L'Université d'Angers estime sa situation "injustifiable"


Rédigé par - Angers, le 19/12/2012 - 08:00 / modifié le 19/12/2012 - 00:30


Confrontée à une situation budgétaire critique, l'Université d'Angers vient de prendre connaissance de sa dotation 2013. Le compte n'y est pas pour ses administrateurs. Pire, il condamne, selon eux, "toute perspective de retour à l'équilibre" et rend impossible le vote du budget. Une nouvelle alerte part au ministère.



Jean-Paul Saint-André, le président de l'Université avait déjà tiré la sonnette d'alarme en septembre dernier, en présentant la rentrée.
Jean-Paul Saint-André, le président de l'Université avait déjà tiré la sonnette d'alarme en septembre dernier, en présentant la rentrée.
Les calculs ont été faits et vite analysés. Et pour les administrateurs de l'Université d'Angers, c'est simple, le compte n'y est toujours pas. Suspendus à l'espoir d'un effort conséquent cette année du ministère de l'enseignement supérieur pour l'aider à supporter une situation financière difficile, l'université publique angevine s'est vu accorder un coup de pouce de 2 531 164 € supplémentaire sur sa dotation 2013, par rapport à l'an passé.

Réjouissante en apparence, la nouvelle n'a pas réchauffé longtemps les cœurs du côté de Saint-Serge où, rappelons-le, un plan d'économie portant notamment sur la suppression de 25 postes avait du être adopté l'an passé. La dotation 2013 intègre en effet la valorisation de 35 postes, non ouverts au recrutement, à hauteur de 976 500 €.

Ce complément exceptionnel de dotation déduit, l'université estime que sa dotation récurrente n'a augmenté en réalité que de 1,45%, ce qui la place une nouvelle fois parmi les établissements les moins bien dotés en France. On est loin des 310 poste et 4 à 5 millions d'euros manquants qui caractérisent, selon ses responsables, le contexte de sous-dotation et de sous-encadrement reconnu par le ministère lui-même.

"La négation de nos ambitions"

De fait, le conseil d'administration de l'Université d'Angers qui s'est réuni mardi soir, a signé à l'unanimité (moins une abstention) une lettre ouverte à la ministre de l'enseignement supérieur, Geneviève Fioraso, pour lui faire savoir qu'il n'était pas en mesure de voter son budget 2013. Son déficit prévisionnel s'élève à 2,4 millions d'euros.

Dans cette lettre, en forme de (nouveau) cri d'alerte, pointent, au delà de la déception, une vraie inquiétude et une mise en garde. "Nous, administrateurs de l'Université d'Angers, refusons la négation de nos ambitions par une politique nationale qui affirme des efforts pour le développement de l'enseignement supérieur et de la recherche tout en réduisant les moyens alloués" dénoncent notamment les administrateurs.

Nous "chercherons par tout moyen à faire connaître et reconnaître la situation injustifiable de notre établissement ainsi que la dégradation des conditions de travail et les risques psycho-sociaux auxquels les personnels de l'université se voient de plus en plus exposés. Notre communauté ne demande qu'à être reconnue et à s'impliquer pour l'intérêt commun et le service public."



Journaliste, rédacteur en Chef d'Angers Mag En savoir plus sur cet auteur















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