La Boîte qui fait beuh, ciment de la BD angevine


Rédigé par Patrick TOUCHAIS - Angers, le Mardi 2 Décembre 2014 à 08:14


Les 6 et 7 décembre prochains, le festival Angers BD ouvrira une nouvelle page de son histoire : une cinquantaine d’auteurs accueillera le public toujours plus nombreux de la bande dessinée. (Trop) longtemps ringardisé, le genre est désormais en passe d’être apprécié à sa juste valeur : celle d’un médium aux horizons pluriels, qui n’impose aucune limite à la création. Un espace de liberté dans lequel se sont immiscés, depuis 20 ans, nombre d’auteurs angevins. Mathieu, Rabaté, Davodeau, Juszezak, Supiot… des noms qui font référence au plan national, et témoignent d’une vitalité réelle en la matière. C’est cette vitalité qu’Angers Mag a choisi d’explorer dans ce dossier, en allant à la rencontre de ses principaux acteurs : les auteurs. Sans rien déguiser des difficultés que traverse le milieu, la rédaction lève une partie du voile sur ce qui constitue, disons-le sans fard, une excellence angevine…



Tony Emeriau, Sylvain Lauprêtre et Philippe Menvielle perpétuent la tradition de la Boîte qui fait beuh !
Tony Emeriau, Sylvain Lauprêtre et Philippe Menvielle perpétuent la tradition de la Boîte qui fait beuh !
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Depuis 18 ans, la Boite qui fait beuh fédère les auteurs locaux. L’atelier est un lieu de « convivialité et d’émulation ».
 
Fin des années 1990. Tony Emeriau, étudiant à l’école de graphisme d’Angers (EEGP) pousse un jour la porte des locaux associatifs de la Boite qui fait beuh, rue du Port de l’Ancre. Il a appris que les dessinateurs qui ont créé l’atelier dédié aux auteurs de BD angevins, donnent aussi des cours. Plus de 20 ans plus tard, c’est Tony, devenu président de l’asso et ses comparses, Sylvain Lauprêtre, Philippe Menvielle, Frédéric Billaud, Thomas Brault et Christophe Bodin, qui assurent les cours à une dizaine de jeunes, tous les mercredis soir. C’est une des missions que s’est donnée l’association à sa création en 1996, qui depuis s’est muée rue Chef de Ville.

Au départ, les fondateurs, dont Yoann et Eric Omond, cherchent surtout à fédérer les auteurs angevins, quelque peu isolés. « Ils ont commencé à se retrouver dans un bar, avant d’avoir leur propre locaux », raconte Sylvain, vice-président. L’envie de se retrouver, d’échanger, de travailler ensemble mais aussi d’être plus forts pour démarcher les éditeurs. « Depuis près de 20 ans, l’esprit est resté le même, la convivialité et l’émulation », souligne Philippe.
 
« On est tous content quand un pote parvient à se faire éditer. Quand on a un bon contact avec un éditeur, on essaie de parler du travail des autres » Tony Emeriau

Ici, pas de concurrence entre auteurs. « On est tous content quand un pote parvient à se faire éditer » souligne Tony. « Quand on a un bon contact avec un éditeur, on essaie de parler du travail des autres ». Car la période est difficile. En trompe l’œil. « Beaucoup d’albums sont publiés en France, environ 5 000 par an, mais on publie trop pour que chacun ait le temps de vivre » déplore Tony.

Alors, pour (sur)vivre, des auteurs acceptent quelques boulots alimentaires. Des commandes pour des journaux internes d’associations ou d’entreprises. Ou pour cette banque, qui a sorti un album entier sur son histoire. Et c’est au sein de la Boite que se finalisent ces projets souvent collectifs. Des auteurs angevins reconnus, n’oublient pas leurs débuts, et proposent certains travaux à leurs confrères. « C’est vraiment l’histoire de l’atelier. C’est un lieu qui a cimenté la BD angevine, même si tous les auteurs n’y ont pas travaillé », résume Tony.
Aujourd’hui, les portes restent ouvertes, comme elles l’ont toujours été. « Certains passent pour travailler une demi-journée, d’autres viennent en résidence. Ça doit rester un lieu vivant qui accueille des jeunes » conclut Sylvain.

Petite histoire du nom...
 
Mais quel nom ?!? « La boite qui fait beuh, c’est parti d’un brainstorming des fondateurs. Rien ne venait. Un des dessinateurs jouait avec une boite à meuh. Pourquoi pas La boite qui fait meuh a proposé l’un d’entre eux », raconte Tony Emerieau. Sauf qu’à la Préfecture, l’association a été enregistrée sous le nom « La boite qui fait beuh ». Le président de l’époque Eric Omond avait – parait-il – une écriture « peu lisible ».












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