L’écologie urbaine, pour quelles natures en ville ?

LA TRIBUNE DU LUNDI - #TRIBUNEDULUNDI


Rédigé par Hervé DANIEL, enseignant chercheur à Agrocampus Ouest - Angers, le 15/02/2016 - 15:52 / modifié le 16/02/2016 - 15:56


Contribuer au débat public sur le territoire angevin et, à notre niveau, participer à l'indispensable vie des idées, c'est l'objet de [La Tribune du Lundi]. A la veille de l'ouverture du Salon du végétal, Hervé Daniel, chercheur à Agrocampus évoque ici l'écologie urbaine.



"Un enjeu est maintenant de progresser dans la compréhension de ce qu’on attend de cette biodiversité, d’en préciser des objectifs escomptés en ville."
"Un enjeu est maintenant de progresser dans la compréhension de ce qu’on attend de cette biodiversité, d’en préciser des objectifs escomptés en ville."
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Les villes n’ont encore jamais connu un tel développement : elles continuent de s’étendre sur les espaces ruraux, et pour limiter cette extension, elles sont également appelées à se densifier. Parallèlement à ces évolutions, le besoin de nature dans la cité se fait de plus en plus fort, que ce soit les citadins, les décideurs, les gestionnaires. Nous sommes plusieurs chercheurs en écologie, en particulier à Angers, à travailler sur ces questions.
 
De nombreuses démarches sont maintenant mises en œuvre pour favoriser la biodiversité dans les espaces urbains et périurbains et font largement appel à la présence du végétal. Ce végétal peut être une plante cultivée, ornementale, mais cela intègre également de nombreuses autres dimensions : plantes spontanées (ni plantées, ni semées), espaces verts, pouvant présenter des caractères assez naturels (zones humides, boisements…), et il ne faut pas oublier que tout cela constitue des habitats pour de nombreuses autres espèces animales (abeilles, oiseaux…)… Face à cette diversité, un enjeu est maintenant de progresser dans la compréhension de ce qu’on attend de cette biodiversité, d’en préciser des objectifs escomptés en ville. Et ces questions ne visent pas seulement les décideurs mais aussi chaque habitant.
Existe-t-il vraiment des herbes « mauvaises » ? Une plante n’est pas mauvaise en elle-même, et lui attribuer un qualificatif bon ou mauvais, ne peut que renvoyer à des préoccupations bien plus humaines que botaniques !
 
Les débats autour des « mauvaises herbes » en ville peuvent servir d’illustration à cette question : existe-t-il vraiment des herbes « mauvaises » ? En effet, une plante n’est pas mauvaise en elle-même, et lui attribuer un qualificatif bon ou mauvais, ne peut que renvoyer à des préoccupations bien plus humaines que botaniques ! Il faut convenir cependant que le jardinier, qui veut pouvoir récolter quelques salades ou haricots, doit tout de même dépenser beaucoup d’efforts pour empêcher les autres herbes de prendre le dessus dans son jardin, et hésitera beaucoup moins à les qualifier de mauvaises…

La question est donc bien de savoir en quoi une plante peut être mauvaise, ou plus précisément pour quoi ou pour qui ? L’expression de « mauvaise herbe » a son origine en agriculture, pour qualifier les plantes qui empêchent d’atteindre des objectifs de production dans des cultures. Mais ces plantes se retrouvent bien sûr aussi dans des jardins d’ornement ou des parcs ou de nombreux autres espaces urbains, et on est alors tenté d’y transposer cette expression de « mauvaises herbes ». Mais si ce caractère « mauvais » est bien relatif à un objectif, que veut-on alors produire dans un parc urbain ou sur un trottoir ? A l’échelle du gazon ou du parterre, on pourrait être tenté d’y inclure simplement toutes les espèces qu’on ne cherche pas à cultiver à cet endroit. Ainsi, cette graminée semée dans le gazon devient une mauvaise herbe dès qu’elle pousse dans le parterre à côté… Ce n’est plus la plante qui est mauvaise, mais c’est l’expression de notre regard sur le lieu où elle se développe. Et cette distinction devient beaucoup plus délicate quand il s’agit d’espaces en gestion plus extensive. Quand il s’agit d’espaces verts, les intentions portent le plus souvent sur des usages récréatifs et esthétiques, et les considérations agronomiques ne pourront donc suffire à définir ces mauvaises herbes. Des travaux portent alors sur l’étude des facteurs qui peuvent favoriser ou défavoriser leur développement dans des villes comme Angers. Nous avons pu observer ainsi que les plantes forestières ou exotiques ne se développent pas dans les mêmes secteurs du parc Saint Nicolas.
 
Donner une place à la nature, dans la ville… mais aussi pour la ville et ses habitants, se traduit également par des actions à des échelles beaucoup plus larges. Par exemple, les plans locaux d’urbanisme (PLU), comme celui engagé à Angers, doivent dorénavant prendre en compte des trames vertes et bleues. Cela conduit à dépasser un regard seulement centré sur la plante ou l’espace vert, pour réfléchir les composantes de nature sur l’ensemble de l’agglomération urbaine (en intégrant par exemple les conséquences pour la biodiversité de l’isolement ou de la connectivité entre les parcs) et en lien avec l’évolution prévue de la ville pour les prochaines années.

Au-delà d’un « décor vert », la biodiversité rend ainsi de nombreux services aux activités humaines (par exemple atténuation des crues, ou rafraîchissement du climat…). Un programme régional de recherche est conduit (impliquant Agrocampus Ouest, l’ESA, l’IRSTV, ONIRIS, Plante et Cité) pour mieux comprendre ces dynamiques de biodiversité dans les aires urbaines (sur Angers, Nantes et La Roche sur Yon), et en croisant différentes approches (écologie des plantes, oiseaux, abeilles, géographie, climatologie).












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