L'âme d'Angers de Marc Legros : « voir le monde tel qu’il est vécu »


Rédigé par - Angers, le Mercredi 14 Août 2013 à 09:50


Qu’est-ce qui motive Marc Legros, un artiste dont la performance consistait à prêter des appareils photo numériques à une centaine d’Angevins pour que chacun capte son lieu de vie ? L’envie de s’investir dans un projet collectif montrant la ville d’Angers telle qu’elle est, à travers ceux qui la vivent au quotidien. C’est l’objet d’une exposition ouverte depuis le début juillet à la salle Chemellier et au Jardin du Mail.



Marc Legros devant les photos d'Angevins, à la salle Chemellier
Marc Legros devant les photos d'Angevins, à la salle Chemellier
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Faire ressortir l’âme d’un lieu, d’un quartier, d’une ville, d’une entreprise, à ceux qui la composent, qui la font vivre et évoluer », telle était l’ambition de Marc Legros, Angevin d’adoption et artiste dont la performance consistait à transcrire une image de la société à un moment donné. « Faire voir le monde tel qu’il est vécu par chacun de nous », précise l’artiste qui, tel Monsieur Jourdain disait de la prose sans qu'il n'en sût rien, a mené un travail citoyen et sociologique qui pourrait avoir valeur de référence dans les années à venir.

« L’âme d’Angers », c’est ainsi que Marc Legros a décidé de nommer l’exposition ouverte à la salle Chemellier depuis le début juillet, laquelle conclut quatorze années de travail et de relations étroites avec les habitants pour mieux comprendre ce qui les lie à cette ville, dans laquelle certains ont même planté leurs racines. Marc Legros ne serait-il pas l’un des méchants petits martiens du film de Tim Burton, Mars Attack, venu sur terre pour capter l'âme des Angevins ?

Pas le moins du monde. Après plusieurs expériences photographiques et notamment avec les habitants des quartiers de Verneau et de Monplaisir, l’artiste qui se met en retrait par rapport à ceux qu'il a rencontrés parle d’une expérience unique permettant de valoriser et de rapprocher les hommes. « Cette œuvre ne s’adresse pas qu’aux Angevins, elle se veut universelle, car sans nos références, ne sommes nous pas des êtres isolés ? » questionne Marc Legros

Avec cette exposition photographique, Marc Legros, montre les Angevins tels qu’ils sont, simples, enjoués, complexes, passionnés, amoureux, … une galerie de portraits de jeunes ou moins jeunes, avocat, femme de ménage, homme au foyer, médecin, réfugié, étudiant ou gardien d’un équipement public. « Ce qui m’intéresse ce sont les humains et le milieu dans lequel ils vivent, en faisant abstraction de leur profil social et culturel. Ensemble ils ne font qu’une : l’âme de la ville ».


« J’étais convaincu que ça aurait du sens »

Même les asiatiques se sont intéressés à cette performance artistique. Si un lecteur peut traduire, en commentaire ...
Même les asiatiques se sont intéressés à cette performance artistique. Si un lecteur peut traduire, en commentaire ...
Après avoir prêté des appareils photo à cent habitants d’Angers, soigneusement choisis selon des critères dignes d’un institut de sondage, Marc Legros a demandé à chacun de photographier le lieu dans lequel il vit, celui où il se sent bien. À charge de l’artiste de les photographier dans ce lieu, en illustrant d’un mot ce qui les caractérise, le tout cumulé étant censé traduire l’impalpable âme de la ville.

L’exposition se concrétise par une série de clichés dont la réussite artistique est parfois discutable. Mais peu importe, l’auteur a réussi à montrer l’Angevin type, puisqu’il s’agit d’une sélection, dans son univers familier et faire en sorte que chacun puisse s’y reconnaître. Et sur ce plan, c’est plutôt réussi.

Le concept a séduit autant les habitants que les élus qui, a la veille de la campagne électorale qui s’annonce, pourraient trouver dans ce travail des pistes sérieuses pour mieux cerner les électeurs. Mais la politique, ce n’est pas le truc de Marc Legros. Il est surtout heureux d’avoir pu mener à bien un projet pour lequel il avoue avoir eu quelques doutes, des difficultés à en définir les contours. « Au début je ne savais pas très bien où j’allais, mais j’étais convaincu que ça aurait du sens et que les gens que j’ai pu croiser au cours de cette expérience unique seraient contents de se retrouver dans cette exposition alors qu’ils ne se connaissaient pas auparavant », disait-il lors du vernissage, début juillet. Au fond, Marc Legros à peut-être réussi à traduire en image, plus que l’âme des Angevins, la notion de bien vivre ensemble chère à Frédéric Béatse, le maire en place. Pas étonnant alors qu'il apprécie le travail de l'artiste.

En attendant les visiteurs, à part quelques-uns, ne sont pas déçus si l’on en croit les commentaires portés sur le livre d’or de l’exposition. « Merci pour cette idée de faire ressortir l’âme des Angevins. C’est une démarche originale et une vraie expérience collective. Ton aventure est belle et appréciée ». Les visiteurs ne tarissent pas d’éloges pour l’artiste.

Ouverte le 6 juillet, l’exposition fermera ses portes le 1er septembre. Il encore temps d’y passer, pour faire le tour d’Angers, découvrir des lieux inconnus pour certains et peut-être s’identifier à l’un des portraits.

L'âme d'Angers : Jusqu'au 1er septembre, salle Chemellier, tous les jours de 11h à 18h. Entrée libre. Et au jardin du Mail.





Yannick Sourisseau
Web Journaliste suivant plus particulièrement les technologies digitales Formateur technologies de... En savoir plus sur cet auteur








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