L'écotaxe mobilise aussi les agriculteurs et horticulteurs angevins


Rédigé par - Angers, le 22/10/2013 - 21:58 / modifié le 22/10/2013 - 22:01


A l'appel de leurs deux principaux syndicats, des agriculteurs ont manifesté mardi dans toute la France contre la mise en œuvre de l'écotaxe. En Maine-et-Loire, les horticulteurs étaient à leurs côtés à Cholet, pour pointer les risques que fait peser, selon eux, cette nouvelle taxe sur leur filière.



Gaby Tricoire, Claudine Oger et Pascal Levavasseur représentaient la filère horticole de Maine-et-Loire et ornementale mardi matin à Cholet.
Gaby Tricoire, Claudine Oger et Pascal Levavasseur représentaient la filère horticole de Maine-et-Loire et ornementale mardi matin à Cholet.
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Les milliers d'automobilistes qui empruntent chaque jour la nationale 249 entre Nantes et Cholet le savent désormais clairement : les agriculteurs de Maine-et-Loire ne veulent pas (eux non plus) de l'écotaxe, cette nouvelle taxation sur le transport, censée s'appliquer aux poids-lourds de plus de 3,5 tonnes à partir du 1er janvier prochain.

Mardi matin, à l'appel de la FDSEA et des Jeunes Agriculteurs, une trentaine d'entre eux ont provoqué un important ralentissement dans le sens Nantes-Cholet, en se réunissant sur cette 2X2 voies. Pas n'importe où, à hauteur du portique de contrôle installé juste en amont de l'agglomération choletaise, en prévision précisément de la mise en place de la taxe.

"C'est le seul portique "écotaxe" du département" justifie Emmanuel Lachaize, le secrétaire général de la FDSEA, venu avec un objectif bien précis : recouvrir l'équipement en question d'une bâche signifiant l'opposition de son syndicat à la mise en œuvre de cette taxe qui ne s'appliquera que sur les autoroutes non payantes, les routes nationales et certaines départementales.

Son principal argument ? La "distorsion de concurrence" que risque d'accentuer, selon lui, cette mesure entre les productions agricoles françaises et celles de nos pays voisins. Et de citer l'exemple d'un poulet dont l'élevage depuis l'arrivée des poussins jusqu'à leur départ pour l'abattage, en passant par la fourniture d'aliments, nécessite de facto quelques allers-retours vers les exploitations. Et donc autant de passages potentiels sous les portiques.

S'ils ne sont pas directement concernés par la taxe, les producteurs craignent surtout d'en être victime par ricochet, via le surcoût qu'elle engendrera chez les intermédiaires de leurs filières (grossistes, coopératives et entreprises agro-alimentaires). Emmanuel Lachaize cite les estimations que plusieurs d'entre eux ont effectuées : "Terrana : 7 millions d'euros; Cooperl : 8 millions; LDC : 11 millions. On nous parle de compétitivité d'un côté et on alourdit les charges de l'autre."

La filière horticole "en danger"

Patron des pépinières Levavasseur à Brain-sur-l'Authion (2,5M€ de chiffre d'affaires, 45 salariés), Pascal Levavasseur ne dit pas autre chose. Lui est venu à Cholet avec une double casquette, celle de patron d'entreprise et celle de président de l'Association régionale de la filière horticole et ornementale des Pays-de-la-Loire.

Pour son entreprise, il a fait lui aussi ses calculs : "40 000€ de surcoût à l'année si l'écotaxe est appliquée". Pour la filière, il y voit une pénalisation supplémentaire alors même que celle-ci souffre déjà durement face à la concurrence étrangère. "Il y a eu les phénomènes climatiques, l'annonce d'une nouvelle hausse de la TVA, l'écotaxe..., énumère-t-il, Mais il faut surtout se rappeler qu'en terme de distribution, nos concurrents néerlandais se trouvent à 300 kms des trois gros bassins de consommation européens (Londres, Paris et le Ruhr) avec un avantage certain qu'on agrandit encore avec ce type de mesure."

"Ça nous plombe"
peste Claudine Oger, productrice à Tiercé et présidente de l'Union horticole de l'Anjou : "On veut nous encourager aux circuits courts, mais on ne peut pas se contenter de ça pour faire vivre une entreprise." Et tous deux de craindre pour l'avenir de leur filière, ses quelques 250 entreprises et 2300 ETP (équivalents temps plein) sur le Maine-et-Loire.

"Quelles banques vont accepter de suivre des entreprises qui se fragilisent ?, interroge Pascal Levavasseur, Je ne suis pas loin de penser qu'on est peut-être à la veille de ce que vit la Bretagne avec l'agro-alimentaire."




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1.Posté par Polyanna le 23/10/2013 10:14 | Alerter
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Et si toute l'énergie que met la FDSEA à protester contre l'écotaxe était plutôt mise à accompagner et encourager la transition énergétique qui est devenue inévitable, dans le milieu agricole comme partout ailleurs ?








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