"L'isolement ne connaît pas de frontière"

LA TRIBUNE DU LUNDI - #TRIBUNEDULUNDI


Rédigé par Nathalie BOUJARD, animatrice sociale à l'association ATLAS - Angers, le 28/09/2015 - 06:45 / modifié le 25/09/2015 - 16:37


Contribuer au débat public sur le territoire angevin et, à notre niveau, participer à l'indispensable vie des idées, c'est l'objet de [La Tribune du Lundi]. Alors que la Rentrée des Solidarités, organisée par le Centre communal d’action sociale de la Ville d’Angers, se tiendra mercredi au Centre des congrès, Nathalie Boujard, animatrice sociale à ATLAS (Accueil Temps libre Animation sociale), association qui œuvre depuis le début des années 90 à la lutte contre l’isolement, prend la parole aujourd'hui.



Nathalie Boujard est animatrice sociale au sein de l'association ATLAS.
Nathalie Boujard est animatrice sociale au sein de l'association ATLAS.
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« Notre travail, à Atlas, c’est d’accompagner les gens dans leur parcours, de leur redonner confiance, d’être un tremplin « vers », avec une « porte d’entrée » qui est celle de l’isolement. De nombreuses personnes sont dans cette situation et le moins que l’on puisse dire, c’est que l’on ne manque pas de personnes, ce qui n’a rien d’étonnant : quand on est attentif à ce qui se passe, on constate que les gens sont assez seuls. Et il est faux de croire que cet isolement se concentre sur un seul quartier, ou n’est l’apanage que d’un seul milieu social. Il ne connaît aucune frontière.
 
Qu’elles soient orientées vers nous par des partenaires santé ou sociaux ou frappent à notre porte par le bouche-à-oreille, les personnes qui se présentent à Atlas viennent de quartiers divers d’Angers ou de sa première couronne. Certaines ont un travail, d’autres non, et sont d’une grande diversité d’âge. Bref, la précarité et les accidents de vie entraînent souvent la rupture des liens sociaux et/ou familiaux et peuvent toucher tout le monde. Cette mixité, nous permet, au sein d’Atlas, d’en faire une force en terme de réinsertion sociale : c’est ce que nous leur disons lors de notre tout premier rendez-vous avec elle. Ce premier temps d’échange est décisif pour les rassurer, commencer à regagner une confiance souvent rompue avec les autres et la société.
"Si l’idée d’Atlas est bien de recréer du lien, de reprendre confiance en soi avant d’envisager une orientation vers les structures de droit commun –souvent le travail, mais parfois aussi  la formation !-, il ne s’agit pas d’idéaliser notre action : toutes les personnes accueillies n’y sont pas forcement prêtes"

Ce temps d’échange est décisif pour fixer une sorte d’objectifs à atteindre, à travers les supports d’accompagnement que sont les activités collectives, et l’accompagnement individuel. Les objectifs doivent être individualisés et bien différents selon les personnes. Si l’idée d’Atlas est bien de recréer du lien, de reprendre confiance en soi avant d’envisager une orientation vers les structures de droit commun –souvent le travail, mais parfois aussi  la formation !-, il ne s’agit pas d’idéaliser notre action : toutes les personnes accueillies n’y sont pas forcement prêtes.

Les baisses de dotation publique induisent parfois une politique de résultats : elle ne peut être une fin en soi. Nous essayons au maximum qu’ils prennent leur destin en main, qu’ils gagnent en autonomie –il ne s’agit pas de faire à leur place-. Au sein de l’association, nous encourageons les personnes à prendre des initiatives. Dans les activités que nous proposons, nous  partons de leurs attentes ou  de leurs propositions ; on peut même parfois s’appuyer sur ces personnes, en fin de parcours, pour coanimer des activités et valoriser leur savoir faire.

Ai-je pour autant l’impression de faire de l’assistanat ? Evidemment non, nous sommes plutôt dans l’aide. Toute personne accompagnée par ATLAS signe une lettre d’engagement, qui permet qu’on lui réserve une place, mais l’engage aussi à être présente régulièrement sur les temps que nous proposons.

Dans un contexte qui n’est pas toujours réjouissant, deux choses me rassurent finalement : la première, c’est que la solidarité commune existe toujours. J’ai des tas d’exemples de personnes qui, elles-mêmes souvent dans des situations de fragilité ou de précarité, se soucient de l’autre, de leur voisin et deviennent des personnes ressources pour nous, intervenants de l’action sociale.
La seconde, j’observe, depuis que je travaille au sein d’Atlas, une grande tolérance chez les personnes reçues. Ces personnes qui ont eu un parcours de vie parfois difficile, acceptent la différence, ne portent pas de jugements sur les autres, ne sont pas stigmatisantes. C’est une belle  réalité, non ?












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