"L’Anjou d’en bas entre désenchantement et radicalisation"

La Tribune du lundi - #TribuneduLundi


Rédigé par Ahmed IMZIL, co-responsable de l'Association de la Jeunesse pour l'Action et la Culture (AJAC) - Angers, le 20/04/2015 - 08:02 / modifié le 21/04/2015 - 17:26


Contribuer au débat public et, à notre niveau, participer à l'indispensable vie des idées, c'est l'objet de [La Tribune du Lundi]. Après Chadia Arab (6 avril), Ahmed El Bahri (13 avril), nous poursuivons notre série de contributions d'acteurs des quartiers de la ville entamée au lendemain des élections départementales et alors que se profilent les projets de rénovation urbaine de Monplaisir et Belle-Beille. Avec aujourd'hui Ahmed Imzil, co-responsable de l'Association de la Jeunesse pour l’Action et la Culture.



"L’Anjou d’en bas entre désenchantement et radicalisation"
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Quand on parle des quartiers d’Angers, il existe bien un scandale. C'est cette espèce d'autisme dont font preuve la plupart des élus, des responsables face à la colère, la désillusion, le sentiment d'abandon qui y règnent aujourd’hui ? On n'en peut plus de ce chômage qui frappe et bien plus dans les quartiers qu'ailleurs. A la Roseraie, Monplaisir, Belle Beille, Grand Pigeon, Verneau-Perrin, il y a des situations de pauvreté extrême, la misère… L'emploi n'explique même pas tout : il y a des gens qui travaillent au SMIC et qui n'arrivent plus à suivre.

Le scandale, c'est encore une politique menée par les bailleurs sociaux qui ne fait que favoriser le communautarisme. Leurs responsables se rendent-ils compte de ce qu'ils sont en train de semer ? Il y a, à Angers, des cages d'escaliers ou des bâtiments entiers qui sont complètement "ethniques ». On nous bassine avec la diversité sociale mais il n'y en a jamais eu si peu ! Se rendent-il compte que cette politique de tri de logement radicalise et met la rage aux citoyens…? Merci aux commerçants, aux entrepreneurs et libéraux de proximité qui méritent eux aussi d’être soutenus. Ainsi qu’à l’interquartiers 49.

Le scandale enfin, c'est ce sentiment d'abandon que nous ressentons tous, la désertion, l'isolement, le manque d'espoir qui se répand partout comme un cancer. Les habitants des quartiers se sentent enfermés chez eux. Il y a bien longtemps qu'ils ne sont plus citoyens. Depuis des années, on ne s'intéresse plus à eux. Alors pourquoi iraient-il voter ?
"Qu'on ne nous dise pas qu'on manque de moyens (...). Qu'on ne nous dise pas, non plus, que c'est une question de couleur politique"

L'avenir ? On le ressent tous : si on ne réinvestit pas massivement dans la politique de la Ville, c'est le racisme, c'est la violence, c'est la radicalisation des esprits… Qu'on ne nous dise pas qu'on manque de moyens. De l'argent, on en trouve bien, qui pour un tramway à Avrillé, qui pour une nouvelle patinoire, qui pour couvrir prochainement peut-être les trémies… mais pour la majorité de la population ? Les écoles, qui devraient être la priorité des priorités, voient les moyens alloués au soutien scolaire diminuer dangereusement. Le Département également devrait enfin investir plus plutôt que d’affaiblir l’ASEA (1)...

Qu'on ne nous dise pas, non plus, que c'est une question de couleur politique. L'ancienne municipalité a échoué dans sa politique de la ville en déléguant tout à des super-structures -nous saluons celles de Belle Beille et de Trélazé pour leur esprit d’ouverture- et à des associations dont le bilan moral se révèle calamiteux et n'a favorisé dans la population que rejet et défiance. Ces super-structures trustent tout mais ne touchent au final que très peu de monde. Dans l’indifférence ou par intérêt politique.
 
Quant à la nouvelle municipalité, il y a plus d'un an qu'elle est là, et alors ? Rien et on ne va pas attendre qu’on décide et pense « sans nous » l'ANRU, qui ne débutera pas avant… Quand ? Une volonté politique d'agir à la hauteur de ce constat d'échec est absolument nécessaire. Pour une vraie politique de la ville, il faut beaucoup de moyens : dans l’éducation, dans la culture, dans le sport, dans le social… Il faut des pratiques démocratiques plus accessibles aux citoyens. Faire des choses pour eux et pas sans eux.
« Nous sommes Tous Angevins »

Ceux qui habitent les quartiers de l’Anjou sont des citoyens à part entière. A l'AJAC, nous travaillons bénévolement pour notre ville, le jour comme la nuit du lundi au dimanche sans moyen, sans local avec nos fonds personnels depuis des années. Dans l’intérêt de tous, indépendamment de la couleur, de l’origine, de la culture, de la confession ou de l’âge : « Nous sommes Tous Angevins ».

"Le passé n’éclairant plus l’avenir ils avancent vers les Ténèbres" a écrit Alexis de Tocqueville. Tout n'est pas si sombre pourtant. Depuis quelques temps, on sent -enfin !- une volonté de l'État de se réapproprier la politique de la ville. Mais nous avons l’impression qu’il n’y a plus personne à la Ville d’Angers pour s’intéresser à cette majorité silencieuse. Depuis les municipales, nous n'avons rien vu venir à part des rencontres constructives avec Mmes Fel, Leblanc et Mr Fouquet.

Nous saluons aussi l'engagement de Marc Goua, à Trélazé où d'ailleurs Angers devrait chercher des exemples à suivre. L’une des meilleures régies de quartiers de France, c'est sans conteste celle de Trélazé, ce qui est la preuve que quand il y a une volonté, un dynamisme et de l'attention pour les personnes, ça marche ! Il est plus qu'urgent d'investir dans de vrais projets pour les quartiers. Car dans l’Anjou d’en bas il y a un gisement de richesses et de compétences.

(1) Association de sauvegarde de l'enfance et de l'adolescence
 









1.Posté par Bruno Goua le 20/04/2015 10:27 | Alerter
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Cette tribune est très intéressante et pertinente, même si certains termes me paraissent mal choisis, elle pose surtout un constat évident : nous vivons dans une société où nous vivons les uns à côté des autres mais pas ensemble, notre société est découpée en tranches, par milieu social, nos quartiers sont des ghettos. Les gens de même origine sociales habitent ensemble, vont dans les mêmes écoles, pratiquent le même sport ensemble, ont les mêmes loisirs (quand ils peuvent en avoir).
Des déce...

2.Posté par Sebastien le 20/04/2015 14:29 (depuis mobile) | Alerter
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C''est normal quand j''ouvre la fenêtre j''entends les enfants du parc parler roumain? C''est aussi normal qu''une école comme Jules Verne à la roseraie soit pleine d''enfants d''origine maghrebine et africaine en général? Où est la mixité?

3.Posté par PCF le 21/04/2015 12:41 | Alerter
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4.Posté par saïda le 28/04/2015 22:20 (depuis mobile) | Alerter
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Ces "quartiers" ne sont pas simplement des lieux, c''est ce qu''on a perdu, ce qu''on y vit et ce qu''on espère pour l''avenir.








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