La musique au cinéma, indissociable de l’image

Premiers Plans Angers 2012


Rédigé par Coralie Ganivet - Angers, le 23/01/2012 - 11:28 / modifié le 23/01/2012 - 12:55


Dans le cadre du festival, la réalisatrice Delphine Gleize et Eric Neveux, l’un des compositeurs de musiques de films les plus populaires en France, sont venus partager leurs expériences communes avec près de 300 auditeurs ce matin. L’occasion de mieux appréhender la relation entre l’image et la musique, complémentaires au cinéma.



Delphine Gleize et Eric Neveux relatant leur collaboration
Delphine Gleize et Eric Neveux relatant leur collaboration
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Au cinéma, la musique est au service de l’image. Elle renforce un sentiment, accentue une ambiance et appuie une scène autant qu’elle suggère des non-dits. Impossible donc de concevoir un film sans penser à l’accompagner d’une musique originale.

Pour son premier long métrage « Carnage » (sortie dans les salles en 2002), Delphine Gleize s’est tournée vers le compositeur Eric Neveux. Une rencontre marquante qui a tout de suite pris sens aux yeux de la réalisatrice. « J’ai été frappée par son humilité. On comprend très vite que ce qui l’intéresse n’est pas de se mettre en avant et de montrer tout son talent mais de servir le film », rapporte Delphine Gleize, visiblement émue.

La collaboration entre les deux artistes n’a débuté que lors du montage, lorsque bons nombres de musiques étaient déjà choisies, qu’il ne restait que peu de place à la création et que le temps était compté. Une situation à première vue délicate mais qui sert pour autant au compositeur. « On arrive toujours en bout de course alors il faut travailler dans l’urgence. Mais c’est un moteur et très stimulant ». Stimulant oui, surtout lorsque la réalisatrice donne une ligne directrice des plus explicites. « Je lui ai dit qu’il fallait retracer le trajet d’un taureau mort qui parcourt le monde et qu’on ne voit pas », se souvient Delphine Gleize. « Et il m’a répondu qu’il voyait très bien ». La réalisatrice convient sans sourciller qu’il était peut-être le seul à ce moment là. Un souvenir qui ne manque d’ailleurs pas de raviver de bons souvenirs aux artistes.

Comprendre en visualisant

Pour mieux comprendre la relation entre la musique et l’image, la leçon de la matinée s’appuyait sur des extraits de réalisations communes des deux artistes. L’occasion pour les auditeurs d’appréhender de manière significative ce lien subtile, bien qu’aucune généralité ne puisse jamais être faite. « La musique travaille au service de l’image », explique Eric Neveux. « Mais quand la musique ne peut pas faire plus, c’est à l’image de bouger. Car en voulant trop bien s’adapter, la musique pourrait finir par trébucher ». Et c’est bien là tout l’art de l’ajustement.



















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