La guerre de Troie n’aura pas lieu : sommes nous maîtres de notre destin ?

Festival d'Anjou 2013


Rédigé par - Angers, le 21/06/2013 - 17:00 / modifié le 21/06/2013 - 20:32


Ecrite à la veille de la seconde guerre mondiale, au moment où le monde commence à sombrer dans la violence et le terrorisme, « La guerre de Trois n’aura pas lieu », la pièce de Jean Giraudoux, mise en scène par Francis Huster et créée par la Troupe de France pour le Festival d’Anjou 2013, est plus que jamais d’actualité.



La guerre de Troie n’aura pas lieu : sommes nous maîtres de notre destin ?
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Tout le monde sait que la guerre de Troie a bien eu lieu comme celle engagée par l'Allemagne nazie à laquelle elle fait écho. Jean Giraudoux a écrit cette pièce au style poétique et métaphorique en 1935, une époque charnière où la gravité de la situation ne peut aboutir qu’à un nouveau conflit. Le chancelier Hitler a claqué la porte de la Société des Nations deux ans avant et l’italien Mussolini, au pouvoir depuis 1922 commence à envahir la corne de l’Afrique.

Jean Giraudoux, au delà du simple constat, voulait pousser « un cri », attirer l’attention sur la dégradation de la situation en Europe et sur la montée du nazisme qui, on le sait, a plongé le monde dans le chaos. Francis Huster et la Troupe de France qui ont créé cette pièce pour le Festival d’Anjou et Nicolas Briançon, le directeur artistique, qui l’a programmé, sentiraient-ils souffler, eux aussi, le vent de la guerre et de la désolation ?

La dégradation de la situation économique, la montée des extrêmes et les scènes de violence qu’elle entraine, propulse cette œuvre au cœur de l’actualité quotidienne. Espérons seulement que bellicistes et pacifistes arrivent à « fermer les portes de la guerre », comme le suggère Hector dans la pièce de Giraudoux.

La mise en scène de Francis Huster commence avec une comédienne symbolisant la paix, suivie par la réplique d’Andromaque, épouse d’Hector : « La guerre de Troie n’aura pas lieu, Cassandre ! ». Elle se finit par celle d’Hector qui n’a pu dissuader son entourage d’entrer en guerre : « Elle aura lieu ! » et par l’effondrement sur scène de la paix.

La guerre de Troie a eu lieu, celle qui lui fait écho aussi, les hommes de bonne volonté ne pouvant, malgré tous leurs effort en matière de diplomatie, infléchir le destin.

Ce que l’on retiendra de cette œuvre reprise hier soir avec brio par la Troupe de France, c’est que Jean Giraudoux pacifiste convaincu aura réussi dans son œuvre à dénoncer le cynisme des politiciens, « Le privilège des grands c'est de voir les catastrophes d'une terrasse » et illustrer avec un sens de la formule la manipulation des foules : « Il suffit de chanter un chant de paix avec gesticulations et grimaces pour qu'il devienne un chant de guerre ». Toute ressemblance avec des faits réels ne serait que pure coïncidence …

« La guerre de Troie n’aura pas lieu » a déjà été mise en scène par Nicolas Briançon lequel s’était attribué le rôle pacifique d’Hector. Hier soir c’est Francis Huster, pressenti par certains observateurs comme le successeur de l’actuel directeur artistique, qui assurait la mise en scène et le rôle du héros mythologique. Le Festival d’Anjou maitrise-t-il son destin ?




Yannick Sourisseau
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