La Ballade de l’Impossible : au cœur d’un passé tourmenté.


Rédigé par Option Cinéma Lycée Renoir - Angers, le Mercredi 18 Mai 2011 à 18:28


Une ballade, ou plutôt, une déambulation entre le passé auquel nous sommes enchaînés et les promesses de futur auquel nous nous accrochons. La vie semble en suspens entre le deuil et l’amour, entre l’absence et le désir.



Naoko (Rinko Kikuchi) et Watanabe (Kenichi Matsuyama) lors de l’une de leurs retrouvailles.
Naoko (Rinko Kikuchi) et Watanabe (Kenichi Matsuyama) lors de l’une de leurs retrouvailles.
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Inspiré du roman Noruwei No More de Haruki Murakami, ce film de Tran Anh Hung nous retrace l’évolution sentimentale de Watanabe lors des années 1960.

Tandis que la jeunesse mondiale se révolte pour défendre de nouveaux idéaux, Watanabe décide de quitter la ville de son enfance, suite au suicide de son meilleur ami. Une fois arrivé à Tokyo, un nouveau départ s’offre à lui, loin d’un passé trop tourmenté.

La vie s’écoule de jour en jour, paisiblement, jusqu’à ce qu’il retrouve Naoko, ancienne petite amie de son meilleur ami, ce qui a donné à sa vie un nouveau tournant. Un désir timide nait entre les deux, une passion étouffée par le deuil, un amour inavoué. Ils prennent comme rituel de se promener, tous les dimanches soirs, l’un à côté de l’autre. Peu de paroles sont échangées mais la présence corporelle de l’autre semble être source de bien-être. Une présence corporelle qui donnera naissance, lors du vingtième anniversaire de Naoko, à un désir charnel, un désir charnel qui deviendra la première fois de Naoko. Le lendemain de son anniversaire, le lendemain du passage de l’enfance à l’âge adulte, Naoko disparait, laissant Watanabe sans nouvelle, comme si la présence de son corps lui avait rappelé l’absence de celui qu’elle aimait et dont elle ne s’était toujours pas séparée.

Suite au départ de Naoko, celle-ci semble avoir pris une part de lui-même dont la vie est désormais en suspens. Commence ainsi la déambulation du héros qui se voit obligé de vivre sans celle qu’il aime ; doit-il aller de l’avant et se laisser aimer Midori ou attendre sans cesse que Naoko revienne vers lui ?

L’une des B.O. principales de ce film (Norvegian Wood des Beatles) pourrait nous faire croire que ce film a été écrit à partir des paroles de cette chanson puisqu’elle dit « I once had a girl, or should I say, she once had me » (« J’avais pour moi une fille, ou plutôt je devrais dire, elle m’avait pour elle »). Ces quelques paroles représentent parfaitement le film puisque, dans les grandes lignes, Watanabe est entièrement dévoué envers Naoko.

Tout en lenteur, douceur et élégance, Tran Anh Hung nous montre l’amour pas assez vécu et la douleur qui nait de cet amour, le deuil difficile à surmonter et la vie qui continue malgré celui-ci. Des cadrages travaillés aux couleurs vives inscrivent ce film dans la poésie et dans la sensualité.

Le sexe, présent de façon relativement crue - ce qui peut en déranger certains -, s’avère être l’un des éléments essentiels du film. Car, en plus de représenter l’émancipation de la jeunesse, c’est lui qui fait évoluer les personnages de ce film. Tout d’abord lié à la nature par des paysages stupéfiants, le sexe est également l’élément « perturbateur », l’élément qui unit nos deux protagonistes mais aussi celui qui les sépare, les plaçant tous les deux, surtout Watanabe, dans une situation complexe.

Nominé à la Mostra de Venise et au Festival des Films Asiatiques de Deauville, ce long métrage poétique et séduisant nous laisse, à la sortie, des questionnements sur la vie et sur l’amour ; ce qui était le but du réalisateur puisqu’il avait ressenti ces mêmes émotions suite à la lecture du roman d’Haruki Murakami.

« La Ballade de l’Impossible » : la déambulation entre la vie, le deuil, l’amour et le désir.

Vanille.












Angers Mag