La Rafle, entre fiction et réalité, pour ne pas oublier...


Rédigé par Option Cinéma Lycée Renoir - Angers, le Samedi 3 Avril 2010 à 19:17


Le film retrace les événements de « la rafle du vél’ d’hiv’ », qui se sont déroulés l’été 1942 en France. Du point de vue des enfants, nous assistons à l’arrestation des familles juives par les policiers français, à leur détention au vélodrome d'hiver dans des conditions épouvantables, à la déportation dans les camps de « transit » de Beaune-la-Rolande, et finalement à leur départ en train vers les camps d'extermination. Nous suivons ces destins de familles déchirées, d'autorités françaises cruelles et de résistants impuissants devant l'horreur de la situation.



Des enfants juifs, rêvant de liberté...
Des enfants juifs, rêvant de liberté...
la rédaction vous conseille
Roseline Bosch, après avoir accompli un formidable travail de recherche de documentation et de témoignage, aboutit à un film très réussi, autant parce qu’il entretient la mémoire collective et sert de piqûre de rappel, mais aussi parce qu’il fait naître en chacun de nous un flot d’émotions incontrôlable.

La réalisatrice de « La Rafle » s’est inspirée de nombreux témoignages de juifs ou « justes » pour créer le scénario de son film historique. Résultat, les scènes se teintent d’une sincérité étonnante. Quant aux émotions, elles passent avant tout dans les ambiances intimistes et les regards. D’autant plus que les acteurs sont tous très talentueux : Gad Elmaleh fait ses preuves dans son premier vrai rôle dramatique, il est très convaincant dans le rôle de ce père à la fois en colère et confiant. Jean Reno dégage un grand calme et une humanité rassurante. Mélanie Laurent est aussi très émouvante, interprétant brillamment une infirmière impuissante mais déterminée à agir devant cette injustice. Raphaëlle Agogué et Hugo Leverdez sont les deux révélations de ce film. Et bien sûr, nous sommes tous conquis par « le petit Nono », tellement attendrissant.

De nombreux montages alternés permettent d’insister sur le contraste entre l’innocence des enfants et la cruauté des autorités françaises qui complotent dans l’ombre. Ces dernières sont d’ailleurs filmées en plans fixes, tandis que la caméra suit le destin des populations juives, nous entrainant avec elles dans cette effroyable marche vers la mort.

On voit donc évoluer deux mondes opposés : celui du pouvoir et celui des faibles. On prend bien sûr le parti des faibles juifs : on s’attache à eux, et particulièrement aux enfants. D’autant plus que la plupart des plans sont filmés à hauteur d’enfant. Ce choix de mise en scène nous permet peut-être aussi d’échapper un peu à l’atrocité des événements car on les perçoit à travers le regard de ces jeunes - trop jeunes - enfants juifs. Un regard indigné de ces enfants victimes sur le monde insensé des adultes.

A la fin de la séance, quand le générique défile et que les lumières ne sont pas encore rallumées, chacun en profite pour sécher ses larmes et sortir son mouchoir : nous sommes tous bouleversés par ce film riche en émotions.

Alice.


LES TAGS : cinéma la rafle










Angers Mag