"L'économie sociale et solidaire peut répondre aux besoins des territoires"

LE RENDEZ-VOUS DE L'ECONOMIE SOCIALE ET SOLIDAIRE (ESS) #1


Rédigé par - Angers, le 06/09/2016 - 07:00 / modifié le 12/11/2016 - 11:09


82 associations, 16 coopératives, des mutuelles, des établissements publics, des laboratoires de recherches... Onze ans après sa création, l'Inter réseau de l'économie sociale et solidaire de l'Anjou (IRESA) poursuit son développement. Directeur de l'Ecocyclerie des Mauges (1), Guillaume Fleury en assure désormais la co-présidence aux côtés du directeur de la Sadel, Patrice Moysan. Avec une volonté affichée : inscrire l'Iresa comme un acteur clef du développement territorial.



Guillaume Fleury, le nouveau co-président de l'Iresa, dirige l'Ecocylerie des Mauges à Saint-Quentin-en-Mauges.
Guillaume Fleury, le nouveau co-président de l'Iresa, dirige l'Ecocylerie des Mauges à Saint-Quentin-en-Mauges.
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Quelle volonté motive votre arrivée à la co-présidence de l'Iresa ? 

"J'y suis arrivé plutôt par la porte "développement économique" avec cette question simple : comment l'économie sociale et solidaire sur le département peut-être un acteur fort de la construction économique du territoire ? Autour de cette question, on a crée au sein de l'Iresa une commission il y a quelques années qui a organisé un certain nombre de démarches et de manifestations sur le département. La volonté, c'est de développer encore un peu plus ce secteur là, en se positionnant au plus près des besoins des territoires et en se disant que l'économie sociale et solidaire peut apporter des réponses là où le modèle économique classique n'offre plus forcément la meilleure réponse."

L'économie sociale et solidaire a fait l'objet d'une loi, elle est aussi centre de nombreux débats politiques et économiques. Pourtant, on a le sentiment que le terme ne parle pas encore aux citoyens. Quelle en est votre propre définition ?

"La première réponse que je donne souvent, c'est la capacité de redistribuer l'économie sur son territoire. L'intérêt que je vois, ce n'est pas de rentrer par une logique de statut -qu'il y ait de l'économie sociale et solidaire ou pas-, mais plutôt de se demander comment contribuer au développement d'activités sur le territoire, en réinjectant toujours l'argent généré pour les personnes et pour l'activité. Ce qu'on rappelle souvent, c'est que c'est 15% de l'emploi en Pays-de-la-Loire. Il nous faut continuer à le valoriser et communiquer un peu plus sur son intérêt."

Du travail de communication principalement ?

"Oui, mais la logique pour nous, ce n'est pas tant qu'elle soit grand public que d'intervenir auprès de jeunes qui se demandent ce qu'ils peuvent faire demain, et d'accompagner des créateurs d'activités sur des logiques qui ne sont pas celles dont on entend forcément parler à l'école tous les jours. Sensibiliser les étudiants donc, à travers le jeu du biscuit, un jeu que l'on a développé pour découvrir l'économie sociale et solidaire à travers la création d'une entreprise en collectif. Et puis notre volonté, c'est d'être proche des personnes qui montent des projets ou des territoires qui ont du mal à répondre à des problématiques sur les questions de l'emploi ou du développement. La force de l'Iresa, c'est qu'elle représente plus de 100 structures adhérentes sur le département que l'on peut mettre en réseau."

Quels territoires visez-vous en particulier ?

"Globalement, tous ceux qui se regroupent nous intéressent. Il y a des projets sur le Choletais et les Mauges, le Saumurois, le Segréen... sur des problématiques auxquelles on peut répondre, y compris sur la transmission d'entreprise, pour laquelle on n'a pas forcément le réflexe de venir nous voir. On est présent depuis deux ans au sein du Comité d'expansion économique de Maine-et-Loire."
"On doit toujours se battre pour faire comprendre qu'on ne peut pas couper du jour au lendemain certains financements publics, sans réfléchir aux conséquences.
Il est facilement reproché à l'ESS, sa dépendance aux fonds publics. Qu'en pensez-vous dans un temps où précisément ces fonds se raréfient ?

