L’escargot : roi de la fête et plaisir des gastronomes


Rédigé par - Angers, le 01/08/2011 - 08:20 / modifié le 01/08/2011 - 16:35


Fin juillet, depuis 52 ans, il ne fait pas bon être un escargot dans le petit village de Vauchrétien, au sud d’Angers. Chaque année, lors de l’incontournable « foire aux lumas », les gastronomes venus parfois de très loin engloutissement plusieurs milliers de douzaine de ce mollusque préparé au beurre d'Anjou.



Attention, chaud devant, les escagots sortent du four
Attention, chaud devant, les escagots sortent du four
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Helix aspersa aspersa, de son vrai nom, le Petit-gris, dit localement « luma », est un escargot extrêmement répandu en Maine et Loire. Dès les premières pluies venues, notamment au printemps, il sort des fourrés pour dévorer tous les végétaux qu’il croise, au point d’en faire l’ennemi juré des jardiniers. Certains l’empoisonne, d’autre le consomme, c’est d’ailleurs un met très recherché des gastronomes, pour peu qu’il soit accommodé avec une noix de beurre persillé. Les bons restaurants angevins s’en sont fait une spécialité, tout comme la « foire aux lumas », laquelle a lieu, chaque année, depuis 52 ans sur la petite commune viticole de Vauchrétien.

La foire aux « lumas » de Vauchrétien, l’un des plus gros événements du département, avec ses 20 000 visiteurs en deux jours, est devenue incontournable pour qui aime déguster ces gastéropodes accompagnés d’un bon verre de vin moelleux des coteaux de l’Aubance, la petite rivière qui traverse le village. Pendant ces folles journées, où il ne fait pas bon être escargot, les gastronomes qui se déplacent de tout le département, mais parfois de beaucoup plus loin en engloutissent environ 100 000, le plus souvent sous une chaleur torride. Mais quand on aime …

Mais ces escargots ne sont plus prélevés dans la nature environnante pour éviter de détruire l’espèce, la collecte locale étant par ailleurs règlementée, mais plutôt dans des élevages spécialisés susceptibles d’approvisionner en quantité suffisante les organisateurs. Les petits gris angevins peuvent donc dormir sur leurs cornes, ils ne seront pas inquiétés.

C’est en 1959 que le prêtre de la petite commune de Vauchrétien, l’abbé Fadheuil, eu l’idée de faire déguster quelques escargots cueillis dans le vignoble voisin, lors de la kermesse des écoles. Associé à du beurre d’Anjou, ce met sera préparé par la mère Céleste, ancêtre du village, cuisinière avertie mais aussi fin palais. Sa recette originale et inimitable, aussi jalousement gardée que celle du Coca-Cola, s’est perpétuée au fil des ans. C’est ce qui fait le charme de cette grande fête populaire qui n'a pas pris une ride.

Et cela fait cinquante deux ans que ça dure, la dernière édition avait lieu ce week-end, et le succès ne se dément pas comme le précise Jean Sébastien DESHAIS, président du comité des fêtes de Vauchrétien et responsable des 220 bénévoles qui encadrent l’événement : « Le mois de juillet était pourri, aujourd’hui il fait très beau, comme toujours à la foire aux lumas, alors les gens sortent (NDLR : comme les escargots après la pluie …). Puis, ce sont les vacances. Mais le succès de cette fête est dû en grande partie à son coté familial et convivial. « C’est une fête très populaire. L’entrée est gratuite, les repas ne sont pas chers (6 à 10 €) et les animations intéressent les visiteurs ». Cette année, outre la traditionnelle dégustation d’escargots, la fête était placée sous le thème du Far West, avec démonstrations équestres et danses country.

L’autre gros succès de la foire aux lumas, en plus de l’exposition commerciale, c’est son vide grenier qui est passé cette année à 350 exposants (200 les années précédentes). Malgré le soleil et le manque d’ombre il y avait foule dans les allées pour chiner et récupérer tout ce dont certains se débarrassent à des prix défiant toute concurrence. « Compte tenu du temps de juillet, beaucoup de vides greniers n’ont pas connu le succès escompté. Nous récupérons donc ici tous ceux qui n’ont pas pu exposer ailleurs », commente Jean Sébastien DESHAIS, plutôt ravi.

La foire aux lumas, organisée habituellement au centre du village, était installée pour la seconde année consécutive en extérieur, sur le terrain bordant la salle de sports. « L’an dernier tout le monde n’était pas d’accord, notamment les anciens, pour lesquels c’était une tradition. Mais ici nous avons plus de 7 hectares et moins de risques pour les riverains ».

La fête s’est terminée dimanche soir avec, pour la première fois, un spectacle pyrotechnique. « C’est une nouveauté, toutes les grandes fêtes se terminent par un feu d’artifice. C’est un plus qui permet de faire revenir le public le dimanche soir », conclut l’organisateur, lequel ajoutait qu’avec un budget de 45 K€, l’essentiel de la recette est assuré par la restauration et les boissons. L’autre innovation c’est le site web dont se sont dotés les organisateurs et qui permet désormais de faire connaître cette fête bien au-delà des frontières de l’Anjou. Pour en savoir plus : www.foire-aux-lumas.com





Yannick Sourisseau
Web Journaliste suivant plus particulièrement les technologies digitales Formateur technologies de... En savoir plus sur cet auteur















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