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Samedi 1 Novembre 2014







L'Anjou, le paysan et le grand théâtre judiciaire


Rédigé par - Le 02/10/2013 - 17:51 / modifié le 03/10/2013 - 18:11


Pour avoir apposé sur ses bouteilles des mentions réservées à l'appellation dont il s'est affranchi, Olivier Cousin, un vigneron bio de Martigné-Briand, était appelé à la barre du tribunal correctionnel d'Angers ce mercredi. Une convocation pour (presque) rien, le procès ayant été reporté pour des raisons un rien cavalières.



Plus d'une centaine de personnes sont venues soutenir Olivier Cousin devant le Palais de Justice d'Angers.
Plus d'une centaine de personnes sont venues soutenir Olivier Cousin devant le Palais de Justice d'Angers.
L'affaire a fait grand bruit dans le vignoble angevin il y a deux ans, entrainant une pétition internationale de soutien et des dizaines d'articles dans la presse régionale et nationale. Le rendez-vous judiciaire se rapprochant, elle était revenue dans les discussions ces derniers jours, éveillant même l'intérêt mercredi matin de France Inter.

Pour avoir utilisé la mention "Anjou" sur ses bouteilles de vins, Olivier Cousin, un vigneron de 53 ans, installé à Marigné-Briand, était convoqué devant le tribunal correctionnel d'Angers pour "pratique commerciale trompeuse" et "présentation de produit faisant croire qu'il bénéficie d'un appellation d'origine contrôlée".

Affranchi depuis 2005 des règlements de l'Appellation d'origine contrôlée (AOC), dont il conteste les cahiers des charges, trop laxistes selon lui en matière d'usage de pesticides ou de chaptalisation (ajout de sucre), cette figure de la viticulture biologique régionale avait poussé la contestation sur le terrain de la provocation. En rebaptisant par exemple certains de ses vins du nom d'Anjou Olivier Cousin (AOC) ou d'Anjou-Pur-Breton. Résultat : une descente des fraudes et pas moins de huit procès verbaux à la clef. Lourd pour une petite exploitation de sept hectares.

Fixé dès janvier dernier, son procès devait donc se tenir mercredi après-midi devant le tribunal correctionnel d'Angers. Un événement attendu tant par la Fédération viticole de l'Anjou, la gardienne du respect des cahiers des charges des vins AOC de la région, que par les soutiens d'Olivier Cousin, venus en nombre supporter le vigneron dans l'espoir d'un beau (et utile) débat de fond sur la question des appellations.

Là, ce n'est ni le plaignant, ni le prévenu qui ont fait faux bond mais la... partie civile. En l'occurence, l'Institut national des appellations d'origine (Inao) qui a estimé que les conclusions de l'avocat d'Olivier Cousin, transmises il y a dix jours lui étaient parvenues trop tard.

"Ce sont des conclusions très techniques qui méritent une réponse à la hauteur des enjeux" a défendu, sans vraiment convaincre l'assemblée, Me Alain Fouquet, le défenseur de l'Inao (et de la Fédération viticole). Et l'ancien bâtonnier d'exploiter avec malice "l'intérêt" et "la mobilisation" suscités par le procès, pour convoquer des débats "non tronqués"...

Venu spécialement de Paris, Maître Eric Morain, le défenseur du vigneron, a trouvé la ficelle un peu grosse. Et la démarche "irrespectueuse". Mais il a eu beau rappeler que dix jours de délais pour une partie-civile qui "n'avait pas fait entendre sa voix de toute l'instruction", ça n'avait rien d'anormal, et qu'avec "47 articles de presse", l'Inao avait eu tout le temps de se préparer, il n'a pas été entendu.

Dans la salle, certains ont accueilli par des applaudissement ironiques le report du procès. Ce sera finalement le 5 mars. Stoïque plus que déçu, Olivier Cousin y a trouvé une nouvelle matière à se réjouir : "organiser un salon des vins naturels ce jour là à Angers."




Journaliste, rédacteur en Chef d'Angers Mag En savoir plus sur cet auteur















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