L'extravagant voyage du jeune et prodigieux T.S Spivet.


Rédigé par cinéma-audiovisuel Lycée Renoir - Angers, le Dimanche 3 Novembre 2013 à 22:40


Une histoire attachante, haute en couleurs, ponctuée de touches de poésie, c'est bien à un extravagant voyage que nous convie Jean-Pierre Jeunet.



La famille Spivet dans  son ranch du Montana . © Epithete Films - Tapioce Films - Filmarto - Gaumont - France 2 Cinéma
La famille Spivet dans son ranch du Montana . © Epithete Films - Tapioce Films - Filmarto - Gaumont - France 2 Cinéma
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L'extravagant voyage du jeune et prodigieux T.S Spivet (vu en version 2D) est l'adaptation du roman du même nom écrit par L'américain Reif Larsen. Le jeune TS Spivet (Kyle Catlett) vit dans la campagne reculée du Montana avec sa sœur (Niamh Wilson), son frère (Jakob Davies) et ses parents (Helena Bonham Carter et Callum Keith Rennie). Jeune prodige il invente la très convoitée machine à mouvement perpétuel. Il remporte le grand prix Baird du Smithsonian à Washington DC. Il part récupérer son prix à Washington sans prévenir sa famille et traverse donc les Etats-Unis seul, tout en ayant fait croire au Smithsonian qu'il était adulte.

Après sa dernière comédie, Micmacs à tire-larigot (2009), Jean-Pierre Jeunet nous offre ici un film d’aventure. La signature de Jeunet est toujours aussi présente par ses images très contrastées. On retrouve aussi une galerie de personnages atypiques, tel le routier tatoué au grand cœur et le S.D.F nostalgique et humaniste. L'aspect graphique est, une fois encore, très abouti. L'univers familier de Spivet, c'est-à-dire les grands espaces, est sublimé par l'étalonnage de couleurs orienté vers des tons chauds, jaune orangé. Les adultes citadins qui gravitent autour du jeune prodige son,t eux, au contraire, dépourvus de couleurs chaudes, ainsi, leur étroitesse d’esprit et leur absence de sensibilité se trouvent mises à nu.

Cette histoire est un roman initiatique, T.S parcourt les États-Unis et se voit confronté aux réalités du monde. Le voyage de T.S n'est pas sans rappeler celui d'Arthur et des Minimoys de Luc Besson, le regard critique sur notre société contemporaine en plus. Spivet découvre le contraste entre la pauvreté et la misère sociale en périphérie de la ville et la richesse du quartier des affaires. Jeunet adopte le point de vue de l’enfant sur le monde adulte et, par ce regard neuf et innocent, il critique celui-ci. Ainsi, les médias sont montrés comme manipulateurs car T.S sert de pantin une fois qu’il a remporté son prix. De même, le drame qui, dans l'histoire, fait basculer la vie de la famille, relance la très polémique question du port d'arme aux États-Unis. T.S ressort grandit de cette aventure et adresse au spectateur un signe d'espoir.

Jeunet dépeint une famille originale, unie malgré des passions et des personnalités différentes. Le split screen qu'il utilise pour présenter les parents de Spivet met en avant leurs caractères opposés. Sa mère entomologiste passionnée s’isole dans son monde entouré d’insectes, alors que son père s’enferme dans son rôle de cow-boy d’un autre temps. Cette idée d’opposition est omniprésente dans ce film. Le monde rural (rustique) contraste avec le monde urbain (moderne). L’histoire semble figée entre deux époques, la nôtre et celle de la conquête de l'Ouest. Cette rupture est marquée par des touches de musique western dans la bande originale. Il en découle une certaine nostalgie, incarnée à l'image par le père.

Le prodigieux Jeunet avec son extravagante histoire réussit une fois de plus à fédérer le plus grand nombre en réalisant un film familial.

Martin.












Angers Mag