" La Loire, notre clef pour réussir le pari d'un tourisme durable "

La Tribune du Lundi #LaTribuneduLundi


Rédigé par Pierre GAY, directeur du Bioparc de Doué-la-Fontaine - Angers, le 31/08/2015 - 08:13 / modifié le 31/08/2015 - 08:14


Contribuer au débat public sur le territoire angevin et, à notre niveau, participer à l'indispensable vie des idées, c'est l'objet de [La Tribune du Lundi]. Alors qu'est présenté ce lundi à Nantes, un premier bilan touristique de l'été 2015 en Pays-de-la-Loire, nous avons souhaité entendre le point de vue d'un acteur clef du tourisme en Anjou. Quid de l'attractivité de notre territoire ? Quels leviers pour la renforcer ? La parole à Pierre Gay, directeur du Bioparc de Doué-la-Fontaine.



" La Loire, notre clef pour réussir le pari d'un tourisme durable "
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"Je vis depuis 54 ans (date de création de notre parc) du et dans le tourisme; cela fait-il de moi un spécialiste ? Rien de moins sûr puisque je n'ai jamais eu beaucoup de temps et d'occasions pour "consommer" comme on le dit aujourd'hui ce type d'activité. Mes voyages, nombreux, m'ont plutôt guidés vers d'autres paysages et d'autres communautés par besoin de connaissance et de rencontres autour des problématiques de la conservation de la nature.

Mes origines, celles de ma famille, m'entrainaient enfant vers l'Aveyron et c'est finalement assez tard et bien installé dans la vie que j'ai découvert les attraits de l'Anjou. Il y a quelques dizaines d'années, les choses semblaient établies, la Loire, les châteaux, le renouveau des troglodytes et le vignoble maintenaient en Anjou  une multitude de sites publics et privés qui
associés traditionnellement  à l'image de la "Douceur angevine" attiraient chaque année un flot de touristes dont tout le monde s'accommodait à priori.

C'était sans compter sur l'appétit et le désir d'entreprendre de nos voisins qui en Vendée et en Poitou ont voulu et su développer des sites touristiques à fort potentiel identitaire. Ainsi, tour à tour, le Puy du Fou et le Futuroscope ont changé la donne d'un tourisme purement rural ou balnéaire faisant des envieux parmi les responsables politiques de tous horizons qui ont compris que ce secteur d'activité pourrait pallier dans l'avenir à une activité économique nationale en perte de vitesse.
Vulcania d'abord, EuroDysney plus tard ont, eux aussi happé une partie de visiteurs avides de parcs de loisirs.

Parallèlement, ces sites ont amené à une professionnalisation du tourisme et ont fait évoluer très positivement les choses, mais en offrant des mises en scène spectaculaires de l'histoire ou en surfant sur les nouvelles techniques, ils ont relégué aux calendes grecques les visites de châteaux vides ainsi que les musées poussiéreux.
"Qu'est-ce qu'on a ici et que les autres n'ont pas ? Un fleuve magnifique, sauvage, exceptionnel, digne des plus grands sites naturels du monde"

Et les visiteurs ? Ils ont pris l'habitude d'être pris en charge et les dernières tendances montrent que les familles préfèrent se reposer dans un site pendant un temps où tout sera prévu plutôt que de se risquer dans une aventure itinérante sans garantie. Ils sont jeunes, veulent le rester et aiment combiner repos et culture, activités physiques et découvertes d'authentique. Qu'est-ce qui va les attirer en Anjou?

Pendant longtemps, l'Anjou a communiqué sur son histoire mais dans un pays chargé d'histoire, comment se démarquer des autres régions ? Le pôle touristique, qui a vécu en Saumurois s'appuyait sur les troglodytes, le cheval et la vigne, visiblement pas suffisants pour convaincre. Terra Botanica, censée mettre en avant et en lumière la vocation horticole du département n'est pas devenu le parc d'"attraction" qu'il était censé personnifier.

Remettons les choses à plat, quand je reçois des amis ou collègues, souvent du bout du monde, quelle est la première chose que je veux leur montrer, que vous voulez montrer à vos invités ? Qu'est-ce qu'on a ici et que les autres n'ont pas ? Un fleuve magnifique, sauvage, exceptionnel, digne des plus grands sites naturels du monde, l'UNESCO ne s'y est d'ailleurs pas trompée en classant la Loire angevine, "notre Loire" au Patrimoine mondial de l'humanité. Un fleuve praticable depuis quelques années à pied, à cheval, en vélo, en canoë, en bateau, en montgolfière. Un fleuve qu'on ne peut se lasser de photographier, peindre ou seulement admirer.

Le voilà notre atout, mais il est tellement évident qu'on l'a oublié parce qu'il ne ressemblera jamais à un parc de loisirs avec parkings combles et queues devant les stands de fast food.

Continuons à imaginer des activités ludiques, culturelles, sportives, gastronomiques et conviviales autour de lui et utilisons-le comme un patrimoine naturel d'exception en le respectant, en y favorisant le retour de sa faune et de sa flore sauvage. Aidons ses acteurs touristiques à améliorer leur offre et à développer leur activité, accueillons nos visiteurs avec respect et fierté et je suis persuadé que nous gagnerons le pari d'un tourisme durable !












Angers Mag















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