L’alchimie opère au Plessis-Bourré


Rédigé par Tiphaine CRÉZÉ - Angers, le Dimanche 19 Juin 2016 à 08:00


Construit il y a plus de cinq siècles, le château du Plessis-Bourré à Ecuillé recèle de mystères non encore élucidés. Serez-vous les premiers à percer les secrets de l’alchimiste Jean Bourré ?



Crédit photo : château du Plessis-Bourré.
Crédit photo : château du Plessis-Bourré.
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Ce n’est qu’une petite partie de la serrure, un détail de ferronnier qui éclaire pourtant l’ensemble du château du Plessis-Bourré d’une manière singulière : sur la porte de la salle du Parlement, sous la rosace des bâtisseurs et les armoiries royales, un singe nous regarde. « Le singe est symbole de reconnaissance des alchimistes », décrypte Solène Touchard, médiatrice dans ces murs depuis sept ans. 
Nous voilà donc prévenus : celui qui a conçu ce château appartenait à l’obscure communauté des alchimistes. Il s’agit de Jean Bourré, alors ministre des Finances du roi Louis XI, dont il est proche depuis l’âge de 18 ans. Pour l’époque, le château du Plessis-Bourré est construit en un temps record puisqu’il sort de terre en cinq ans, entre 1468 et 1473. « Il est avant-gardiste puisqu’il est construit comme un château fort de l’extérieur, avec un donjon, des meurtrières,… mais ses grandes ouvertures en font également un château dit de plaisance. Il est annonciateur des constructions de la Renaissance ».

Vieille de plus de cinq siècles, la bâtisse recèle encore de nombreux mystères, dont le singe forgé sur la serrure n’est qu’un échantillon. « Si certains alchimistes étaient en quête de la pierre philosophale, pour d’autres cette dernière représentait davantage une philosophie de vie et c’était là leur vraie quête. Nous ne savons pas quel était l’objectif de l’alchimiste Jean Bourré ».
« Si certains alchimistes étaient en quête de la pierre philosophale, pour d’autres cette dernière représentait davantage une philosophie de vie et c’était là leur vraie quête. Nous ne savons pas quel était l’objectif de l’alchimiste Jean Bourré »

C’est au deuxième étage que les amoureux des symboles se tordent le cou et se torturent le cerveau. Là, s’offre au visiteur un plafond à caissons, merveilleusement conservé puisqu’il fut recouvert d’un faux plafond pendant 150 ans, par une propriétaire choquée par ses peintures. « Elles sont l’expression directe de la pensées de Jean Bourré dont on ne peut se permettre que des interprétations, encore aujourd’hui ».

Sur le plafond, au milieu du bestiaire représenté sur les caissons, on trouve à nouveau des singes. On comprend également ce qui a pu choquer la prude propriétaire : le dessin d’une jeune femme qui urine debout, offrant au regard du spectateur ses parties intimes. « Il s’agit de la Fontaine indécente, sans doute symbole de l’élixir de longue vie ».
D’autres caissons donnent à lire des fables en ancien français, d’où l’on peut dégager de précieuses morales. « Les alchimistes transmettent leur savoir de façon orale ou détournée », précise Solène Touchard, devenue quasiment experte à force de décrire ce plafond. A force, également, de faire visiter le lieu à des alchimistes du XXIe siècle, qui cherchent encore la pierre philosophale. « Il n’existe pas deux interprétations similaires de ce plafond. Certains le lisent de gauche à droite, d’autres en 8, d’autres encore en fer à cheval ».

Mais le château du Plessis-Bourré n’est pas réservé aux décodeurs de signes. Il est une curiosité architecturale et détient en son sein une collection impressionnante d’objets et de mobilier précieux. Comme une cathèdre 100 % d’origine, une impressionnante collection d’éventails ou quatre panneaux en bois sculptés, réalisés par David d’Angers père.
Visiter le château du Plessis-Bourré, c’est aussi marcher sur les pas de Jacques Demy, Bertrand Tavernier ou Philippe de Broca, qui ont chacun choisi un jour ce décor pour tourner leur film. Voilà donc un château qui ne peut pas être vu uniquement par le trou de la serrure.
 
Jusqu’au 15 juillet : de 10 h à 12 h et de 14 h à 18 h (fermeture le mercredi et le jeudi matin) ; Du 16 Juillet au 31 août : de 10 h à 18 h tous les jours. De 5 à 10 €.
www.plessis-bourre.com


Voyager dans le temps

Les 24 et 25 juin, le château revêt ses habits d’époque et accueille un tournoi de chevalerie reconstitué par les Ecuyers de l’Histoire comme au 15e siècle. Les 30 et 31 juillet, faites un bond de quelques siècles avec la reconstitution d’un affrontement entre l’Empire français et la Coalition.












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