"Oui, c'est un enjeu fort que ce débat. Je ne peux pas dire que c'est tout blanc ou tout noir. Il y a sans doute un certain nombre de structures qui ont à s'interroger sur leur modèle économique, en se disant qu'elles ont vécu pendant un moment sur des subventions de fonctionnement qui ne peuvent plus perdurer. A l'Ecocyclerie des Mauges, la logique a toujours été d'avoir le moins possible de part de financement public mais d'affirmer un modèle qui fonctionne de lui-même. La question à l'inverse, quand on voit un certain nombre de subventions baisser brutalement pour des activités qui méritent le financement public mais qui ne sont pas solvables en tant que telles, c'est de savoir s'il faut reporter la charge à travers l'impôt ou sur le bénéficiaire qui selon ses moyens, pourra y accéder ou pas. Ce sont d'autres questions."

Par la force des choses, ces questions doivent être particulièrement prégnantes aujourd'hui ?

"On doit toujours se battre pour faire comprendre qu'on ne peut pas couper du jour au lendemain certains financements publics, sans réfléchir aux conséquences. Après, il y a des fonctionnements historiques qui ne sont pas toujours simples à remettre en question."

Comment se passent vos relations avec le monde économique "classique" ? Ressentez-vous de la défiance ?

"Cette défiance peut s'appréhender dans les deux sens. On est reconnu aujourd'hui comme pôle territorial de coopération économique dans une logique de développement local basé sur un partenariat économie sociale-économie classique. On fait de plus en plus de liens avec les chambres consulaires -Commerce et Industrie, Métiers, Agriculture-, on se découvre alors qu'on n'avait plutôt tendance à marcher les uns à côté des autres... On réfléchit ensemble à l'appel d'une collectivité et avec le Secours Catholique sur la mise en place de multi-services en milieu rural pour voir quelle forme ça peut prendre et si cela peut se modéliser sur un territoire. Et ce dialogue est plutôt riche. On réfléchit aussi ensemble sur les questions de groupements d'employeurs, de groupements d'achats, de locaux partagés..."

Si on prend un peu de hauteur, comment se porte l'économie sociale et solidaire en Anjou, par rapport à d'autres territoires ?

"C'est difficile de comparer. Mais on a ici une richesse, une logique de coopération importantes. Les dynamiques ne sont pas les mêmes à travers la région Pays-de-la-Loire, mais c'est ce qui est intéressant, il n'y a pas de modèle. Nous essayons nous d'avoir un rayonnement à l'échelle du département avec une logique coopérative et collaborative, à l'image des petits déjeuners d'affaires sur la zone choletaise. On était 30 au début de l'été, ça fonctionne tout de suite, on prend des adresses, on apprend à se connaître. Des locaux partagés, des groupements d'employeurs, des groupements d'achats, ce sont des projets qui rentrent dans la même logique."

"L'économie sociale et solidaire peut répondre aux besoins des territoires"
​Angers Mag s’engage
Depuis plus de 10 ans, l’IRESA (Inter Reseau de l’Économie Sociale et solidaire de l’Anjou) travaille à la promotion en Maine-et-Loire, d’une économie locale qui cherche à concilier du mieux possible, performances économiques et intérêt général. En France, les acteurs de l’ESS représenteraient plus de 200 000 entreprises, 2,38 millions de salariés et près de 10% du Produit Intérieur Brut. Dans un monde en pleine mutation, ils forment surtout les particules en mouvement d’un immense champ d’expérimentations économiques et sociales où priment l’humain et le travail collaboratif.
Depuis sa création, Angers Mag a toujours veillé à leur accordé une grande attention. En adhérant à l’IRESA, nous avons aussi voulu nous impliquer concrètement à leurs côtés et souhaitons aujourd’hui accentuer cet engagement : chaque numéro du magazine Angers Mag vous proposera désormais un rendez-vous officiel avec l’économie sociale et solidaire de l’Anjou. Entreprises, projets, initiatives collaboratives, chaque sujet sera prolongé et enrichi sur le site www.angersmag.info pour donner mieux à voir encore la réalité vivante de l’économie sociale et solidaire.
 
Plus d’infos : iresa.org




Journaliste, rédacteur en Chef d'Angers Mag En savoir plus sur cet auteur




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