L’ombre de Piazzola a plané sur le théâtre d’Angers


Rédigé par Yannick Sourisseau - Angers, le Jeudi 29 Avril 2010 à 12:02


Les amateurs de tango argentin, cette musique populaire sortie des bas fonds de Buenos Aires en 1880, étaient aux anges ce mercredi soir au Grand Théâtre d’Angers. Magistralement interprétée par la Compagnie Méditango, « l’histoire du Tango d’Astor Piazzola », a fait chavirer les cœurs des spectateurs, au rythme du bandonéon.



L’ombre de Piazzola a plané sur le théâtre d’Angers
la rédaction vous conseille
Né le 11 mars 1921 à Mar del Plata, port de pêche de la côte Atlantique, Astor Pantaleón Piazzolla cet infatigable joueur de piano et surtout de bandonéon, l’instrument privilégié du tango, a composé son premier morceau : « la catinga », à New-York, ville où il vécu pendant plusieurs années avec ses parents.

De retour à Mar del Plata, il jouera dans plusieurs groupes locaux, mais c’est à Buenos Aires qu’il prendra son envol et donnera toutes ses lettres de noblesse à cette musique à fleur de peau, chargée de peine et de révolte qu’est le tango. Après de multiples rencontres avec des musiciens célèbres, Astor Piazzola imposera son style et deviendra alors le représentant incontesté d’une musique avant-gardiste pour l’époque, l’exportant même en Europe et notamment à Paris.

C’est cette histoire, d’un artiste hors du commun, surtout pour les Argentins, que raconte au cours d’un spectacle d’une heure trente, la Compagnie Méditango. Avec une troupe composée de 5 musiciens (piano, contrebasse, violon, guitare et surtout du fameux bandonéon), et 4 danseurs, trois femmes et un homme, l’histoire prend aux tripes par son interprétation mystérieuse et passionnée.

Le spectacle commence par la voix originale d’Astor Piazolla, sur fond de photos alternant présentation du musicien et Argentine de l’époque péroniste. Le fond s’éclaire pour laisser entrevoir dans une demi-pénombre illustrant les bas-fonds argentins, les musiciens interprétant cette musique nostalgique et envoutante qui accompagne les danseurs de Tango. Sur le devant de la scène Béatrice Guiffry, à la fois violoniste de talent et chanteuse, interprète cette musique inoubliable qui évoque la tristesse, le désespoir, la jalousie.

Musiques et chants sont entrecoupés d’image et de bandes enregistrées lors des passages d’Astor Piazzola sur les ondes des radios américaines, argentines et françaises, mais aussi de témoignage des musiciens qui l’ont croisé à un moment ou un autre de sa carrière d’artiste.

Les danseurs, Sophie Raynaud, Karine Soucheire, Elena Albekova et Fabrice d’Agositino traduisent en mouvements la passion dévorante qui anime les plus grands danseurs de tango. Érotisme, sensualité, énergie se dégagent avec force des pas de danse exécutés avec justesse et enthousiasme par ce quatuor que l’on croirait tout droit arrivé de Buenos Aires. La chorégraphie est tracée au cordeau, accompagnée par un bandonéon mélancolique, les envolées puissantes d’un piano rebelle, les vibrations d’un violon langoureux. Le public est comme envouté, autant par la musique que par les danseurs, seuls ou en couple, chacun traduisant en sons et mouvements toute la sensualité de ce peuple sud-américain accablé par des années de dictature, ses moments d’amour ou de colère, la tristesse et même la mort.




Yannick Sourisseau
Yannick Sourisseau
Web Journaliste suivant plus particulièrement les technologies digitales Formateur technologies de... En savoir plus sur cet auteur








Angers Mag