L’Afrique dans toute sa diversité


Rédigé par Yannick Sourisseau - Angers, le Mercredi 13 Avril 2011 à 10:27


Alors que de vives tensions agitent certains états africains, le Festival Cinémas d'Afrique à Angers jette de nouveau un pont entre l’Europe et l’Afrique, permettant à une poignée de cinéastes, porteurs d’un message de paix, de faire connaître leurs productions. Le 13ème festival ouvrait hier soir au Centre de Congrès d’Angers en présence des réalisateurs, tout au moins ceux qui ont réussi à obtenir un visa...



L’Afrique dans toute sa diversité
la rédaction vous conseille
Si le cinéma africain commence à se faire connaître en France et en Europe, le Festival Cinémas d’Afrique, organisé tous les deux ans à Angers, y est certainement pour quelque chose. Disposant de petits moyens tant en matière de tournage, de production que de diffusion, le cinéma africain n’est pas pour autant exempt de qualité, il est même très prometteur. Pour preuve la sélection présentée lors de cette édition du festival que les amateurs de bon cinéma apprécieront à sa juste valeur.

Si le numérique permet désormais aux cinéastes de réaliser de bons films avec des petits budget, reste à le diffuser sur le continent. Et c’est là peut-être là que le bat blesse. « Le paradoxe c’est qu’il faut venir en Europe pour assister à la projection de nos propres films », disait hier soir avec humour, l’un de réalisateurs. Et pourtant Cinémas et Cultures d’Afrique, l’association organisatrice du festival angevin participe depuis 2009 à la mise en place d’un réseau, le FAR (Films Afrique Réseau), chargé de distribuer, exploiter et diffuser sur le continent africain.

L’humour, la joie, la chaleur, la solidarité, l’envie de communiquer avec les autres, de parler de leur pays, loin des images de guerre et de révolte qui défraient la chronique quotidienne, ces africains sont avant tout fiers de leur pays et veulent le démontrer par les images. « Vous qui êtes les témoins d’un continent en pleine ébullition, d’une société civile en marche », déclarait Anne-Solen GRISLIN, présidente de Cinémas et Cultures d’Afrique en ouvrant le 13ème festival.

Mais les relations Nord Sud sont toujours difficiles et les visas permettant aux réalisateurs de participer à ce festival qui rassemble toute la diversité africaine, au travers des sons, des couleurs et surtout des images, ont fait l’objet de fortes tracasseries administratives. Le jeune réalisateur nigérian Abdou MALAH, lequel se faisait une joie de présenter son film, est resté bloqué à la frontière, sans visa. « J’ai honte pour mon pays », disait en substance la française Saïda RAGUI, l’une des directrices de Cinémas et Cultures d’Afrique. Son court métrage « Gatan Yara », n’en aura que plus d’intérêt.

Mais comment parler de ce festival sans parler des tensions qui agitent certains état africains comme la Côte d’Ivoire, la Libye, la Tunisie et d’autres régions où la guerre sévit depuis des années. Sans le savoir ce festival apporte une aide morale, au travers des images, à tous ces peuples opprimés. « Notre festival ne fait pas la une des médias, mais une forêt qui pousse fait moins de bruit qu’un arbre qui tombe. On ne fait pas la une mais on a la prétention de faire vivre de vrais relation entre les hommes », ajoutait la présidente.

Du Sénégal, en passant par le Mali, le Niger, le Burundi, Burkina Faso, le Mozambique, l’Algérie, la Tunisie, « la nouvelle Tunisie », précisait Myriam de MONTARD, la seconde directrice de l’association organisatrice, dix huit films et autant de réalisateurs seront soumis à l’appréciation du public et du jeune public. Il faudra ajouter à cela des animations, des spectacles, des contes africains, le « projet Bled » pour les jeunes angevins, comme si toute l’Afrique s’était déplacée vers Angers, l’espace d’une semaine.

Et comme il s’agit de montrer l’Afrique, toute l’Afrique, dans toute sa diversité, c’est un groupe marocain : Maâlem Hassan Boussou, qui a ouvert cette première soirée, en présentant la musique « gwana » et ses danses venues du fond de la savane africaine avant d’être reprises par les confréries musicales du Maghreb. Ce concert chaleureux fut suivi de la projection du film « la mosquée », du marocain Daoud Aoulad-Syad. Un sujet de circonstance à Angers, ville qui réserve un terrain pour la construction d’un lieu de culte musulman.

Pour en savoir plus sur le festival et son programme : www.cinemasdafrique.asso.fr



Yannick Sourisseau
Yannick Sourisseau
Web Journaliste suivant plus particulièrement les technologies digitales Formateur technologies de... En savoir plus sur cet auteur








Angers Mag