L’Appel du 16 juin : lettre ouverte de l’équipe éducative du collège Jean-Lurçat


Rédigé par L'équipe éducative du Jean-Lurçat (Angers) - Angers, le 11/06/2015 - 09:02 / modifié le 07/08/2015 - 08:27


Durant 11 jours, du 31 mars au 10 avril, l'équipe éducative du collège Jean-Lurçat a exercé ce qu'elle estime être son droit de retrait, dans un environnement où absence de mixité sociale et violence banalisée cohabitent au quotidien. Deux mois plus tard, dans un contexte qui n'est pas moins délétère, leur droit de retrait n'a toujours pas été reconnu par les instances académiques. Et leur courrier à la ministre de l'Education nationale est resté sans réponse. Face au "silence", ils publient une lettre ouverte.



Le 10 avril dernier, l'équipe éducative vivait l'avant dernier de ses 11 jours de droit de retrait. Un droit de retrait qui n'a toujours pas été reconnu par les instances académiques.
Le 10 avril dernier, l'équipe éducative vivait l'avant dernier de ses 11 jours de droit de retrait. Un droit de retrait qui n'a toujours pas été reconnu par les instances académiques.
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"Nous, équipe éducative du collège Jean-Lurçat à Angers, avons exercé notre droit de retrait du 31 mars au 10 avril pour rien ! (voir notre article sur le sujet)

Deux mois après, nous sommes abattus mais toujours très en colère et indignés du manque de réponses de l’Education Nationale.

Nous avons effectué un recours gracieux auprès de l’Inspection Académique et du Rectorat de Nantes pour demander encore une fois la reconnaissance de notre droit de retrait et donc de la situation de violence dans laquelle nous tentons d’exercer notre mission.
Ce recours n’a pas abouti et nous nous sommes même vus accusés par le Rectorat de Nantes d’avoir porté préjudice à nos élèves et leurs familles par notre mouvement.

Ce nouveau refus et la teneur de cette réponse n’ont d’autre but que de nous faire culpabiliser (alors que nous sommes déjà affaiblis).

Nous avons alors déposé un recours hiérarchique auprès de notre Ministre, Madame Vallaud Belkacem le 29 mai 2015 et n’avons à ce jour aucune réponse.

Notre droit de retrait n’a jusqu’alors pas été reconnu, mais nous avions légitimement le sentiment d’être en danger grave et imminent.

​"Nous nous sommes battus pour nos élèves, pour leurs conditions d’apprentissage et nos conditions de travail, pour qu’enfin de réelles solutions nous soient données afin de pouvoir enseigner plus sereinement dans notre collège. Qu’avons-nous obtenu ? Rien."

Nous nous sommes battus pour nos élèves, pour leurs conditions d’apprentissage et nos conditions de travail, pour qu’enfin de réelles solutions nous soient données afin de pouvoir enseigner plus sereinement dans notre collège. Qu’avons-nous obtenu ? Rien.

Pas de recrutement d’Assistants d’Education malgré les recommandations de l’Inspection du Travail, et ce alors que nous savons déjà qu’à la rentrée prochaine, un grand nombre d’élèves FLS (Français Langue Seconde) seront présents dans nos classes, notamment en 3e.
Pas de prise en charge des souffrances de l’équipe éducative, contrairement aux recommandations de l’Inspection du Travail, si ce n’est le dédoublement d’une heure de cours pour quelques classes, ce qui s’avère inefficace et déstabilisant pour nos élèves.
Pas de projet pour le collège dans le Plan de Rénovation Urbaine.
Pas de projet pour le collège dans le budget du Conseil départemental.
Pas de réponse sur un possible travail au sujet de la carte scolaire.
Deux longs mois se sont écoulés avant que les fenêtres des salles de classe soient
sécurisées, mais c’est loin d’être suffisant et cela ne règle aucun des problèmes majeurs que nous avons soulevés.

