La Maine au coeur de 3 projets de ville


Rédigé par Yannick Sourisseau - Angers, le 30/11/2010 - 08:01 / modifié le 01/12/2010 - 16:40


Lancé en Février dernier lors d’un grand débat animé par le Maire d’Angers en personne, le projet de reconquête de la Maine, la rivière qui traverse la ville, avance à grands pas. Après un concours lancé auprès d’équipes intéressées par ce projet, il en reste désormais trois en lice. Ces dernières ont été présentées hier soir au Conseil Municipal d’Angers.



La Maine et la voie autoroutière, vue depuis le château d'Angers
La Maine et la voie autoroutière, vue depuis le château d'Angers
Pour Jean Claude ANTONINI, le Maire d’Angers, ce sera le projet de sa mandature. Avec la mise en place du tramway qui devrait changer profondément le centre ville, les berges de Maine devraient permettre de rapprocher la ville haute et la ville basse, séparées physiquement par une rivière, la Maine, et une voie rapide, « véritable balafre autoroutière » qu’il souhaite voir disparaître.

« Toutes les villes, et même les plus grandes comme New York, s’engagent dans un projet autour de l’eau. La reconquête des rives des rivières, c’est un mouvement mondial, dans lequel s’inscrit désormais notre ville », affirme le Maire. « C’est d’autant plus important que désormais les populations reviennent vers les villes ». Visionnaire, le Maire d’Angers, sait-on jamais, mais en tous cas c’est dans un vrai projet de ville, centré autour de sa rivière, avec une refonte totale de l’urbanisation et des moyens de déplacement, qu’il engage désormais sa municipalité et celles qui suivront.

Car même si le projet avance, c’est dans une décennie qu’on en verra le bout. Celui concerne tout de même 300 hectares, du rocher de la Baumette à l’ile Saint Aubain. D’ici là bien de l’eau aura coulé sous les ponts de la Maine et plusieurs maires se seront succédés. « Il s’agit d’engager la démarche et de mettre en place une méthodologie des opérations dans le bon ordre », poursuit le Maire. Et cela commence par le devenir du quartier Saint Serge, au-delà de la zone universitaire, jusqu’au Marché d’Intérêt National. « Est-il utile d’avoir encore un MIN à Angers ? », questionne le Maire. Les souhaits des structures installées dans cette zone devront être connus rapidement afin que les équipes retenues puissent les intégrer dans leur projet.

Ce projet qui affectera plusieurs domaines, la rivière, mais aussi l’urbanisation, l’environnement, l’habitat, les services, la circulation, les déplacements, les loisirs, la vie des quartiers, a fait l’objet d’un concours international, lancé le 5 Octobre dernier. « Nous avons eu beaucoup de belles et grandes signatures, venues de toute l’Europe », commente le Maire. « Cela démontre l’intérêt pour le projet. Nous avons eu beaucoup de mal à faire notre choix ».

Des équipes retenues pour leur philosophie

Sur près de 40 dossiers reçus, le jury constitué d’élus, mais aussi d’urbanistes angevins, a retenu 8 équipes pluridisciplinaires, puis trois. Ce sont ces dernières qui plancheront pendant 9 mois, non pas sur un projet détaillé, mais sur une stratégie claire et visible, un déroulé des opérations débouchant sur un guide méthodologique qui, comme l’espère le Maire, s'imposera aux municipalités à venir. La Mission Berges de Maine et le groupe de travail d’angevins, seront associés au travail de ces équipes.

Ont été retenus, sur leur approche globale du projet urbain, des propositions pour le traitement du paysage de la rivière et de ses berges, leur démarche intégrant la problématique de la circulation et le devenir de l’actuelle voie rapide :

- François Reichen – Jacqueline Osty pour leur méthode de traitement selon un axe Nord Sud pour permettre un rayonnement de la ville et un axe Est Ouest pour accomplir la symbiose de ville nature. « C’est une équipe solide et expérimentée, plusieurs fois récompensée par des prix d’urbanisme, qui fait preuve de rigueur et de réalisme ».

- François Grether – Phytolab pour son parti lisible et original de traitement des rives de la Maine. « Cette équipe a réalisé le projet Lyon Confluences. Elle fait de la rivière un élément fédérateur, tout en utilisant le caractère différent des deux rives, urbain pour la droite, de passage pour la gauche ».

- LIN (Finn Geipel) – Michel Desvigne pour sa réintroduction de la diversité, cassant les territoires monofonctionnels qui entourent la rivière. « C’est une équipe nordique (Allemagne), rationnelle, qui fait de l’eau et des micros déplacement, un principe. Elle fait respirer la rivière ».

Quant à la liaison autoroutière qui longe la Maine : « A ce stade aucun des candidats n’est venu en disant il faut créer un tunnel, un boulevard urbain. Ils sont venus avec un savoir faire, une envie, une méthodologie, et des partis pris qui correspondent à leur approche urbanistique et environnementale », commente le Maire. Il est donc encore trop tôt pour savoir comment chacun prendra en compte cette voie automobile, mais il y a fort à parier que ce sera l’une des premières étapes de la démarche de réappropriation des rives de Maine.



Yannick Sourisseau
Yannick Sourisseau
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