L’Hôtel d’Anjou à l’ère de Booking et Airbnb


Rédigé par Patrick TOUCHAIS - Angers, le 23/05/2017 - 07:30 / modifié le 22/05/2017 - 22:51


Du haut de ses 160 ans, l’établissement patrimonial de la cité angevine, n’en est pas moins une entreprise comme les autres, qui doit composer avec son époque.



Nathalie Busson, directrice, à l’accueil de l’hôtel très art-déco : « Chaque année, nous investissons entre 40 et 50 000 € en rénovation ».
Nathalie Busson, directrice, à l’accueil de l’hôtel très art-déco : « Chaque année, nous investissons entre 40 et 50 000 € en rénovation ».
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« Un lieu singulier ». C’est ce que cherchaient Patrice Pochard et Joël Gardel, deux chefs d’entreprise du numérique et de l’informatique, en quête d’un investissement dans l’hôtellerie au début des années 2010. « Ils sont bien tombés. Ici, il y a une histoire », sourit Nathalie Busson, à qui les deux propriétaires ont confié la direction de l’Hôtel d’Anjou en 2014, quelques mois après l’acquisition.

Construit au temps où les calèches empruntaient le boulevard de Saumur (rebaptisé bd Foch en 1918), l’hôtel-restaurant a fêté ses 160 ans ce 12 avril. L’imposant bâtiment, à l’angle du bd Foch et de la place Lorraine, a su passer à travers les époques, et réussi à conserver son nom et son activité originelle, tout en subissant de nombreuses modifications. A sa construction, il ne comptait que deux étages, contre trois depuis 1913, puis l’époque art-déco passa par-là et Isidore Odorico orna la « salle des fêtes » de mosaïques.

Dans les années 30, l’établissement se dota d’un des tous premiers parkings pour accompagner le développement de l’automobile. Tout au long de sa vie, il connut de nombreuses restaurations lui permettant de conserver une clientèle plutôt aisée. Et ça continue. « Depuis la reprise, on a changé toute la literie, repoli les parquets, les marbres. Dans un tel bâtiment, on ne sait jamais ce qu’on va découvrir quand on enlève des placos », raconte Nathalie Busson. Un plan de rénovation a été ainsi échafaudé sur 5 ans, à raison de 40 à 50 000 € par an. « D’ici 2 à 3 ans, on va réaménager la terrasse, et axer les investissements vers le bien-être. Aujourd’hui, les clients vous demandent si vous avez un spa, une salle de sports, même s’ils ne l’utilisent pas… »
Airbnb ? "On ne peut pas s’y opposer, mais on demande simplement que ce soit encadré. Nous, on paie des charges, on crée de l’emploi"
Affilié à la chaine hôtelière américaine Best Western depuis 1979, l’Hôtel d’Anjou – qui affiche 4 étoiles – accueille dans ses 53 chambres une large clientèle étrangère, mais aussi familiale, sans oublier quelques cyclistes de la Loire à vélo. En semaine, il s’agit surtout d’une clientèle d’affaires ; des congressistes notamment. « Sans oublier les artistes », ajoute la directrice, en présentant les signatures des livres d’or : « Michel Galabru, Michel Bouquet, Renaud, Barbara Hendricks… ».

Au final l’établissement dénombre quelque 40 000 personnes par an, entre l’hôtel et le restaurant : La Salamandre, l’historique gastronomique aujourd’hui piloté par Antoine Guéguen, et plus récemment, le plus abordable Bistrot des artistes. Le tout pour un chiffre d’affaires de 3 M€. « C’est stable. Mais il faut être vigilant. Il y a aussi la concurrence d’Airbnb. On ne peut pas s’y opposer, mais on demande simplement que ce soit encadré. Nous, on paie des charges, on crée de l’emploi », insiste celle qui prend alors sa casquette militante de présidente du Club hôtelier d’Angers. « Le métier a changé. Il faut s’adapter ». Aujourd’hui, il est indispensable d’être présent sur les centrales de réservation comme Booking. La vénérable institution doit désormais composer avec l’ère numérique.

hoteldanjou.fr  - facebook.com/Best-Western-Hotel-dAnjou









1.Posté par Shinji le 23/05/2017 10:57 | Alerter
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Bonjour Mr TOUCHAIS

Il est bon de rappeler dans votre article que Booking.com c'est en moyen 25% de commission sur le prix du séjour et que c'est autant qui part a l'étranger sans payer d’impôt en France, Que la majorité des hôtels sont moins cher en direct (sur leurs sites officiels) ou au minimum propose des conditions plus sympa pour le même prix (petit dej gratuit , surclassement , meilleur chambre, condition de réservation et annulation plus sympa)

Cordialement

2.Posté par Thomas le 23/05/2017 19:18 | Alerter
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Airbnb crée aussi de l'emploi et contribue à la vitalité du tourisme comme nul autre pareil. Ensuite, quant à laisser entendre que le secteur n'est pas réglementé, c'est vraiment se moquer du monde. Les particuliers ne peuvent louer que leur résidence principale dans les zones tendues, et ils doivent déclarer leur activité à la mairie, ces locations sont limités à 120 jours par an, sont soumis à l'impôts (déclaration automatique au Fisc l'année prochaine) et même à la CSG au-delà de 23 000 eu...

3.Posté par Robin le 24/05/2017 10:05 | Alerter
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Création d'emplois, bien sûr mais quel type d'emplois et à quelles conditions ? Investir dans la décoration c'est bien mais qu'en est-il de petites mains qui assurent le standing de l'établissement, tous ceux et toutes celles qui sont dans l'ombre et se plient aux exigences.

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