Nous avons repris le travail dans l’espoir qu’au retour des vacances de printemps des réponses concrètes nous soient apportées.
Encore une fois, c’est uniquement sur l’aspect pédagogique que l’on nous a amenés à réfléchir en nous conviant à des entretiens avec les Inspecteurs Pédagogiques Régionaux.
Or, depuis, la situation ne fait que s’empirer et les faits sont de plus en plus inquiétants :
  • Une porte défoncée à coups de pied dès le lundi de la rentrée.
  • Un jet de clous en plein cours.
  • Gommes, élastiques jetés contre des professeurs en plein cours.
  • Des insultes envers des professeurs et assistants d’éducation dans et aux abords de 
l’établissement.
  • Des menaces et des provocations à l’encontre des professeurs et des assistants 
d’éducation.
  • Des jets de cailloux contre la chef d’établissement et un professeur.
  • Des violences verbales et physiques entre les élèves dans et aux abords de l’établissement.
  • Des élèves qui attaquent des lycéens avec des bâtons cloutés.
  • Un couteau introduit dans l’établissement.
  • Des élèves exclus qui s’introduisent dans l’établissement.
  • Des intrusions d’élèves et d’autres jeunes non scolarisés au collège, dans le lycée et sur les 
installations sportives.

​Une élève du lycée s’est faite agresser par un élève d’un autre collège, cela s’est soldé par un nez cassé. Des conseils de discipline et des exclusions ont été prononcés mais n’ont eu aucun effet sur les autres élèves qui semblent se sentir en totale impunité.
"Comment est-ce possible de ne pas réagir concrètement et rapidement pour nous aider à retrouver une situation normale d’apprentissage ? Quand se penchera-t-on réellement sur la question de la mixité sociale qui n’existe plus dans notre établissement ? Quelles solutions pouvons-nous encore espérer lorsqu’après 11 jours de droit de retrait, la seule réponse que l’on nous donne est le silence ?"

Cette atmosphère violente a entraîné plusieurs membres de l’équipe à ne plus être en mesure d’enseigner et être placés en arrêt maladie, et ce alors même que la prise en charge de la souffrance de l’équipe pédagogique était une préconisation du rapport de l’Inspection du travail.

La situation du quartier n’est toujours pas apaisée non plus et les élèves du lycée Mounier ne se sentent eux-mêmes plus en sécurité dans la cité scolaire. Des demandes de dérogation ont déjà été déposées pour changer d’établissement à la rentrée prochaine. Les enseignants du lycée ont d’ailleurs reçu, de la part de leur proviseur, M. El Bahri -par ailleurs adjoint au maire d'Angers à l'éducation NDLR- (voir sa Tribune du Lundi concernant cette question), un courrier évoquant les problèmes de sécurité aux abords de la cité scolaire.

Comment est-ce possible de reconnaître cette situation d’insécurité et de violence aux abords du lycée sans reconnaître la légitimité de notre droit de retrait déposé au mois d’avril ? Comment est-ce possible de ne pas réagir concrètement et rapidement pour nous aider à retrouver une situation normale d’apprentissage ? Quand se penchera-t-on réellement sur la question de la mixité sociale qui n’existe plus dans notre établissement ? Quelles solutions pouvons-nous encore espérer lorsqu’après 11 jours de droit de retrait, la seule réponse que l’on nous donne est le silence ?"

L'équipe éducative invite tous les volontaires à se réunir devant le collège le mardi 16 juin pour un rassemblement de soutien autour d'un nouveau pique-nique géant sur le parvis du collège. 









1.Posté par Marc Gicquel le 11/06/2015 10:44 | Alerter
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et sur le pont, on parle, on pérore tandis que, dans la soute, les enseignants et les autres personnels de l'Education Nationale rament, triment…les "gens de là haut" sont vraiment dans un autre monde…que font-ils de notre pays ?

2.Posté par seigneur gh. le 11/06/2015 13:36 | Alerter
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C'est inadmissible de fuir ses responsabilités à tous les niveaux de l'éducation nationale et de ne pas reconnaître le grave problème de ce collège ! Qu'attend-on ? des suicides de professeurs, des morts...? Arrêtons de faire du social et respectons les élèves et les professeurs qui ont à coeur de poursuivre leurs études ou d'enseigner avec foi et conviction !








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