La monnaie à usage solidaire et écologique doit encore convaincre

Dossier : la proximité, une chance pour l'économie (2/7)


Rédigé par - Angers, le 20/05/2014 - 07:27 / modifié le 20/05/2014 - 07:27


En circulation depuis deux ans, la Monnaie à usage solidaire et écologique (Muse) tente de se faire une place sur le bassin angevin. Son but : retrouver la fonction première de la monnaie, l’échange, et recréer du lien en proximité. Et là, ça se joue autant dans la tête que dans le porte-monnaie…



Alex, aussitôt installé place de la Visitation à Angers, a adopté La Muse. Et ne le regrette pas, comme il l'explique ici à Giovanni Turco et Philippe Floris, deux des porteurs du projet.
Alex, aussitôt installé place de la Visitation à Angers, a adopté La Muse. Et ne le regrette pas, comme il l'explique ici à Giovanni Turco et Philippe Floris, deux des porteurs du projet.
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C’est peu, si l’on s’arrête à la froideur des chiffres. Beaucoup plus, lorsque l’on considère le chemin parcouru par cette monnaie complémentaire depuis sa création. Pas assez, quand on regarde celui qui reste à parcourir. « L’origine, c’est une vision de ce que devrait être une société un peu plus harmonieuse, explique Giovanni Turco, l’un des porteurs du projet. C’est une démarche de progrès, des valeurs environnementales, de proximité, anticapitalistes au pied de la lettre ».

Après des mois de réflexion et de préparation, l’association a donc battu monnaie. Avec un principe simple : 1 muse = 1 euro, à ce détail près – qui n’en est pas un- que pas un billet de muse ne quitte l’économie réelle. « Avec les monnaies complémentaires, la spéculation qui est à l’origine des crises financière, économique et sociale disparaît », assure Philippe Floris, l’un des responsables d’Agir pour la transition.

En clair, la Muse permet de retrouver la fonction première de la monnaie : l’échange. En zappant au passage la case « banque ». « Il faut faire circuler au maximum ces bouts de papier pour créer de la richesse à travers le lien et le travail des gens », insiste Giovanni Turco. Pour inciter chacun à l’utiliser, la monnaie est fondante. Si on ne s’en sert pas, elle perd chaque année 2 % de sa valeur. C’est la force du projet, en même temps que l’une de ses faiblesses.

« La tête de ma comptable… »

La monnaie à usage solidaire et écologique doit encore convaincre
« Tant que le réseau des usagers n’est pas plus étoffé, on peut avoir l’impression que la Muse brûle un peu les doigts », concède Philippe Floris. Elle ne brûle en tout cas pas ceux d’Alex, qui a récemment installé son bar à vins, « A boire et à manger », place de la Visitation à Angers. Lui a entendu parler de la Muse « par (son) fromager. J’ai tout de suite adhéré. Il y a un côté militant, et ça ne me coûte rien », rappelle le jeune homme, qui a payé ses flyers en muse, comme il paie tout ou partie de ses fournisseurs avec. « Dans ma compta, je change la muse par l’euro, point barre. Et concernant la TVA, c’est la vente qui y est soumise, pas la monnaie ! » Tellement convaincu, Alex, qu’il fait désormais partie des comptoirs – là où l’on peut échanger ses euros contre des muses – de la monnaie complémentaire.

Reste que tous les commerces de proximité ne sont pas aussi optimistes. « Venez voir la tête de ma comptable si je lui dis que je souhaite payer mes fournisseurs en Muse, s’amuse un restaurateur angevin. Je trouve l’idée très chouette, mais elle pose question et quelques problèmes ».

« Ce qui coince, c’est une peur culturelle liée à l’argent », convient Philippe Floris. « On a l’impression que l’argent fait partie de notre quotidien et qu’il n’y a rien à faire par rapport à ça, poursuit Giovanni Turco. Il faut que l’idée fasse son chemin dans la tête des gens. » Échanger, créer du lien, privilégier l’économie locale : les objectifs portés par la Muse sont dans l’air du temps… reste à les convertir en monnaie sonnante et trébuchante.

La monnaie à usage solidaire et écologique doit encore convaincre
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Déjà paru :
1. La proximité, une chance pour l’économie ? (19/05/2014)




Journaliste Animateur du blog " Des mots à la marge " En savoir plus sur cet auteur








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