La Gauche à Angers : en travaux !

Episode # 1


Rédigé par La rédaction - Angers, le 29/06/2015 - 08:10 / modifié le 29/06/2015 - 18:58


Seize mois après la victoire de Christophe Béchu aux élections municipales et son deuil à peine passé, la gauche tente de se remobiliser à Angers. Consciente qu’il faudra du temps, de la volonté et des idées pour dépasser ses divisions mais surtout reconquérir les cœurs de ses électeurs. 38 ans après l’arrivée au pouvoir de Jean Monnier et dans un contexte de défiance générale du politique, les travaux ne s’annoncent pas simples. Pour Angers Mag, c’est l’heure d’une première visite de chantier. Episode 1 : les fondations...



Le groupe de la minorité de gauche, au conseil municipal d'Angers.
Le groupe de la minorité de gauche, au conseil municipal d'Angers.
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« Désormais, il faut prendre le temps de reposer des bases solides pour la gauche ». 30 mars 2014, parking de l’Hôtel de Ville d’Angers. Quelques minutes après la cuisante défaite (moins de 46 % des voix au second tour) des troupes qu’il menait lors des dernières élections municipales, Frédéric Béatse (PS), alors maire d’Angers pour quelques jours encore, se projetait déjà sur l’enjeu majeur des mois (et années ?) qui allaient suivre pour le Parti socialiste et ses alliés du moment (Europe Ecologie Les Verts, le Parti communiste).

Depuis, les échecs –même relatifs- encaissés aux élections européennes puis départementales sont venus confirmer, à Angers et ailleurs, la rupture entre les forces de gauche –le PS au premier chef- et son électorat traditionnel. Car c’est bien là que le bât blesse, au-delà de « la lame de fond » nationale identifiée alors par l’élu écolo Vincent Dulong. « Nous avons enregistré 4000 voix de moins par rapport à 2008 », retient le socialiste et poil à gratter de l’actuelle minorité municipale, Antony Taillefait. « Or, très peu de ces voix sont allées à la nouvelle majorité. C’est bien un désamour de notre électorat, déjà aperçu en 2008, auquel nous avons à faire ».

Comme beaucoup d’autres acteurs de son camp politique, l’intellectuel en reste persuadé : Angers « reste une ville de centre gauche. Aussi, il faut penser à la refondation de la gauche avant de penser à une stratégie municipale ». « Il faut redonner confiance, recréer de l’espérance et rendre désirables nos idées » formule autrement Vincent Dulong.
 « Angers reste une ville de centre gauche. Aussi, il faut penser à la refondation de la gauche avant de penser à une stratégie municipale » - Antony Taillefait

Refonder, oui. Mais comment ? Avec qui ? Et sur quoi ? Beaucoup de questions en somme, pour un travail « complexifié par la récurrence des élections », souligne la secrétaire de la section locale angevine du PS, Silvia Camara-Tombini, récemment réélue. Les départementales à peine digérées, les régionales se profilent, qui laissent « peu de temps pour mener à bien cette réflexion. En même temps, ces périodes électorales sont un bon terreau pour remobiliser les militants… », souligne la colistière de Frédéric Béatse, qui avoue avoir mis « beaucoup de temps pour accepter la défaite. Ça reste quelque chose d’assez violent ».

Oui, la politique, au niveau local, ce sont aussi des histoires de sentiments. Et de personnes. Et la question « Avec qui ? », se pose à Angers avec une acuité toute particulière. « Le cas Jean-Luc Rotureau » (nous y reviendrons NDLR), comme l’appelait le député socialiste Marc Goua au lendemain du scrutin municipal, se pose là et cristallise les paradoxes du PS, illustré par le commentaire de Silvia Camara-Tombini : « La porte est toujours ouverte aux discussions… mais il restera celui qui n’a pas appelé à voter pour nous entre les deux tours. »
Sur le "cas" Jean-Luc Rotureau : « La porte est toujours ouverte aux discussions… mais il restera celui qui n’a pas appelé à voter pour nous entre les deux tours » Silvia Camara-Tombini

Au-delà de ce cas particulier, le Parti socialiste doit aussi apprendre à composer avec le retour en force du Parti communiste, notamment chez les jeunes et une « défiance populaire toujours plus grande vis-à-vis des partis », signifie une militante en rupture de ban, lassée « du verrouillage et de l’entre soi du PS au niveau local ».

