L'Armée du crime, ou lorsque le crime devient une juste cause.


Rédigé par Option Cinéma Lycée Renoir - Angers, le Mercredi 21 Octobre 2009 à 17:44


Lors de l'occupation nazie, à Paris, le poète arménien Missak Manouchian prend la tête d'un groupe résistant composé de Juifs et de communistes de tous pays, unis dans le désir de libérer la France.



L'Armée du crime, ou lorsque le crime devient une juste cause.
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"L'Armée du crime" est un film très fort car bien qu'il nous raconte une histoire qui s'est déroulée lors de l'occupation nazie, il soulève de nombreux problèmes actuels dont ceux de l'état policier et du racisme. En effet, ce film nous présente la vie d'un jeune poète arménien et communiste du nom de Missak Manouchian, qui décide de prendre les armes contre le nazisme. Il prend alors la tête d'un groupe de Juifs étrangers, déterminés à risquer leur vie pour sauver la France.

Il est très important de rappeler, comme le fait Robert Guédiguian, que beaucoup d'étrangers ont résisté et sont morts pour sauver notre pays et que ceux-ci méritent tout notre respect, car nombreux étaient les Français à ne pas résister. C'est ce deuxième point qui est souligné dans "l'Armée du crime" et qui fait l'originalité de ce film. Robert Guédiguian a voulu, contrairement aux autres films se situant à la même période, parler davantage de la police française que de la Gestapo allemande. Nous ne voyons d'ailleurs que très peu d'Allemands dans ce film, et les rares que nous apercevons nous paraissent plutôt joyeux et sympathiques, tandis que la police française est dépeinte de façon très sombre : elle collabore, elle encourage la délation, elle torture et c'est même elle qui invente le système du port de l'étoile jaune pour les Juifs.

Bien entendu, ce film n'est pas a proprement parler un film historique, car Robert Guédiguian l'aborde avec un certain point de vue, et, comme il le dit lui-même à la fin de son film, il n'a pas respecté l'ordre chronologique des attentats afin de pouvoir quelque peu romancer l'histoire et approfondir la personnalité de ses personnages, qu'il met d'ailleurs beaucoup de temps à nous présenter. Refusant toute effusion de sang et barbarie inutile, le réalisateur de Marius et Jeannette nous livre un film certes violent mais très sentimental dans lequel les relations entre personnages, qu'elles soient amoureuses ou familiales, sont difficiles du fait de la vie en clandestinité qui est imposée aux personnages. Leurs émotions nous sont transmises avec une incroyable authenticité grâce au jeu de ce casting composé de jeunes comédiens exceptionnels. Nous retiendrons surtout les formidables prestations de Robinson Stevenin, qui interprète Marcel Rayman, et de Virginie Ledoyen, qui interprète Mélinée.

Malgré une présentation des personnages peut-être un peu trop longue et une toile historique peu approfondie, Robert Guédiguian réussit tout de même avec brio le pari de faire un film engagé sur la résistance durant l'occupation allemande sans pour autant tomber dans une débauche de torture et de violence comme ce pût être le cas pour certains films traitant du même sujet. Une chose est sûre, ce grand réalisateur n'a pas encore fini de nous époustoufler et de nous prendre à contre-pied avec son style romanesque et dramatique.



Antoine.











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