La Piel que habito : mieux vaut ne pas être une personne à fleur de peau !


Rédigé par Option Cinéma Lycée Renoir - Angers, le Dimanche 18 Septembre 2011 à 12:02


Robert Ledgard, célèbre chirurgien plasticien, est traumatisé par la mort de sa femme. Il décide d’expérimenter une nouvelle peau humaine beaucoup plus résistante. C'est sans scrupule pour l'éthique de la chirurgie transgénique qu'il se sert d'une mystérieuse femme cobaye aux ressemblances troublantes avec sa défunte épouse.



Robert Ledgard (Antonio Banderas) apporte de l'opium à son cobaye Vera (Elena Anaya).
Robert Ledgard (Antonio Banderas) apporte de l'opium à son cobaye Vera (Elena Anaya).
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Nous sommes en 2012. Robert Ledgard un chirurgien, ayant participé à quatre des neuf greffes de visages jamais faites dans le monde, vient d'accomplir un travail spectaculaire : à partir de cellules de porcs, il a obtenu une peau humaine ultra résistante. Ses expériences ne semblent pas faire l'unanimité, puisqu'il s'est servi d'un cobaye humain.

En effet, c'est Véra, son unique patiente, qui possède sur elle les années de recherche de Robert.

Au fur et à mesure que le film avance, on découvre, que derrière le travail de cet homme, se cachent de nombreux secrets. Véra, son cobaye, se trouve être la copie conforme de Gal, l'épouse de Robert.
Elle découvre grâce à Marilia, la servante dévouée du chirurgien, un sombre passé familial : une femme brûlée, arrachée à la mort, qui se suicide par la suite, un frère inconnu du médecin, obsédé sexuel, une fille devenue folle après la mort de sa mère...
Durant tout le film, le spectateur est transporté dans une atmosphère sombre et captivante.
Qui est réellement Véra ? Ce cobaye, dont l’expérience est achevée, rêve de liberté ?
« La Piel que habito » est un voyage dans le passé tourmenté d'un homme brisé, et de son cobaye mystérieux.
C'est grâce à ces flash back que nous découvrons petit à petit le lien morbide qui unit Robert et Véra. Une patiente qui n'est finalement pas choisie au hasard.

Ce thriller au rythme effréné fait froid dans le dos, agrémenté d'une intrigue pleine de rebondissements.
La folie des personnages, les couleurs chatoyantes, le rouge revenu dans presque chacun des plans, et cette musique entraînante au possible ne peuvent désigner qu'un seul homme assez passionné et assez fou pour réaliser un tel film : Pedro Almodovar. Après « Etreintes brisées », il nous fait de nouveau vibrer.
Tout, de la beauté de ses plans, à l'expression des ses personnages, la profondeur des regards, accentués par des gros plans d'une finesse sans pareil, ainsi qu'au rythme du film, est réussi. Rien ne détonne. Le moindre détail est calculé pour que nous soyons plongés dans l'univers torturé de ce chirurgien fou.
Le jeu d'acteur est incroyable. Avec Antonio Banderas et Eléna Anaya, il réussit un casting sans faute.

Un film qui à première vue change des comédies romantiques rocambolesques du réalisateur espagnol. Mais avec ses personnages, et son génie des couleurs, on ne peut que reconnaître Almodovar !

Une histoire bouleversante à ne surtout pas manquer ! Âmes sensibles cependant, s'abstenir !


Clara.













Angers Mag