L’ambiance de Marseille au Festival d’Anjou

Festival d'Anjou 2013


Rédigé par - Angers, le 04/07/2013 - 09:26 / modifié le 04/07/2013 - 18:25


Alors que la météo s’annonçait un peu plus clémente que la veille, c’est un véritable coup de soleil qui a inondé, l’espace d’un soir, la scène du Plessis- Macé pour la troisième journée du Concours des compagnies du Festival d’Anjou. Avec « le Pays des Galéjeurs », la compagnie Les Carboni a distribué sa joie et sa bonne humeur au public angevin.



L’ambiance de Marseille au Festival d’Anjou
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C’est un peu de soleil qui déboule en Anjou », déclarait Nicolas Briançon en présentant le spectacle de ce mercredi soir au Plessis Macé. Entrant dans la sélection du Concours des compagnies, « Le Pays des Galéjeurs », une adaptation de « Au Pays du soleil », l’opérette marseillaise de Vincent Scotto, n’a pas déçu les 800 spectateurs venus tout spécialement pour se plonger dans cette atmosphère qui fleurait bon le Pastis.

« On est bien ici, entre vous et nous la mer nous sépare », déclarent deux jeunes pécheurs installés sur les cailloux du port de la Joliette, à Marseille. Dès le départ, le ton est donné. On parle beaucoup, on s’échange quelques calembours et on chante aussi, avec l’accent caractéristique de cette grande ville du sud, au point de faire fuir les poissons. « Ça ne va pas les déranger, les poissons n’ont pas d’oreilles », poursuit l’un d’eux.

Dans un style très caricatural, avec des personnages hauts en couleur, les Carboni n’y vont pas avec le dos de la cuillère pour préparer la soupe de poisson avec des coques de moules, « c’est plus économique », ou le civet avec Raspoutine, le chat de la voisine. Ça fait toujours son petit effet auprès d’un public qui n’en perd pas une miette. Miette c'est aussi le nom d'une jeune vendeuse de fleurs, amoureuse de Titin, le fils d'Anaïs, la corpulente patronne du restaurant « La rascasse ».

En 1h40, les Carboni, spécialistes du théâtre forain, déversent des images de Marseille, avec ses us et coutumes, ses blagues connues de tous, mais toujours plaisantes à entendre, sans pratiquement prendre le temps de souffler ou de changer de costume.

Et pour ponctuer le tout, cette troupe qui n’engendre pas la mélancolie, remet au gout du jour des airs de Scotto et Sarvil : « Miette », « la valse à petit pas » ou encore « Zou, un peu d’aïoli », pour redonner vie à l’opérette. Le public adore, au point de fredonner certaines chansons, en même temps que les comédiens. L’interprétation est fraiche, comme les soirées de ce début d’été en Anjou, enthousiaste, joyeuse. Et, en cette période plutôt morose, ça ne nuit pas, bien au contraire.

« Le Pays des Galéjeurs » ç’est frais comme le bon pain et ça déguste grâce à des comédiens bourrés de talents, inventifs et drôles, qui se sortent de toutes les situations, même les plus improbables, comme les trous de mémoire, ou les erreurs de changement de tableau. Et c’est tellement bien fait que l’on se demande si ça ne fait pas partie du spectacle.

Les Carboni semblent prendre plaisir à jouer, communiquant cet enthousiasme au public qui n’a visiblement pas vu le temps passer, en redemandant même à la fin du spectacle. « Une chanson, une chanson », lance-t-il. Comme à Marseille, le spectacle était permanent hier soir, même après le traditionnel salut. « Rendez-nous notre boule de pétanque », disait l’un des comédiens au public pas vraiment pressé de quitter les gradins du Plessis-Macé. « Té, galéjeur, va », aurait-t-il pu répondre.

Avec cette interprétation magistrale, enjouée et captivante, les Carboni disposent d’un sérieux atout pour le prix des compagnies. Nul doute que le choix des deux jurys risque d’être très difficile. Depuis le début de la semaine, chaque interprétation, dans des styles différents les uns des autres, apporte son lot quotidien de bonnes surprises.

Le Concours de compagnies se poursuit :

- Jeudi 4 juillet : « le cercle de craie caucasien », une épopée humaniste de Brecht, interprétée par la compagnie Orten,
- vendredi 5 juillet : « Masques et nez » de la compagnie des Sans Cou.




Yannick Sourisseau
Web Journaliste suivant plus particulièrement les technologies digitales Formateur technologies de... En savoir plus sur cet auteur















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