L’hommage à Jean-Claude Brialy, « l’enchanteur »


Rédigé par La rédaction d'Angers Mag - Angers, le Samedi 20 Mai 2017 à 08:00


Dix ans après sa disparition, le Maine-et-Loire rend hommage au comédien qui relança le festival d'Anjou à la fin des années 80. Et dont la mémoire continue d’habiter chaque printemps théâtral angevin. Son histoire avec le festival et l'Anjou s'expose jusqu'au 1er juillet à l'Hôtel du Département.



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Une présence ou une absence ? Un souffle, préféreraient sans doute entendre les acteurs du festival d’Anjou qui ont côtoyé de près Jean-Claude Brialy, tant le comédien continue d'habiter l'histoire, les sites et les protagonistes de l'événement théâtral angevin. Un événement qu'il dirigea de 1985 à 2001. 

A un mois de l'ouverture de la 68e édition (12 juin-1er juillet), le Département de Maine-et-Loire et l'EPCC Anjou-Théâtre, la structure qui porte l'organisation du festival, ont ouvert vendredi l'hommage qu'ils ont choisi de lui rendre sous la forme d'un vernissage, au nouveau siège du Département, 48 B boulevard Foch. Jusqu'au 1er juillet, une exposition, scénographiée par Pascal Proust et intitulée « Jean-Claude Brialy, l’enchanteur », y traite des rapports que l'acteur a entretenu avec l'Anjou.

Pensée avec les Archives Départementales et l’association « Les amis de Jean-Claude Brialy » que préside Bruno Finck, son compagnon, elle met en scène des affiches, des objets (dont le César du meilleur second rôle qu'il remporta en 1988 pour "Les Innocents" d'André Téchiné), des lettres, des tableaux et de nombreuses photos lui ayant appartenu. Le tout autour d'une vaste table blanche, symbole, selon les mots du président du Conseil départemental Christian Gillet, de l'esprit de "convivialité" qu'incarnait l'artiste.

Depuis le lycée David d’Angers où il connut ses premiers émois théâtraux, jusqu’au village de Chambellay, décor des « plus beaux moments de son enfance », où il racheta la maison de ses grands-parents, Jean-Claude Brialy avait un cœur en Anjou. Et aimait à le faire battre, en s’extrayant –jamais trop longtemps, il est vrai- de la vie parisienne qu’il aimait beaucoup aussi. 
 
Expos, créations, projections, site internet...

Si son esprit infuse encore le festival, c’est que son successeur, Nicolas Briançon, qui fut son assistant, s’est aussi inscrit dans ses pas. Entre les deux, la filiation relève de l’évidence. Le goût pour la comédie, bien sûr. La passion du verbe et derrière l’élégance aussi, la nécessaire dose d’irrévérence et de malice pour secouer l’image institutionnelle  -et parfois, trop sage- du printemps théâtral angevin. Sans oublier le carnet d’adresses que chacun  a su habilement mettre à profit pour le faire vivre. Vendredi midi, Nicolas Briançon a rappelé avec émotion que Jean-Claude Brialy lui avait annoncé qu'il serait "heureux" en dirigeant ce festival. Et que la promesse avait été... tenue. 

Jean-Claude Brialy et Jean Sauvage, l'ancien président du Département de Maine-et-Loire. Celui là même qui lui demande de reprendre en main le festival (photos archives Festival d'Anjou).
Jean-Claude Brialy et Jean Sauvage, l'ancien président du Département de Maine-et-Loire. Celui là même qui lui demande de reprendre en main le festival (photos archives Festival d'Anjou).
Mais l'hommage que le festival d'Anjou réserve à Jean-Claude Brialy ne s'arrête pas là. En marge de cette exposition, une seconde, présentée sur les grilles des jardins du Conseil départemental (bd du Roi René), met en scène les grands acteurs qui se sont succédé sur les scènes du festival, sous sa direction artistique. Parallèlement, un site internet  coproduit par l’INA (Institut supérieur de l’audiovisuel) et réalisé en partenariat avec le festival de Ramatuelle, dont il fut aussi le directeur artistique, vient d'être mis en ligne mi-mai.

Ce n’est pas tout. Le 12 juin prochain, le festival s'ouvrira sur une création de Nicolas Briançon, "Faisons un rêve" de Sacha Guitry, auteur fétiche de Brialy. Du 20 au 23 juin, quatre cinémas de Maine-et-Loire (Les 400 Coups à Angers, le Maingué à Segré, Cinémovida à Cholet et Le Palace à Saumur) présenteront des films « cultes » de Jean-Claude Brialy ainsi que le documentaire que lui a consacré le réalisateur Henri Jean-Servat, « Brialy, le goût des autres ». Enfin, le vainqueur du Concours des compagnies se verra remettre cette année le prix Jean-Claude Brialy. Comme un témoin, riche de sens, entre le passé et le devenir du festival d’Anjou.

Plus d'infos : sites.ina.fr/jean-claude-brialy   - 2017.festivaldanjou.com  












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