L’Afrique à Freigné


Rédigé par Patrick TOUCHAIS - Angers, le Dimanche 30 Juin 2013 à 09:10


Il y a eu les Caline Georgette dans les années 1990. Désormais les frères Livenais mêlent le rock et les rythmes africains au sein de deux groupes : Akeïkoi et Kunbe.



2010. Akeïkoi ou l’aventure africaine.
2010. Akeïkoi ou l’aventure africaine.
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Freigné. Petit village perdu entre Angers et Nantes. André et Marie-Françoise ont cultivé des pommiers dans l’exploitation familiale des Fromentinières, mais aussi leurs cinq enfants, trois garçons, Vincent, Jean-Louis et Antoine et deux filles, Cécile et Isabelle. Point commun : la musique. Sur les cinq membres de la fratrie Livenais, quatre vivent de la musique. Et ça fait trente ans que ça dure.

De la ferme, propriété familiale depuis 1827, il ne reste que les bâtiments, transformés en studio et en lieux de résidence pour artistes en quête de quiétude dans la campagne candéenne. Zenzile, Lo’Jo, La Ruda entre autres, sont passés par là. Les murs résonnent encore des souvenirs des heures de répétition. Souvenirs encore, quand les trois frangins, Vincent, 51 ans, Jean-Louis, 49 et Antoine, 48, se remémorent leur tout premier concert.

« En 1979, à Belligné. Notre père nous avait emmenés. Nos parents nous ont toujours soutenus. Ici, le sport et la musique étaient aussi importants que l’école », raconte l’aîné. Du coup, ils ont vite tourné le dos aux études, pour vivre pleinement la musique. Le rock d’abord, avec le premier groupe Parking. Assez vite remplacé par Caline Georgette, qui a connu son heure de gloire dans les années 1990. Même si les Livenais, loin d’Angers, ne faisaient pas partie des bandes de l’époque autour de l’Adrama ou du Chabada. « On a toujours été autonomes. On avait tout ici. Un studio, un lieu de répétition », raconte Antoine. [

Kunbe du Mali

1970. Les trois frères Livenais. Déjà inséparables.
1970. Les trois frères Livenais. Déjà inséparables.
Le destin musical de la fratrie va ensuite être bousculé par l’un des premiers voyages de Jean-Louis en Afrique en 1993, au Togo. Il y rencontre Jimi Hope, une star nationale, « avec une voix de dingue ». L’aventure durera deux ans, avec une tournée au Togo, au Bénin et en France, qui passera par les Francofolies.

« Ça a changé notre façon de composer et de jouer, mais on n’a pas fini notre chemin. On creuse toujours les relations entre la musique africaine et la nôtre, le rock », souligne Jean-Louis. Depuis cette époque, les Livenais jouent et louent la musique africaine. Un groupe est fondé en 2000, avec Cécile, la petite sœur, au chant, et la troupe Yelemba d’Abidjan : Akeïkoi, du nom d’un quartier de la capitale de Côte d’Ivoire.

Une aventure musicale et humaine, avec de nombreux concerts à la clé, et deux albums. Tout en poursuivant des projets autour d’Akeïkoi, les frères Livenais écrivent actuellement une nouvelle page musicale de leur histoire. Avec des musiciens maliens, ils ont fondé Kunbe en février 2012. Entre la France et le Mali, ils ont réussi à enregistrer 11 morceaux, base d’un CD qui devrait sortir fin 2013, début 2014.

Et surtout d’une tournée lancée mi-mai, et qui passera par l’Anjou le 7 juillet aux Traver’cé musicales des Ponts-de-Cé, le 12 juillet au Parc de la mairie de Candé, et le 26 juillet à Montjean-sur-Loire.

Portés par une association
L’aventure des frères Livenais repose sur une association : Adjololo System. Forte de 400 adhérents, elle porte tous les projets : la production de CD, le soutien aux groupes, la gestion du studio… « C’est un outil pour nous et pour d’autres groupes. On fait du développement d’artistes », glisse Vincent.













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