L’écologie s’applique au territoire

ENSEIGNEMENT SUPÉRIEUR : LA RECHERCHE ANGEVINE À LA LOUPE #7


Rédigé par Sébastien ROCHARD - Angers, le 06/11/2016 - 12:53 / modifié le 06/11/2016 - 12:53


Composée d’enseignants-chercheurs d’Agrocampus Ouest et de l’Ecole supérieure d’agricultures (ESA), la (petite) unité Paysage et Ecologie travaille à une meilleure appréhension des écosystèmes, à la ville comme à la campagne. C'est le dernier volet de notre dossier consacré à l'enseignement supérieur et la recherche à Angers.



Hervé Daniel, chercheur à Agrocampus Ouest, est l'un des pivots de l'Unité Paysages et Ecologies.
Hervé Daniel, chercheur à Agrocampus Ouest, est l'un des pivots de l'Unité Paysages et Ecologies.
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Ca n’est désormais un secret pour personne : depuis plusieurs années, le territoire angevin s’est positionné comme un spécialiste du domaine du végétal, sous l’égide, notamment, du pôle de compétitivité mondial Végépolys. Une spécificité qui se décline dans les champs économique, industriel, artisanal, touristique, mais également du point de vue de la recherche. Ce qui ne signifie pas que l’ensemble des travaux de recherche académique menés à Angers se résume à alimenter cette fibre.

La preuve, avec une unité conjointe à Agrocampus Ouest et l’Ecole supérieure d’agricultures (ESA), « Paysage et écologie ». Au sein de cette petite unité – une dizaine d’enseignants-chercheurs, techniciens, doctorant et post-doctorant – « nous travaillons sur l’écologie du paysage et la biodiversité (en particulier plantes et oiseaux) dans des espaces semi-naturels », explique Hervé Daniel, enseignant-chercheur à Agrocampus Ouest. « Ce qui nous intéresse par rapport au végétal, ça n’est pas le fonctionnement interne de la plante, mais plutôt les relations avec son environnement, qui lui permettront, ou pas, de se maintenir, de propager… »

Pour faire simple, les membres de l’unité Paysage et écologie ne visent pas tant « de nouvelles découvertes en écologie fondamentale », qu’à « mener une démarche scientifique en lien avec le développement des territoires. » De l’écologie appliquée : voilà pour l’intention. Dans les faits, l’unité mène des projets de recherche ayant trait à la biodiversité en lien avec les activités humaines. Tramix (projet terminé) – « un travail sur contribution de l’agriculture aux continuités écologiques en contexte périurbain » – ou Urbio (« Biodiversité des aires urbaines » qui reprend la thématique de la trame verte et bleu, mais insiste également sur les îlots de chaleur urbain. « Ce sont des sujets très peu abordés dans les villes moyennes », explique Hervé Daniel. Mais qui ont pourtant « une interaction directe sur la végétation ». La dernière année a ainsi permis un suivi de phénologie du lierre, l’une des rares plantes qui fleurit à l’automne. « Les premiers retours montrent que la floraison du lierre en ville intervient 20 jours plus tôt qu’en zone périurbaine : c’est la traduction biologique d’un phénomène physique. » Anecdotique ? Ce serait une erreur de le croire.
"Le premier terrain d’exploration est donc la proximité, comme nous l’avons fait il y a plus de 10 ans au sein du Parc Saint-Nicolas.

« Nous nous attachons à ce que les questions que l’on traite puissent éclairer les décisions qui sont prises », reprend Hervé Daniel. Car l’une des spécificités de l’unité de recherche « Paysage et écologie », c’est son ancrage territorial. Qui n’est pas tant une question de financement – bien que le programme Urbio soit financé par la région des Pays de la Loire – que de conduite de recherche. « On regarde comment les plantes vivent ensemble sur le terrain, ça n’est pas un travail en conditions contrôlées : le premier terrain d’exploration est donc la proximité, comme nous l’avons fait il y a plus de 10 ans au sein du Parc Saint-Nicolas. » 
 

En ville, la végétation colonise aussi de vieux murs, comme ici le polypode (photo Hervé Daniel).
En ville, la végétation colonise aussi de vieux murs, comme ici le polypode (photo Hervé Daniel).
L’intérêt est ensuite de de comparer des villes différentes, « pour compenser le fait que l’on n’ait pas de conditions contrôlées ». Au sein de l’unité, on travaille donc avec des équipes de chercheurs à Nantes, La Roche-sur-Yon ou parfois Rennes. Une collaboration déjà effective qui sera officialisée le 1er janvier 2017 par la création d’une Unité mixte de recherche « Biodiversité, agroécologie et aménagement du territoire » (UMR BAGAP). Un organisme plus « gros » donc, comme c’est la norme actuellement, qui traduit aussi l’ouverture de l’unité à de plus en plus de collaborations extérieures.

Comme dans bon nombre d’autres domaines de recherche, on mise sur la pluridisciplinarité pour éclairer les sujets traités, mais également sur la « science participative », en se rapprochant de la société civile ou d’associations comme la Ligue de protection des oiseaux (LPO). « La première vertu, c’est la mobilisation du plus grand nombre de gens possibles autour de l’observation de la nature. Nous chercheurs somme aussi là pour accompagner un nouveau regard des gestionnaires, des élus, des habitants sur les questions d’écologie, en particulier dans les interfaces ville-campagne », insiste Hervé Daniel.
"Un enjeu est maintenant de progresser dans la compréhension de ce qu’on attend de cette biodiversité, d’en préciser des objectifs escomptés en ville"

Une ambition qui passe par la science participative, mais aussi par la participation des enseignants- chercheurs à des organes de consultation comme les conseils scientifiques de l’Agenda 21 « Biodiversité » d’Angers Loire Métropole. Plus largement, « de nombreuses démarches sont maintenant mises en oeuvre pour favoriser la biodiversité dans les espaces urbains et périurbains et font largement appel à la présence du végétal », expliquait Hervé Daniel dans une « Tribune du lundi » qu’il nous avait accordée (à voir sur le site internet d’Angers Mag).

« Ce végétal peut être une plante cultivée, ornementale, mais cela intègre également de nombreuses autres dimensions : plantes spontanées, espaces verts, pouvant présenter des caractères assez naturels, et il ne faut pas oublier que tout cela constitue des habitats pour de nombreuses autres espèces animales (abeilles, oiseau, etc)… Face à cette diversité, un enjeu est maintenant de progresser dans la compréhension de ce qu’on attend de cette biodiversité, d’en préciser des objectifs escomptés en ville. Et ces questions ne visent pas seulement les décideurs mais aussi chaque habitant. »

L’écologie s’applique au territoire
Biodiversité, un enjeu aussi pour la vigne
L’Esa et Agrocampus participent au programme de reconquête de la biodiversité dans les vignes de saumur-champigny lancé par les vignerons en 2005. Il s’est agi tout d’abord de replanter des haies en bordure des parcelles pour favoriser le développement d’insectes ou d’oiseaux venant nicher dans ces nouveaux fourrés. Des bestioles bien utiles - appelées auxiliaires - qui se nourrissent des ravageurs de la vigne. 20 km de haies ont été plantés en 10 ans. Le travail s’est poursuivi aussi avec le comptage des petites bêtes. Plus de 700 espèces d’arthropodes en tout genre (insectes, araignées...), ainsi que quelque 120 espèces de plantes - propices au développement des auxiliaires - ont été identifiées. L’objectif est de diminuer les traitements, en particulier les insecticides dans les vignes.

Pour en savoir plus : www.saumur-champigny.com/role-de-la-biodiversite  








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