La mobilisation pour le maintien des éducateurs de rue continue


Rédigé par - Angers, le 14/01/2015 - 19:00 / modifié le 15/01/2015 - 08:56


A l'occasion du second jour de session budgétaire au Conseil général, une centaine de salariés du secteur social sont venus manifester mardi devant les grilles du Département, en soutien des agents de la prévention spécialisée. Si la baisse de subvention du Conseil général est aujourd'hui moins douloureuse que celle annoncée de prime abord, les choix faits par la majorité départementale ne laisse pas d'inquiéter les professionnels du secteur.



Des professionnels de la Protection de l'enfance et leurs représentants syndicaux ont manifesté mardi devant les grilles du Conseil général de Maine-et-Loire, pour protester contre la baisse des moyens alloués à la prévention spécialisée.
Des professionnels de la Protection de l'enfance et leurs représentants syndicaux ont manifesté mardi devant les grilles du Conseil général de Maine-et-Loire, pour protester contre la baisse des moyens alloués à la prévention spécialisée.
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C'est ce qui s'appelle jouer sur tous les fronts. Le président du Conseil général, Christian Gillet (UDI) a dû composer, mardi, non seulement avec son opposition départementale, mais également avec une opposition "hors les murs".

En début d'après-midi, une centaine de professionnels de l'action sociale, principalement de la protection de l'enfance, sont venus manifester devant les grilles du Conseil général, toujours remontés contre les arbitrages budgétaires de la majorité départementale.

Depuis un bon mois et l'annonce d'une baisse de 50 % (de 2M€ à 1M€) de la subvention départementale à l'endroit de la prévention spécialisée -comprendre des éducateurs de rue- les professionnels n'ont pas baissé pavillon.

Devant l'émoi provoqué par cette décision, et dans le contexte financier que l'on connaît, Christian Gillet a indiqué en fin d'année dernière qu'il souhaitait voir les communes qui bénéficiaient de la prévention spécialisée mettre la main au pot, à hauteur de 50 %. Une réunion a donc été organisée, fin 2014, avec les villes d'Angers, Saumur, Trélazé et Cholet, cette dernière n'ayant dépêché aucun représentant.

"Si les financements de la prévention spécialisée venaient de la ville, les éducateurs de rue seraient rattachés à la prévention de la délinquance. Ç'est dénaturé complètement les missions". Jean-Louis Barlouis (FO)

Pour quel résultat ? La Ville d'Angers s'engagerait à prendre en charge 350 000 €. Les villes de Trélazé et Saumur n'ont pas arrêté leur réponse. Et le maire de Cholet a daigné adresser un courrier au président du Conseil général, dont la teneur ne laisse guère espérer de concours financier supplémentaire. Christian Gillet a d'ores et déjà annoncé que, pour le seul exercice 2015, il limiterait la baisse de la subvention à 25 et non à 50 %.

Reste donc 500 000€ à trouver pour financer au même niveau l'action des 27 salariés de l'Association pour la sauvegarde de l'enfance et de l'adolescence (ASEA) qui gère la prévention spécialisée à l'échelon départemental.

Un des maillons de la protection de l'enfance

"L'effort financier" de 500 000€ consentis par l'instance départementale ne convainc guère les représentants de l'intersyndicale réunis mardi devant le Conseil général. "Monsieur Gillet joue l'apaisement avant les élections" (le scrutin départemental aura lieu les 22 et 29 mars 2015 NDLR), avance Jean-Louis Barlouis, délégué syndical FO, au nom de l'intersyndicale.

Pour les manifestants, au-delà des 500 000€ qui restent à trouver pour financer la prévention spécialisée en 2015, c'est surtout la suite des événements qui interroge. Et la perspective de faire appel, à hauteur de 50 %, aux villes bénéficiaires ne les réjouit pas plus que ça. "Le fait d'être principalement financé par le Conseil général permet aux éducateurs de rue de dépendre des missions de protection de l'enfance", relève Jean-Louis Barlouis. "Si les financements viennent de la ville, les éducateurs de rue seront rattachés à la prévention de la délinquance. C'est dénaturer complètement les missions".

Christian Gillet a argué à plusieurs reprises que la prévention spécialisée était une compétence facultative des conseils généraux, et que beaucoup d'entre eux ne finançaient plus du tout cette action. "La protection de l'enfance est une mission obligatoire du département, et la prévention spécialisée est un des premiers maillons de la protection de l'enfance", assure Jean-Louis Barlouis. "Sa disparition aurait une incidence importante sur les mesures en instance".

Soutenus, au sein du Conseil général, par l'opposition de gauche -qui ont fait de la prévention spécialisée en particulier, mais de l'insertion et de la prévention en général l'un des chevaux de bataille de leur budget "alternatif"- les professionnels du secteur n'entendent pas désarmer, voyant dans l'actualité tragique de la dernière semaine des raisons supplémentaires de préserver leurs missions.




Journaliste Animateur du blog " Des mots à la marge " En savoir plus sur cet auteur








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