Lassé, David Cayla, l’un des tenants en Anjou de Maintenant la Gauche !, l’aile gauche du PS, l’est aussi et va « rendre sa carte. « Le PS est en train de se vider de l’intérieur, de ses cadres moyens, ceux qui font vivre les sections en milieu rural ; alors que ce qui a toujours fait la richesse du parti, c’est sa strate intermédiaire ». Et l’universitaire de poursuivre : « En section ou à la fédé, le débat porte sur des questions de morale politique, sur l’appareil, sur la petite enfance ou l’extrême droite, mais pas sur les débats de fond, sur le peuple, sur ceux qu’on représente. »

Pour les battus du scrutin municipal, la reconquête a pourtant déjà commencé, et ce dès le lendemain de la défaite. Au sein des partis pour les militants et, pour tous les acteurs et sympathisants de la liste Aimer Angers, au sein d’une association créée en marge des structures juridiques et financières (voir ci-dessous). « Elle passe par une présence forte dans les quartiers d’Angers, par un suivi des dossiers, l’accompagnement des élus du groupe, des contacts multipliés avec le monde associatif », argue Silvia Camara-Tombini.
« Dans les quartiers, on n’a pas su rassurer sur les questions de l’emploi, à commencer par Monplaisir qui nous l’a fait payer, estime Chadia Arab, l’une des figures « civiles » de la liste Beatse, qui aux municipales de 2001, avait porté la parole d’une liste citoyenne, soutenue par… le NPA. C’est un vrai travail de fourmis qui passe au moins autant par la vie associative, les conseils citoyens, que par les partis politiques. Il faut aussi sortir de cette Gauche resserrée voire étriquée autour de quelques personnes et l’aérer avec du sang neuf. »
Sur la reconquête des "quartiers" : C’est un vrai travail de fourmis qui passe au moins autant par la vie associative, les conseils citoyens, que par les partis politiques. Il faut aussi sortir de cette Gauche resserrée voire étriquée autour de quelques personnes et l’aérer avec du sang neuf. Chadia Arab

Pour se reconnecter à une réalité de terrain ? « Jusqu’au début des années 80, changer de majorité, c’est changer de politique », analyse Antony Taillefait. « Avec le choc néolibéral, l’idée s’est imposée d’une impuissance publique réelle. Qu’est qui reste aujourd’hui pour convaincre les gens du contraire ? Etre concret… ce qui dispense bien souvent d’un projet politique. »
C’est ce projet politique auquel l’intellectuel entend contribuer, au sein de du think tank Jean-Rousseau qu’il a créé au lendemain des élections municipales. « Nous proposons à l’association Aimer Angers une manière de se mettre en surplomb de tous les sujets… »

Ce qui la dispense de toute autocritique ? Anne-Sophie Hocquet de Lajartre, l’ancienne maire de Bouchemaine, démissionnaire du PS en avril 2014 abonde en ce sens : « Le PS est coincé dans ses baronnies. Je rends hommage aux militants pour leur engagement. Mais les cadres ne bougent pas. Il faudrait en mettre quelques-uns à la retraite. Quand on voit la liste aux régionales, on voit bien que rien ne bouge ».

Un discours au vitriol sur cette année écoulée, et qui appelle à un fort renouvellement des cadres du PS, en même temps qu’au renouvellement des idées.

Le résultat des prochaines élections régionales se posera-t-il ainsi en arbitre ?

L'association Aimer Angers, ou Réseau d'initiatives citoyennes, a été lancée à l'automne 2014 par l'ancien maire, Frédéric Béatse, qui assure aujourd'hui ne pas y tenir un rôle central.
L'association Aimer Angers, ou Réseau d'initiatives citoyennes, a été lancée à l'automne 2014 par l'ancien maire, Frédéric Béatse, qui assure aujourd'hui ne pas y tenir un rôle central.
Aimer Angers,
un arbre à trois têtes
Dans la famille Aimer Angers, voici maintenant le Réseau d’initiatives citoyennes. En novembre, cette nouvelle association est venue s’adosser aux deux entités qui portent déjà le nom et le projet Aimer Angers, à savoir : 1. le groupe municipal (les élus de la minorité) ; 2. le parti politique Aimer Angers et son association de financement, tous deux créés en 1995 par un certain… Jean Monnier. Et oui ! La liste conduite aux municipales 2014 par Frédéric Béatse avait choisi pour nom, celui de la formation fondée par le soutien le plus emblématique de… Christophe Béchu.

De cette histoire, le président du Réseau d’Initiative Citoyennes, Pierre Laugery n’en a cure. « Pour des raisons juridiques, seul les élus pouvaient adhérer à ce parti. Ors, beaucoup de gens impliqués dans la campagne ont souhaité poursuivre le travail hors des partis, ils viennent là en tant que personne », explique l’ex-élu municipal, au PS depuis 2005. Composé de trois groupes thématiques (tramway, vie associative, parole des habitants) et, depuis peu, de groupes de quartier, ce réseau se veut un espace de réflexion, voire « d’introspection », pour « faire remonter du terrain les idées » vers les élus de la minorité. Et préparer 2020 sans le dire trop fort. Ce n’est pas un outil électoral mais un moyen de prolonger la dynamique de la campagne » assure Pierre Laugery. 



















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