La conquête : entre fiction et réalité.


Rédigé par Lycée Renoir - Angers, le Dimanche 19 Juin 2011 à 14:20


Tout débute lorsque la lumière s’éteint, la salle retient son souffle, tous sommes là par curiosité face à ce film évoquant la vie d’un homme accédant au pouvoir suprême en 2007, aujourd’hui encore en mandat : Nicolas Sarkozy.



Denis Podalydès, interprétant Nicolas Sarkozy, au bout de la table. (© photo Gaumont)
Denis Podalydès, interprétant Nicolas Sarkozy, au bout de la table. (© photo Gaumont)
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Mais nous sommes ici aussi parce que nous nous posons une question : comment peut-on incarner et mettre en scène un personnage censé représenter l’homme le plus médiatisé en 2006-2007 ?

Enfin l’écran s’allume, c’est alors que nous avons pu lire « Bien qu’inspirée par des faits et des personnages réels, cette œuvre est une œuvre de fiction. » Xavier Durringer nous avertit dès le départ que ce n’est pas un documentaire, c’est pourquoi c’est bien une fiction.

Puis le film peut enfin débuter. Dès le commencement, Nicolas Sarkozy nous apparaît dans un fauteuil de cuir, les trais tirés et, en bas à droite, « 6 mai 2007 ». C’est le jour où Nicolas Sarkozy fut élu au second tour de la présidentielle. C’est ainsi que tout débute et cette journée est montée en juxtaposition avec l’année de la campagne présidentielle, du ministère de l’intérieur à l’Élysée. Cette fiction retrace tous les moments forts des années précédant son emménagement à l’Elysée. De 2002 où il était ministre de l’intérieur, puis sa nomination au ministère des finances, son élection en tant que Président de l’ UMP, puis le cumul du mandat de Président de l’UMP avec sa fonction de ministre de l’intérieur pour enfin aboutir à la campagne présidentielle. Dans cette fiction, toutes les images qui ont marqué nos esprits du fameux « Je décide, il exécute » de Chirac, en passant par « Ensemble tout devient possible » son slogan de campagne, toutes les images fortes sont reprises.

Le film nous aide à comprendre comment il en est arrivé là, pourquoi il a ce comportement-là, et comment il a conquis l’Élysée ? Ce film nous montre l’évolution du personnage, son changement de caractère et d’attitude dû aux agressions et aux obstacles sur son chemin jusqu’au pouvoir. Comme l’affaire Clearstream qui arrive sur son passage comme un cheveu sur la soupe.

En ce qui concerne le personnage principal, celui-ci qui nous apparaît habituellement inhumain nous apparaît ici humain, sous les traits de Denis Podalydès. Mais grâce à cet acteur, et au fait que même ressemblant il nous apparaît une toute autre personne, nous sommes plongés dans le film et attentifs. Sa soudaine humanité est due au fait qu’il apparaît avec des sentiments comme la tristesse lors du départ de sa femme, la jalousie avec Cécilia lorsqu’il apprend qu’elle a une relation, la détermination pour arriver au pouvoir tout au long de ce film ou encore la colère dans la séquence d’où provient l’image ci-dessus, où il ne supporte plus la sur-médiatisation.

Grâce à Patrick Rotman et Xavier Durringer, certaines répliques sont drôles et légères, ce qui permet de nous faire respirer entre deux scandales politiques ou personnels. La mise en scène est aussi très bien travaillée pour ainsi représenter le contrôle de son image médiatique, que ce soit du « Je suis une Ferrari » au « C’est pour Villepin, ce siège, ou quoi ? ».

« La conquête » est un film à voir pas forcément du point de vue « documentaire » car les images sont ici celle qui nous sont apparues durant un an, mais plutôt du point de vue « comédie » où là Xavier Durringer a très bien conquis le genre.

Et surtout ne pas oublier que cette œuvre est une fiction !

Laure F.












Angers Mag