La légumerie qui manquait à nos cantines


Rédigé par Marie-Dominique GUIHARD - Angers, le 18/03/2013 - 07:30 / modifié le 18/03/2013 - 15:32


Du maraîcher au cuisinier, un chaînon manquait pour soutenir l'approvisionnement en légumes locaux des restaurants collectifs de la région angevine. Des travailleurs handicapés des Béjonnières vont désormais jouer ce rôle à Saint-Barthélemy-d’Anjou.



Philippe Goiset, directeur de l’Esat, lance le 15 mars,  une légumerie qui alimentera les restaurants collectifs de la région angevine.
Philippe Goiset, directeur de l’Esat, lance le 15 mars, une légumerie qui alimentera les restaurants collectifs de la région angevine.
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La plupart des cantines scolaires et des restaurants d’entreprises achètent, via des centrales d'achats, des légumes déjà lavés, épluchés, découpés, râpés voire cuisinés pour la confection de leurs repas. Pas forcément du goût des parents et des consommateurs qui souhaiteraient des produits locaux bien identifiés. Parallèlement, de nombreux maraîchers angevins tentent de commercialiser directement leurs légumes auprès de cette restauration collective qui n’a plus les moyens de les préparer, faute de temps ou du matériel adéquat.

Pour les uns et les autres, une solution est en marche à l’Etablissement et service d’aide par le travail (Esat) Les Béjonnières à Saint-Barthélemy-d’Anjou. Une légumerie flambant neuve aménagée dans ses locaux a livré ces jours-ci ses premières carottes épluchées et râpées. Une petite révolution pour cette structure qui emploie 90 travailleurs reconnus handicapés, spécialisés jusqu'alors dans la sous-traitance pour industriels.

« Avec la crise actuelle, je suis en recherche permanente de nouveaux contrats à fort taux de main d’œuvre pour assurer de l'activité à nos salariés », explique Philippe Goiset, son directeur. En écoutant des maraîchers bio lors d’une conférence sur la restauration collective au Centre des Congrès il y a trois ans, ce dernier flaire une opportunité de combler ce maillon manquant entre le maraîcher et le cuisinier. Au départ, le projet doit répondre à un besoin de produits bio, local et social.

5 000 portions par jour

Depuis, le concept a évolué. « Notre priorité passe d’abord par le local et le social, relève le dirigeant de l’Esat depuis 16 ans. Nous sommes pragmatiques. Les demandes actuelles ne s'orientent pas forcément vers le bio aujourd'hui. ».

Les premiers contrats devraient être signés notamment avec l’Eparc, établissement public de restauration scolaire de la ville d’Angers, Restoria, société de restauration collective de Saint-Barthélemy-d’Anjou ainsi qu’avec des collèges et des lycées angevins. L’approvisionnement s’effectue par le biais des producteurs du département ou de certains conditionneurs basés dans l’agglomération.

Avec dix salariés, l’Esat pourra à terme fournir l’équivalent de plus de 5 000 portions par jour. Autofinancé en grande partie, le projet a bénéficié notamment du Fonds de dotation des entreprises solidaires (250 000 euros sur 450 000 euros au total). Mis en place en 2008, ce dernier permet à ses adhérents comme l’Association angevine de parents d’adultes inadaptés (AAPAI) dont fait partie l’Esat de bénéficier de ressources financières. Les Conseils généraux et régionaux ont apporté leur contribution à hauteur de 45 000 euros de l’investissement.



















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