie du sol ; des calligraphies entourent l’espace ainsi créé. Tout près, une vingtaine de longues flèches en bambou ou en alu attendent d’être projetées sur des cibles noire et blanche fichées à quelque 28 mètres de là. Et puis il y a les arcs, majestueux. Ils varient selon la taille et le niveau de l’archer, mais aucun ne fait moins de 2,20 m.

Voilà pour le décor surprenant du kyudo, art martial japonais tout jeune –il a été créé au début des années 50- mais qui puise ses racines dans l’histoire millénaire du pays du Soleil Levant et de son voisin chinois. « Le tir à l’arc s’est développé au Japon autour d’une école cérémoniale et autour d’une école guerrière. Le kyudo, c’est le rapprochement de ces deux dimensions », détaille Loïc Kerisit, adepte depuis 18 ans. « Il y a là la persistance de valeurs fondamentales –le vrai, le bon- toute une étiquette qui conditionne le tir et se mélange avec une technique bien précise. »
"Le kyudo, c’est le rapprochement de ces deux dimensions », détaille Loïc Kerisit, adepte depuis 18 ans. « Il y a là la persistance de valeurs fondamentales –le vrai, le bon- toute une étiquette qui conditionne le tir et se mélange avec une technique bien précise » 

Un postulat théorique qui prend tout son sens dans la pratique. Ibrahim, Roland, Anne-Sophie et Loïc se présentent, en tenue traditionnelle : hakama (une sorte de jupe-culotte), keikogi en haut, recouvert d’un wafuku. Ils retirent leurs chaussons au moment de rejoindre les tapis, puis s’agenouillent devant leurs arcs. La suite, c’est un cérémonial –certains y verront une chorégraphie- tant collectif qu’individuel qui se met en place de manière extrêmement codifiée.
Au kyudo, on ne tire (quasiment) jamais seul : il faut donc être à l’écoute de son corps comme du corps constitué par (le plus souvent) les cinq archers. Pour le dernier d’entre eux, l’attente dans une posture immobile est « mobilisante : elle vient nous chercher, éveille la vigilance. L’idée, c’est plus d’être dans l’effort, dans l’énergie que d’abdiquer », explique Loïc.

Kyudo, l’arc martial
Le tir en lui-même est conditionné par huit étapes : certaines au sol, les archers prenant position en faisant glisser leur tabi (chaussettes) sur la surface lisse ; d’autres au niveau du haut du corps, l’armement de l’arc se déroulant au-dessus de la tête avec que la flèche ne soit décoché au niveau de la bouche. L’important réside plus dans l’harmonie du mouvement, et du groupe, que dans une flèche fichée au centre de la cible. « Le tir est basé sur la bonne posture, une forme d’empilement des différentes parties du corps. Le kyudo, c’est avant tout le respect de la forme du corps », décrit Loïc. « On peut considérer cela comme une voie de développement personnel, mais on n’en parle pas », poursuit-il. « C’est l’affaire de chacun".

La preuve par l’exemple avec les quatre archers réunis là. Roland, c’est 35 ans d’arts martiaux divers, mais seulement 8 mois de kyudo… et une réelle découverte : « C’est le seul art martial sans opposition, sans affrontement, avec pourtant une relation très forte à l’autre. » A ses côtés, Ibrahim a découvert le kyudo lors d’une année universitaire passée à Niigata, au Japon. « Je voulais m’immerger dans la culture locale, faire un sport traditionnel. Je suis entré dans le dojo. J’ai passé trois mois sans toucher une cible et j’ai appris, appris, appris »… dans un pays où le dojo est un véritable lieu de société.
 
Des cours de claquettes au rituel du kyudo, il n’y a qu’un pas qu’Anne Sophie a franchi il y a bientôt 10 ans, après avoir observé un cours donné par… Loïc. Ce dernier a découvert l’art martial au gré « de lecture sur le zen, et l’art chevaleresque ».
En recherche d’harmonie.




Journaliste Animateur du blog " Des mots à la marge " En savoir plus sur cet auteur

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