L’ombre de Nick Drake va planer sur le Quai


Rédigé par Tristan LOUISE - Angers, le Mercredi 30 Novembre 2016 à 08:22


Après Elliott Smith, c’est Nick Drake qui est au cœur de la deuxième « Color Bars Experience ». Un ensemble classique et trois chanteurs interpréteront son album Pink Moon, samedi sur la scène du Quai.



L’ombre de Nick Drake va planer sur le Quai
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Les bonnes idées naissent parfois dans les cuisines. Et la petite cuisine interne de Yann, régisseur de son état, a bien fonctionné, avec l’aide de son ami, l’arrangeur Christophe Patrix.

Cette idée ? « Ayant été plongé très jeune dans le bain rock et pop, et aimant beaucoup la musique classique, monde dans lequel je travaille aujourd’hui, j’ai imaginé mêler ces deux passions. Je ne dis pas qu’il s’agit de mélanger un répertoire rock avec une sonorité classique : cela fait longtemps que les artistes pop ou rock intègrent des formations classiques ; je parle davantage de réinterprétation. Je suis partie du constat que les œuvres des compositeurs rock et pop ne pouvaient plus être entendues, comme le sont depuis des siècles celles des compositeurs de musique classique. Je trouve cela important de faire revivre la musique d’artistes qui me fascinent ».

Féru de pop mais pas de trop populaire, Yann pense alors au torturé Elliott Smith. L’ossature musicale est là : un quatuor à cordes, avec une contrebasse jouant le rôle de basse, auxquels s’ajoutent des vents. Pour assurer une cohésion et une cohérence, Yann et Christophe contactent des musiciens rompus aux projets croisés. Mais pour donner voix à « Figure 8 », l’album choisi pour cette première expérience, il fallait convoquer des chanteurs. Et c’est l’Amérique qui les fournit : Ken Stringfellow (The Posies, REM, Big Star), Jason Lytle (Grandaddy) et Troy Von Balthazar (Chokebore) répondent à l’appel.

Grâce à un certain Christophe « Doudou » Davy (Radical Production), le spectacle entame, en 2015, une mini-tournée avec Le Printemps de Bourges comme point de départ et Lille, la terre natale de Yann, comme point d’arrivée, en passant par le Quai d’Angers, le 15 décembre. Le succès est au rendez-vous et l’idée d’une deuxième expérience arrive vite : « J’ai pensé à Nick Drake pendant que le projet autour d’Elliott Smith se construisait. En trois albums, cette comète de la musique (il est mort à 26 ans), très talentueux, de formation classique, a connu une renommée grandissante après son décès. Beaucoup de chanteurs pop et folk se disent inspirés par lui. Je pense à Radiohead. Et The Cure s’appelle ainsi en référence à Nick Drake ».
"Il faut beaucoup de travail et de répétitions ; mais le monde de Drake est si beau qu’on a envie de l’apprendre et de s’y immerger" - Mark Gardener (Ride)

Fan de Nick Drake, Mark Gardener, le chanteur de Ride, est l'une de voix du spectacle Colors Bar Experience.
Fan de Nick Drake, Mark Gardener, le chanteur de Ride, est l'une de voix du spectacle Colors Bar Experience.
Le choix de Pink Moon, troisième et dernier album de l’étoile filante Drake, est une évidence, compte tenu de son dépouillement et donc de l’intérêt à le nourrir par une instrumentation classique. On retrouve des violons, un alto, un violoncelle, une contrebasse, une guitare classique, une flûte, un hautbois, un basson, un cor et des percussions. Côté voix, la qualité est encore là : Eric Pulido (Midlake), Brian Lopez (Giant Sand, XIXA) et Mark Gardener (Ride) sont de l’aventure.

Pour tous les gens nés dans les années soixante-dix, la voix de ce dernier a bouleversé leur adolescence avec l’album Nowhere. Dans une interview qu’il nous accordait récemment, Mark Gardener expliquait sa présence : « J’ai découvert Nick Drake aux alentours de 1989, juste avant l’enregistrement de l’album « Going Blank Again » de Ride. Je crois que la compilation « Heaven in a Wild Flower » est sortie en 1985 et elle a atterri chez nous. Cet album m’a pas mal obsédé, surtout les chansons « River Man » et « At The Chime Of The City Clock ». J’aime ce genre de musique un peu sombre et mélancolique. Nick Drake arrive à créer son propre son et son propre univers. Il était vraiment un talent unique. Les chansons, le timing et l’orchestration sont incroyables. Ce ne sont pas des chansons faciles. Il faut beaucoup de travail et de répétitions ; mais le monde de Drake est si beau qu’on a envie de l’apprendre et de s’y immerger ».

Le spectacle naîtra donc, ici, à Angers, avant de prendre une dimension européenne : il sera présenté à Londres le 5 décembre ; à Dublin le 7 décembre ; à Reims le 9 décembre et enfin à Malmö le 10 décembre. « Le projet autour d’Elliott Smith correspondait à une date anniversaire, celle des quinze ans de la sortie de « Figure 8 ». Là, c’est plus intemporel. On a donc envie de prolonger un peu plus l’expérience. Et l’idée de la graver sur livre est en train de germer… ».

The Color Bars Experience : Nick Drake, samedi 3 décembre, à 20 h 30 au Quai.
De 8 € à 25 € (20 € avec la carte Chabada) - www.lequai.eu


Nick Drake 
Il aurait pu faire partie du « Club des 27 », réunion un peu macabre d’artistes fauchés à l’âge de 27 ans. Lui en avait 26 quand il est mort, d’un accident ou par suicide (overdose de médicaments). Nick Drake a néanmoins eu le temps de laisser trois albums à la postérité : Five Leaves Left (1969), Bryter Layter (1970) et Pink Moon (1972). Né en Birmanie, il rejoint l’Angleterre à l’âge de six ans. Il bénéficie d’une formation classique – piano et clarinette – mais c’est avec la guitare qu’il exprimera son immense talent de songwriter et de chanteur. Nick Drake n’aura pas connu le succès de son vivant, ce qui n’a pas arrangé sa nature dépressive, mais le futur rendra hommage à son art. Beaucoup aujourd’hui s’inspirent de son œuvre : Radiohead, The Cure, Kate Bush, REM pour ne citer qu’eux.








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